Valére Maxime, en est aussi, quoi- ^,\ ^ - • + „„otrû o« qu'il ait su que Strabon et Hérodote fans (e), après vmgt-quatre ai^- ne conviennent pas sur la généalogie nées de règne, vers la fin de la de l'Artémise dont ils parlent (27)., ^ge olympiade (A). Elle mou- II s'est imagine! bonnement que l'un ^^^^ ^^ ^ ^^ ^^ tristesse ( f) des deux se trompait, et n a point,r^>? 1 1 ' è^^ compris que l'un parle de l'une, et (B), ayant que le mausolée fut l'autre de l'autre, et qu'ils ont tous achevé (g). On dit qu elle de- deux raison M. Hofman, à la vérité, trempa les os et les cendres de donne deux articles d'Artémise, mais ^ - j ^^ j,^^^ ^^ il a mis pêle-mêle dans le premier ce,,,,, ^r- j^ ]-\or. qu'il fallait dire séparément, et il ne qu elle les avala, ahn de lui ser- sait si la femme de Mausole ec la fille vir d'un tombeau vivant {h). Il de Lygdamis sont une seule personne, f^^j gg souvenir qu'elle lui fit D'ailleurs il cite Vitruve pour des faits ^. j^g^ceiie^s panégyriques, qu il ne touche pas. M. Lioyd 1 avait,,, 1 o./ "i précédé dans cette fausse citation, et qu elle proposa un prix de qu'il n'avait pas corrigée à Charles grande valeur nour celui pour qui pour qui Etienne, sur lequel, d'autre côté, il g'gjj acquitterait le mieux {i) fait une course assez surprenante 5 il ^héopompe le remporta. On dit lui ôte tout l'article de l'Artémise qui ^ n^^i^^^i"^ 1 suivit Xerxès: or, cet article était qu'Isocrate, son maître, tut 1 un fort bon. des orateurs qui se mirent sur ^ HT. les rangs (C). Théodecte de PhafîS) Koy«ie< Nouveaux Dialogues des Morts, "^,., 0''V.^ 1 1". part., pag. i5, édition de Hollande. sclide, qui S y mit aussi, com- (27) yoffz le Valère Maxime Variorum, pa^.
posa une tragédie intitulée Mau- solus, qui eut plus de succès que sa prose. Mais il ne faut pas xxj.va..^x,^. —, y oublier, qu'au lieu des lamenta- fille d'Hécatomne (a), sœur et ^j^^^ ^^ ^^^ ^^^^^^^ ^ ^-^ la pl„_ femme de Mausole, s'est immor- ^„. j^^ ^^nvair^s T^lnn«xpnt Ar- ARTÉMTSE, reine de Carie, femme de Mausole, s'est immor- ^ ^^^ écrivains plongent ^Artalisée par les honneurs quelle {^^^-^^ durant sa viduité.', il y rendit à la mémoire de son ma- ^^ ^ ■ ^^-^ f^^^^ f^j^e des con- ri. Elle lui fit bâtir dans Hali-.^^^ très-vigoureuses (D). carnasse, un tombeau très-ma- gnifique, que l'on appela Mau- (b) Plinius. Zj6. ^^^f/. '^'^P- ^■ solëe, qui a été l'une des sept merveilles du monde, et qui a fait que depuis on a donné le titre de mausolée à tous les tom- beaux oli la somptuosité parais- sait avec éclat. Pline nous a laissé une description assez par-,,,, (\) Mausnle, son man, mourut...{a) Stral.o, lib. XIV, pag. 45i. Suidas, in uers la fin de la io6<=. olympiader^ 'h-n'jjiiTici Presque toutes les éditions de Pline (c) Liv. y II, chap. III.
\d) Diodorus Siculus, lih. XVI.
(e) Slrabo, lib. Xir, pag. 471.
( f) Voyez la remarque (D).
{g) Plinius, lib. XXXri, cap. V.
[h) Aulus Gellius, lib. X, cap. XVIII. Val. Maximus, lib. IV, cap. VI.
(i) Aulus Gellius, lib. X, cap. XVIII. PIu- tarcli., in Vitâ Isocratis.
ARTÉMISE.
portent que Mausole, roi de Carie, Thëopompe, un Cicéron, un Stra- mourut Tan a de la loo''. olympiade, bon. Les termes de The'opompe sont le 3o2 de Rome (1). Mais le père Har- bien forts: "Hv ^»ti ©êô-rauTroc «^SivicTi douin a mis dans la sienne, suivant via-a) Mt^bils-ttv «Tiat t-mv xc/cthv «t« toi/ les meilleurs manuscrits, la 106®. àvJpèç ko.) à.S'iX^ou Mavo-wkou, Àvoait- olympiade, et l'an ^oi de Rome, vtïv (6). Quant Theopompus ait tabe Obiit oljmpiadis centesimœ sextœ correptam prœ artimi dolore, quem nnno secundo, urbis anno CCCCll. desideriodefunctimaritiet/ratriscon- M. Chevreau observe qu'Ussérius a ceperat, obiisse. Ceux de Cicëron ne jugé que le passage de Pline e'tait cor- le sont pas moins: Arlemisia illa, rompu, et que Mausole est mort la dit-il (7), Mausoli Cariœ régis uxor, quatrième année de la loG^. olyra- quœ nobile illud Halicarnassl fecit piade, Tan du monde 365i (2). Cela sepulcrum, quamdiù t4xit, (^«arit in s'accorde parfaitement avec ces pa- luctu, eodemque etiam confecta con- voles du père Hardouin: Quid quod labuit. Huic eral illa opinto quotidiè et Diodorus non ad olympiadis CP^I recens, quœ tiim deniquè non appelannum allerum Mausoli obilum, sed labatur recens cum l'ctustate exaruit. ad quartum refert., lib. 16, l'ers. Il est presque indubitable que Cicé- 435 (3), et avec ta durée des règnes ron a ignoré qu'Arlémise ne survécut de ceux qui ont succédé à Mausole jus- que deux ans à son mari, rar, s il qu'à l'expédition d'Alexandre. Voyez Tavait su, il n'aurait i)as employé des la remarque (A) de l'article Ada. Il est expressions qui signifient une très-lon- oertain que Mausole était déjà mort, gue tristesse. Mais voyons ce que dit et qu'Artémise, qui ne lui a survécu Strabon: *9iVsi tT' à.7roBetvoÔ3-yiç «Tia Trsv- que deux ans, n'était pas encore morte âoc toS àvJfôç (3), prœ desiderio maritl lorsque Démosthène harangua pour la tabe contahuit.
liberté des Rhodieus. Or il prononça (C) On dit qu'Isocrate fit son pa- cette harangue l'an 2 de la 107®. olym- négyrique.'] J'ai cité deux bons ga- piade, comme on le peut recueillir rans (9), et je puis en ajouter un troi- de Dcnys d'Halicamasse (4): il faut sième, qui est de grand poids: c'est donc que Mausole soit mort la der- Théopompe. 11 se vanta publiquement nière année de la 106"=., et que l'ano- d'avoir remporté le prix sur Isocrate, nyrae qui a décrit les olympiades se son maître (10). Mais je n'ignore point soit tr.ompé en mettant l'oraison fu- que Suidas, sans faire aucune men- nèbre de Mausole, par Theopompus, tion d'Isocrate l'Athénien, parle d'un à la première année de la io3*. olyra- autre Isocrate, disciple et successeur piade. M. de Valois a commis la même de celui-là, et né ou à Héraclée ou à i'aute. Hœc ytrtemisia in funeremariti ApoUonie, sur le Pont-Euxin. C'est tigones ctlebravit olympiade io3 (5). celui-ci, selon Suidas, qui disputa Ceux qui, à l'exemple de Calepin, de le prix d'éloqiience avec Théodecle, M. Lloyd, de M. Hofman, etc., nous Théoporape et Erythrée (11). Ce der- renvoient au VII*. livre d'Hérodote, pïer était de Naucratis, en Egypte: pour y apprendre des nouvelles du il faut donc trouver une faute dans mausolée, ne consulteront pas bien Aulu-Gelle, à l'endroit où nous lisons les tables chronologiques: il faudrait que Théopompe, Théodecte et Nau- qu'elles fussent bien mauvaises, si l'on crites disputèrent ce prix-là (12). Naucrites n'est point le nom propre de (6) Jpud Harpocrat.
(n) Cicer., Tusculan. III. Ce passage est mal cite dans le Valëre Maxime Variorom: la der- nière période en caractère romain est sans la particule non; ce qui fait un galimatias impe- ne'lrable.
(<l) Plutarchus, in Vitâ Isocrat. A. Gellius.
i,b: X, cap. xvm.
(10) Voyez r.usèbe, Préparât, evatigel.. lib.
(11) Suidas, in 'l<ro)C/)otTllC. ; 12} Aulus Gellius, lib. X, cap. XVI.'f y trouvait la mort de Mausole avant celle d'Hérodote.
(B) Elle mourut de regret et de tris- tesse.^ Nous avons, pour ce fait-là, plusieurs témoins d'importance, un (0 Plloius, Ub. XXXVI, cap. V, pag. 280, (2) Ctevreau, Hist. du monde, H", VII, chap. III.
(3) Harduinus in Plinium, lom. V, pag. 280. (4j Dion. Ilalicarnass., Epist. de £tate et Scriptii Dcmosth.
(5) Valcsii >'ot.-e in Harpocrat. Lesicon,, ARTÉMISE.
Tun de ces concurrens: ce n'est que son nom de ville, un peu alte'ré, car il faudrait dire Naucratites (i3). Oli- vier les nomme Theopompus, Theo- dates et Naucrales (i4)- Si l'on veut préférer Aulu-Gelle à Suidas, de quoi je suis bien d'avis, il faudra dire qu'il y a une faute dans celui-ci à l'endroit où nous lisons, ci/xx rS, 'EpuQpctla> N*u- xp«.t/tii S'i>tya>vl<rx'To (i5), unà cum Ery- thrœo Naucratitâ ceitafit. Photius favorise Aulu-Gelle, puisqu'il suppose que Naucrates d'Érythre'e e'tait l'un des concurrens de Theopompus (i6). D'un côté ou d'autre, on a pris le nom propre pour le nom de ville. Notez que Cicëron (17), Denys d'Halicarnasse (18) et Quintilien (19), parlent d'un Nau- crates, disciple d'Isocrate. Au reste, le passage de Plutarque a e'te' traduit par Amiot tout autrement que par Vol- fius, et par Xylander. Ceux-ci trou- vent que le Panégyrique de Mausole, par Isocrate, e'tait perdu; mais, selon Amiot, c'est tout le contraire. Iso- crate, dit-il, combattit au jeu de prix que la reine Artémisia institua sur le tombeau de son mari Mausolus, et on troui>e encore la l'oraison qu'il y fit à la louange du défunt. La diverse manière d'accentuer a produit sans doute ces traductions différentes: les uns ont lu to i'î îyx.ùcif/,iov où erail^i'ra.i, sed ea laudatio non extat; les autres ont lu TO <fê iyx.âifÂiov ou crci^iTett, hœc autem laudatio ibi sert>atur.\o\\À com- ment la fortune se joue des manu- scrits: un point ôtë, ou ajouté, ou change', fait passer les choses du oui au non.
(D) Quelques écrivains lui font faire des conquêtes très-uigoureuses. ] Je ne parle pas de la harangue de De'mos- thène, qui a été citée ci-dessus (30), quoiqu'il soit certain, par la manière dont cet orateur s'exprime, qu'on ne se représentait point Artéraise, dans (i3) Moréri et Hofman disent Naucrites.
(i4)01ivar., in Valer. Maxim., pag. SgS, edit. Lugd. Bat., ann. i655.
(iS) Suidas, m 'la-o»pa.T«ç.
(iC) Photius, in Bibliotli., cod. CLXXVI, (17) Ciccro, de Oral., lib. III, et in Oratore.
(18) Dion. Halicarn., in Judicio de Isbbo, (19^ Quintil., lib. III, cap. VI, initia.
(20) C'est celle de Libertate Rliodiorum, h la paye 'ji de ses OEuvrcs, édition de Genhvc, en i'jii7, in-folio.
Athènes, comme une veuve désolée qui séchait sur pied, et qui négligeait les affaires de son royaume, pour ne songer qu'à la mémoire de son mari. Les Athéniens la considéraient comme une femme qui était en état de se faire craindre, car l'une des raisons que Démosthène eut à combattre était tirée des mouvemens qu'Artémise pourrait faire, si les Athéniens se mêlaient des intérêts du peuple de Rhodes. Je laisse cela, pour passer à quelque chose de plus fort. Vitruve nous dit qu'après la mort de Mausole les Rhodiens, indignés qu'une femme dominât dans la Carie, entreprirent de la détrôner (21). Leur dessein échoua promptement, par un strata- gème d'Artéraise, qui fut prompte- ment suivi d'un autre qu'elle exécuta en personne, avec tant de vigueur et tant de bonheur, qu'elle se vit maî- tresse de Rhodes en très-peu de temps. Elle y fit dresser un trophée de sa victoire, avec deux statues de bronze, dont l'une représentait la ville de Rhodes, et l'autre représentait Arte- mise, qui marquait d'un fer chaud cette ville-là. Vitruve ajoute que les Rhodiens n'osèrent jamais ôter de sa place ce trophée, car c'était une chose que la religion défendait, mais qu'ils l'environnèrent d'un édifice qui en dérobait la vue. Voit-on là l'état d'une veuve inconsolable, qui ne fait que gémir et soupirer, et qui use telle- ment sa vie par sa tristesse, qu'elle en vient à bout dans deux ans. Qu'on ne me dise point que Vitruve parle de l'autre Artémise: je sais bien que M. Chevreau l'a cru (22); mais deux raisons invincibles réfutent cette pen- sée; car, premièrement, l'Artémise de Vitruve avait été femme de Mau- sole; en second lieu, elle s'empare d'une ville qui ne fut bâtie que pen- dant la guerre du Péloponnèse, lors- que Xerxès et Artémise n'étaient plus au monde. 'H «Tè vûv ttôxiç êWio-Ô» KitTot, TliM7rovvyicnct.x.et inro tou a.v'tnu àp^iTêx.- Tovoç, ûJc (^tLtnt, ô<p' où X.dù 0 riêipstlêt/f (23).
Urbs quœ nunc est, Peloponnesiaci belli tempore extructa est ab eo ipso architecto, ut aïunt, qui Peirœum (,i\'\ Vitruvius, de Architect., lib. II, cap.
riii.
(22) Clievreau, Histoire du monde, {(<>. Vil,. chap. III.
(23) Sjrabo, lib. XIV, pag. 45o.
ASCLÉPIADE. 47.7 eedificant. Ce n'est donc pas sans rai- dessein était de vivre ensemble, son que Tzetzés a dit que l'une et j^,^ ensemble, après même armées, */.^a, ^. rp^T.yi'v.U,, y..- î^"^ renoncement au célibat. Ils v*i'rt,ç à.//<^oT£p*c (a4). On ne sait que jugèrent doue nécessaire dechoipenser des auteurs quand on voit sir leurs femmes avec une préqu'ils ont débité des choses si incom- caution qui leur pût promettre fallu qu'un homme sensible à ses libc- ^^ concorde domestique, et ils ralites, pour persuader au genre hu- crurent avoir trouve leur fait main que le regret d'avoir perdu son dans une famille oii il y avait mari l'avait tuée. Les écrivains l'au- ^^g femme mère d'une fille, rontcent fois répète demain en main,,, + i> * '4^ » jj».
comme une chose non-seulement rare, I «ne et 1 autre en état d être mais aussi qu'il est important de pro- mariées. Menedème épousa la poser en exemple. Les embellisscmens nière, et Asclépiade la fille (/"), les plus singuliers viennent tôt ou Celle-ci étant morte, Menedème céda son épouse à son ami, et se maria avec une fille riche; mais , il voulut que tout le gouverne- ASCLEPIADE, natif de Phlie ^ent de la maison fût entre les (a) au Péloponnèse, tient un mains de la femme d'Asclépiarang considérable parmi les an- jç n ^^ i^i f^^ ^^^ difficile de ciens philosophes. Il fut disciple trouver un bon parti, car il avait deStilpon (6), et il attira Me- \^ principale autorité dans la nedème à la même école; Mène- ville où il demeurait (g-): je veux tard sur ces sortes de traditions (24) Tzetx., ehil. XII, vs. 966, Hisl. 455, dème, dis-je, avec qui il con- tracta une si tendre amitié (c), qu'on pouvait la comparer à dire dans Érétrie, son lieu na- tal. Asclépiade y mourut fort vieux {h). Il vécut avec beaucelle d'Oreste et de Pylade (A), coup de frugalité dans l'opulence Après avoir étudie sous Stilpon Ju logis de son ami {i), et il supà Megare, ils passèrent à Elide, po^ta tranquillement le malheur et y conférèrent avec les disci- ^^'ii eut de perdre la vue (C) pies de Phédon {d). Ils étaient Qn put connaître que sa mort lut qu'à la sueur de leur corps Menedème avait sentie pour lui ils gagnassent de quoi vivre (Bj. (D). Puisque j'ai dit qu'il fut dis- Ils ne laissèrent pas de s'appli- ciple de Stilpon, il n'est pas néquer a l'étude, et de devenir cessaire que j'observe qu'il a de bons philosophes. Menedème fleuri un peu après la mort d'Aetait plus jeune que son ami (e): lexandre. Il eut un fils, qui se ils ne se réglèrent point sur la gouverna très-mal, et que Médifference de leur âge, quand nedème chassa du logis, sans ils voulurent se marier. Leur daigner lui dire un mot. Cela {a^ *M«t3-ioc, Phliasius, Diog. Laërt., de Vitis Pbilos., lib. Il, in Menedemo, circa initiuin, pag. l53, edit. Amstel. ann. 1692.
(6) Uiogen. Laèrt., lib. II, pag. i53.
(c) Idem, ibid., pag. 169, niim. 187.
(</) Idem, ibid., pag. i53, mim. 126.
{e) Diog. Laërt., pag. lâg, nuin, 137, ignei {f) Idem, ibid. (g) Idem, ibid. [h) Idem, num. l38.
C') lu^itreLi; tS MiviJ'^fjicf) a-^'nS'fa. tù- T4Xû)ç Àtto /J.tya.Xcev» Cumin magnis opibiis friig aliter adtnodum vixisset cum Menedemo. Diogcn. Laërtius, lit II, num. i3S 4^8 ASCLÉPIADE fut cause que ce jeune débauché se corrigea (k).
(A) Plutarchus, «le Discrim. Adulât, et Amici, pag-, 53.
(A) On pouvait comparer son ami- tié pour Ménedème a celle d'Oreste donner deux cents dragmes. On les eût punis, s'ils n'eussent pas indiqué un fonds de leur subsistance.
(C) Il supporta tranquillement le malheur qu'il eut de perdre la vue.'] Je ne doute point que ces paroles de Cicéron ne concernent notre Asclé- piade. ^sclepiademj'erunt non igno- (MêVê<r«//Oç) eiç «TjÏXOV SX TMC TTpOC 'AçKKVt- -Tritt-Sm a-u/Li'n'volxç, oJcTiv ti cTia-^iêpot/o-nc TluKÂ^ov <^i>.oçrof,ylctç{i)- Aniicitias piè- que sanctèque tuebatur ( Menedemus ) ut ex ed quœ cum Asclepiade fuit conjunctione constat, quœ profectb adeo insignis eral, ut nihil à Pyladis distaret beneuolenliâ. Après cela, cet auteur rapporte qu'Archépolis ayant voulu leur donner une bonne somme d'argent, sa libéralité leur fut inu- tile 5 car il s'éleva entre eux une loua- ble contestation à qui prendrait le dernier 5 et, comme ils ne purent finir cette dispute, ils ne prirent rien ni l'un ni l'autre.
(B) Il fallut qu'à la sueur de leur corps, lui et son ami gagnassent de quoi vii're.'] Ils firent le métier d'aide à maçon. Asclepiade n'en eut point autant de honte que Ménedème: il ne se souciait point qu'on le vît nu (2), Quùnt quidamquœreret quideicoecitas allulisset, respondisse ut puera uno esset comitatior (5). « La perte de mes » yeux, disait notre philosophe, )) me procure cet avantage, (|ue je ne ') vais jamais seul: j'ai toujours un » garçon de plus à ma compagnie. » (D) Lamort n'éteignit point l'amitié de Ménedème...pour lui.] Ayant su que ses valets fermaient la porte au mignon d' Asclepiade, il commanda qu'on le fît rentrer: Sachez, dit-il, au' Asclepiade, quoi qu'il soit dans le tombeau, lui oui^re ma porte. "On ' AiTx.KUTnat.S'riç ctÙTU, ko.) KctTÀynç aiv,Ta.ç âv/>*ç (hoiyiilfi). Asclepiades, etiam sepultus, ei januas aperit. Ce mignon se présentait afin de dîner avec Méne- dème.
(5) Cicero, Tusculan.,QuaEstion., lib. V, cap. XXXIX.
(6) Diogen. Laërt., lib- II, num. i38.
portant du mortier sur le toit de la ASCLÉPIADE, natif de Pruse maison ^ mais, pour Ménedème, il dans la Bithynie, fut un des s'allait cacher s'il voyait venir quel- pi^g célèbres médecins de l'anti- qu'un (3). Athénée, qui ne parle point -^ j^ ^^^-^ contemporain de de cela, fait un autre conte encore plus n l, singulier. Les AreopagUes, dit-il (4), Mithridate, comme il parait de firent ajourner Ménedème et Ascle- ce qu'il ne voulut pas aller à sa piade, deux jeunes hommes, éludians ^ouj- ^ oil l'on tâcha de l'attirer en philosophie, et fort pauvres et ^^^ promesses magnifiques . ^ous pour être sigras? Tous n'avez («)• H se contenta d y envoyer I) rien; vous passez toute la journée des remèdes par écrit {b). Il fut )) sans travailler; vous ne l'employez ^^gf d'une nouvelle secte (c), et cesdeux écoliers. On en fit Venir un, servir le Vin a la guenson des qui déclara qu'ils venaient toutes les malades {d). Cet usage, et celui nuits au moulin, et qu'ils travail- ^g l'eau froide, qu'il leur perlaient à moudre, et gagnaient deux dragmes. L'aréopage, admirant cette conduite, leur fit l'honneur de leur (j) Diogen. Laërt., lih. II, nuin. li'].
(2) Je croit qu'il faut entendre ceci, non pat d'une r.udilé proprement dite, mais de l'étal ou vff mettent les ouvriers dans un temps chaud.
(3) Diog. Laert., lib. II, num. i3i.
(4) Ailieo., lib. IF, cap. XIX, pag. 168.
mettait (e), lui donnèrent beau- (a) Spretis legalis et polUcitationibus Mi- thridalisregis. Piinius, lih. VII, C. XXXVII.
(b) Idem, lih. XXV, cap. IL {c)Idem, lib. VII, cap. XXXVII.
[d) Idem, ibidem, et lib. XXVI, cap. III, (<;) Traliebaf prœUi-eà mentes artifcio mi- ASCLÉPIADE.
coup de vogue (/). Ayant gué- livres, qui sont tous perclus. Plin une personne dont on allait faire les funérailles (A), il s'ac- quit une réputation incroyable; mais la gageure qu'il fit contre la fortune fit encore parler de lui avec plus d'admiration (B). Il s'engagea à ne point passer pour médecin, s'il était jamais mala- de: et il gagna la gageure; car il mourut d'une chute, dans une grande vieillesse. Ce fut à Rome qu'il se signala. 11 y était venu pour y enseigner la rhétorique (ff); mais voyant que cet emploi n'était pas assez lucratif, il se tourna du côté de la médecine: et comme il ne connaissait pas les remèdes qui étaient alors en usage, il prit le parti de les condamner, et d'en inventer de nouveaux. Il s'attacha à des in- ventions commodes, et dont ne, Celsus et Galien en ont cité quelques-uns. Il eut aussi plu- sieurs disciples, qui furent célè- bres (i). La délicatesse de Pline me paraît trop grande: il ne pouvait soulFrir qu'un tel homme, qui n'avait étudié la médecine que pour gagner de l'argent, fut devenu un législateur si utile au genre humain (E). Suidas, qui a confondu notre médecin avec un Asclépiade de Myrlea, gram- mairien, en a été repris par M. Moréri, conformément aux observations de Vossius. C'est pourquoi je n'en parle pas, et je me contente d'indiquer les sour- ces. Je remarquerai seulement les fautes de quelques autres au- teurs (F). Celles de M. Moréri ne sont pas considérables (G). Il y eut un autre Asclépiade, mé— chacun se pouvait servir sans decin célèbre sous l'empire d'Ha- l'aide du médecin. Cela les fit drien (H), recevoir agréablement: tout le monde courut à lui, et le regar- da comme un Dieu donné [C). Entre les choses qui lui furent favorables pour s'accréditer, nous ne devons pas omettre la sotte crédulité que l'on avait eue par rapport aux vertus magiques de certaines herbes; car étant aisé de persuader que la plus grande partie de ces vertus étaient chimé- riques, il fut facile à Asclépiade de faire perdre tout le crédit des an- ciens remèdes (D). Il ne croyait point que l'âme fut distincte de la matière (h). Il composa plusieurs rabiU, vinum promittendo œgris, dandoque tempestifè tum at/uam frigidam. Plinius, (/) Tiré de PHne, lw\ XXKI, chap. III, (g) Idem, ibid.
(Al Voyez TertuUien au livre de Ânimà, chap. XF (i) Voyez-en les noms dans laheUre XL VI de Reinesius à Rupert, pag. 3c(5.
(A) Il guérit une personne, dont on allait faire les funérailles.'] Voici ce que Pline nous en apprend. Summa auterti ( fama est ) Asclepiadi Prusiensi relalo è funere homine et servato (i). Il observe ailleurs qufi cette espèce de re'surrection fut né- cessaire pour établir la réforme qui fut introduite dans la médecine, et qu'il ne faut pas s'imaginer qu'une si grande innovation se soit faite sans des motifs considérables. Magnd nuc- toriiate, nec minore famd., ctiin oc- currisset ignoto funeri relato homine ah rogn aUjue seri^ato, ne quis letibus monte ntis la ntam coni'ersionem factam. exiitimet (2). Ceise n'a parlé qu'en passant de cette admirable guérison. In l'icino sœpè quœdam notœ positœ non bonos sed imperitos medicos deci- piunt; quod Asclepiades sciens,funeri (i) Plinius (2)ld,!,n, lib. XXn, cap lib. m, cap. XXXVII, pag.
ASCLÉPIADE.
obvius inclamacit, euni uwere qui ef- ferebaturi^). Mais Apulée en a éten- du les circonstances, sans oublier que les héritiers n'étaient pas bien aises qu'Asclépiade soutînt que cet homme n'était point mort. Asdepiades Me, dit-il (4) inter prœcipuos medicorum, si ununi Uippocratem excipias, ccete- ris princeps, primus etiam t^ino opi- tutari œgris reperit: sed dando scicine, mais son mari n'en fut pas frop aise. Voici ce conte. « Dans un village » de Poitou, une femme eut une )> grosse maladie, à la fin de laquelle « elle tomba en léthargie; son mari et w ceux qui étaient autour d'elle la w crurent morte. Ils l'enveloppèrent » seulement d'un linge, selon la cou- « tume des pauvres gens du pays, et i> la firent porter en terre. En allant à licet in tempore; cujus rei obserua- n l'église, celui qui la portait passa tionem probe callebat: ut qui dili- » si près d'un buisson, que les épines _„„...—i -„; 1...^..-.,.^„^^..^ „ l'ayant piquée elle revint de sa M léthargie. Quatorze ans après, elle » mourut encore, au moins le crut- M on ainsi. Comme on la portait en » terre, et que l'on approchait d'un « buisson, le mari se mit à crier deux « ou trois fois: N'approchez pas des (B) La gageure qu'il fit contre la fortune fit parler de lui auec admi- ration.^ Je ne crois pas qu'aujour- d'hui les charlatans les plus hâbleurs osassent faire de tels paris, et sur- tout si l'on exigeait qu'ils consignas- sent une somme. Quoi qu'il en soit, je me persuade qu'on sera bien aise de trouver ici le texte de Pline: Sum- ma autem Asclepiadi Prusiensi ( famaest) maxime sponsione factâ cuni fiortunâ, ne medicus crederetur, gentissimè animad^'erteret t^enaruTU pulsus inconditos, uel prceclaros. Js igitur cùm forte in cluitatem sese reci- peret, et rure suo suburbano rediret, aspexit in pomariis cit^itatisfunus in- gens locatum, plurimos homines in- genti multiiudine qui exequias i'ene- rant circumslare, onines tristissimos et obsoletissimos vesiitu. Propiiis ac- cessit, ut etiam incognosceret, more in- genii humani, quisnam es set, quoniant percontanti nemo responderat. uit ferb ipse aliquid in illo ex arle depre- henderat. Cerlè quidemjacentifiomini acpropè deposito fatum abstulit. Jam miseri illius membra omnia aromatis perspersa,jam os ipsius unguine odoro dilibutum, jam eum pollinctum, jam cœnœ paratum, contemplatus eum di- ligentissimè quibusdam signis animadvertit: etiam atque etiam pertractai^it si unquam i?u'alidus ullo modo fuisseî corpus hominis: et ini^enit in illo l'i- " "" '' ' tam latentem. Confestlm exclamai'it, viuere hominem, procul ergà faces abigerent, procul ignés amolirentur, rogum demolirentur, coenam feraient à tumulo ad mensam referrent. Mur- mur interea exortum, partïm medico credendum dicere, parthn etiam irri- dere medicinam. Postreiîio propinquis etiam hominibus int^itis, qu6d ne jam ipsi heredilatem habebant, an qubd adhuc illifidem non habebant: œgrè tamen ac difficulter Asdepiades im- petravit brei^em morluo diiationem. Atque ita uispillonum manibus ex- tortum, i^elut ab inferis, postliminio domum retulit, confestimque spiri- tum recreai'it, confestimque animant in corpnris lattbulis delilescentem quibusdam medicamentis prouocafit. Le conte de la femme deux fois portée en terre viendra ici à propos. Elle fut ressuscitée sans le secours de la méde- (3) Celsus, de Medicinâ, Uh. //, cap. FI, (4) Apukius, in Floridis, pag. 363.
ipse: et uictor, supremd in senectâ lapsu scalarum exanimatus est (6). Ce fut une étrange témérité que celle de ce médecin; mais le bonheur de n'avoir pas été démenti par l'événe- ment me paraît encore plus singulier. Je remarque qu'en certaines choses il tenait du charlatan. Il mit en usage le vin pour certains malades, et il vanta de telle sorte son remède, qu'il dit que la puissance des dieux égalait à peine celle du vin. Asde- piades utilitatent uini œquari uix deorum potentiâ pronunliavit (7).
(C) Tout le monde courut a lui, et le regarda comme un Dieu donné.^ On va voir encore dans les paroles de Pline une image de l'ascendant que prennent encore aujourd'hui certains médecins. Torrenti ac meditatâ quo- tidiè oratione blandiens omnia ( reme- (5) Ménagiana, pag. 11^, 118, de la première e'dition de Hollande.
(6) Plinlus, lib. VU, cap. XXXVII, pae.
(7) Idem, lib. XXIII, cap. I, pag. 25i.
ASCLÉPIADE.
dia ) abdicavit, totamque medlcinam plde Pontince paludes, tantùmque as ri suburbanœ reddatur Italiœ. IVam quœ apud eundem Democritum inuenilur compositio medicamenti, quo pulchri tonique etforiunati gignantur liberi, cui unquàm Persaruni régi laies dédit? Mirum esset profecto, fiucusquè pro- ueclam credulitatem antiquorum, sa- luberrimis ortam initiis, ii in ullâ re modum humana ingénia novissent at- que non hanc ipsam medicinam ab ^sclepiade repertam, suo loco proba- turi essemus euectam ultra Alagos etiani. Sed hcec est omni in re aninio- rum conditio, ut a necessariis orsa primo, cunctapercenerint ad nimium. Le père Hardouin rapporte ceci à l'endroit où Pline étale l'autorité que certains médecins s'étaient acquise, quoicju'ils rejetassent les remèdes les uns des autres. Hinc iltœ, dit-il (lo), circa œgros miserce senttntuirum cnn^ certationes, nullo idem censente ne fideatur accessio allerins. Hmc illa inj'elicis monunienti inscriptio, turbâ se medicorum periisse. Mutatur ars quotidiè loties interpolis, et ingenio- rum Grœciœflalu impellimur. Palam- que est, ut quisque inter istos loquendo polleal, imperatorem illico uitœ nostrœ necisque fieri.
(E) Pline ne pouvait souffrir