SigPhi · Pierre Bayle

Dictionnaire historique et critique (Tome 2)

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non ulrumque horum pulchrè facere posset. Pari modo artifices ceteri quos cultus domesticus desiderat ap- primè boni. Vfeque latnen horum quem- quam niii domi natum domiquejac- tum habuit (Sg). La première et la troi- sième de ces quatre fautes ne sont pas dans l'édition de Hollande.

(Sg) Cornelias Nepos, cap. XIII, ATTILA, roi des Huns, sur- nommé le Fléau deDieu, vivait au V^. siècle. On peut le comp- ter parmi les plus grands con- quérans, puisqu'il n'y eut guère de provinces dans l'Europe qui ne sentissent le poids de ses ar- mes victorieuses. II n'accorda la paix à l'empereur Théodose, qu'en le rendant son tributaire (A). La bataille qu'il perdit dans la Champagne (a), l'an 45», ne l'affaiblit pas tellement, qu'il ne se vît bientôt en état d'aller racccinit ut uates. 4". C'est outrer lescho- yager l'Italie; et si les prières du ses, que de dire qiMtticus n'aidait que Léon ne l'eussent pas arrêdes seruileurs quijussent propres pour l.i...^ ^ lire dci'anl lui. Il fallait se contenter de dire qu'il avait quelques domesti- ques savans, capables de bien lire et de bien écrire, et de relier un livre ^ et que tous ses valets de pied s'enten- daient à tout cela (37). Cornélius Né- pos n'en dit pas d.ivantage ^ d'où vient donc qu'au XVII*. siècle on ose en dire vingt fois plus qu'il n'en a dit? N'a - 1 - il pas expressément remarqué qu'outre les domestiques qui pouvaient être lecteurs et librai- res (38), Atticus en avait d'autres, tous bien dressés, sans qu'il y en eût aucun qui ne fût né et qui n'eût été élevé dans sa maison? In ed (farailiâ) erant pueri lilteratissimi, anagnnstœ oplind, et plurimi librarii, ut ne pe- dissequus quidem quisquam esset qui (35) Vorei les Letlies de Ciccron à Auicus, li». y, lettre I.

(87) On trouve le nom de quelques-uns de ces Jomestirfues d'Atticus dans les\eU,tes que C\ck- lon lui a écrites.

(38) Il faut entendre par ce mot les copistes cl les relieurs, selon la mar.ière (l'accommoder tei'livres en ce temps-lh.

té, il eut pris infailliblement la ville de Rome. Il ne faut pas croire ce que l'on raconte de l'apparition d'un vieillard tenant une épée nue à côté de saint Léon, et menaçant Attila. Ce roi des Huns était de petite tail- le {b), mais cela n'empêchait pas qu'il ne jetât la terreur dans l'â- me des plus intrépides, tant il avait la démarche fière, et le re- gard foudroyant. Il savait fort bien joindre la ruse à la force (B). La superstition était l'une de ses ruses (C). Il était dissi- mulé, fin et subtil, sage dans le conseil, et hardi dans l'exécu- tion, cruel à ses ennemis, mais assez doux à ceux qui se met- (a) In Campis Catalaunicis.

(h) Mainil)., Ilist. derAiianisme, <om. ///, pag^. 5; ea- Jornande, cap. XXF, et Pa.ulo Diacono, in MiscuUan., lib. XV.

ATTILA.

taient en posture ^e supplians. On dit même qu'il se piquait de garder inviolablement la foi à ceux qu'il avait une fois reçus en sa protection (c). Il ne souf- frait point les flatteurs outrés (d). Le sentiment le plus ordinaire sur le genre de sa mort est que la nuit de ses noces un saigne- ment de nez l'étouffa (D). Nous dirons ailleurs (e) de quelle ma- nière il fut recherché par la sœur de Valentinien III. Sa Vie fut composée au XV^. siècle par un Italien réfugié en Pologne, nommé Callimachus Experiens. D'autres l'ont écrite depuis (E). On a débité qu'il eut l'ambi- tion d'établir sa langue, et de l'élever sur les ruines de la ro- maine (F), (c) Maimbourg, Histoire de l'Ârianisme. Voyez la remarque (E).

{d) Voyez l'article Marulle de Calabre. (e) Dans l'article ti'HoNOKiA.

(A) Iln'accorda la paix a Théodose, qu'en le rendant son tributaire.'] Selon la maxime des fanfarons, qu'il faut donner aux choses un nom honorable, on n'appela point tribut, mais pen- sion, ce qu'on s'obligeait de payer tous les ans à Attila. Voici les paroles d'un moderne: Il contraignit ^empe- reur Théodose le jeune de lui deman- der honteusement la paix, et il ne put même l'obtenir qu'à force d'argent, en lui payant sur-le-champ six mille libres d'or {*'), et s'obligeant a lui en payer mille (*^) tous les ans: de sorte que l'empire d' Orient, quelque recours qu'il eût au spécieux titre de pension, pour saui'er son honneur, deuint tri- butaire des Huns (i). Ce même auteur conte qu'Attila, ayant uu dans le pa- lais de Mdan, un tableau qui repré- sentait un empereur sur son trône, ayant a ses pieds des Scythes enchaî- nés, lejit ôter de là, et en mettre un (*') Six cent soixante dix-huit mille e'ciis. (*') CenCdoute mille cinq cents e'cus. (i) Maimb,, Hist. de l'Arian., toin. III, pag. 4; ex Panio Diacono in Misccllan. lih. XV.

autre en sa place, où il se fît peindre assis sur un trône eni'ironné d'empe- reurs chargés d'or et d'argent, qu'ils i'enaient répandre à ses pieds en une posture fort humiliée; foulant faire entendre par-là, que comme i.1 auatt obligé Théodose sept ou huit ans au- parai^ant à lui payer tribut, il con- traindrait l'empereur f^alentinien d'en faire autant pour saut^er sa v'ie et les misérables restes de son empire (a).

(B) Il savait fort bien joindre la ruse à la force.] C'est ce qu'on voit par le manège dont il se servit dans l'expé- dition des Gaules. Il chercha à désunir les Romains commandés par Aè'tius, et les Visigoths dont Théodoric était roi. Pour cet effet, il fit dire à l'em- pereur Valentinien qu'il ne songeait point à faire aucun acte d'hostilité sur les sujets de l'empire j qu'il ne voulait que châtier les Francs et les Visigoths, dont les premiers avaient eu l'audace de mettre le pied sur les terres de l'empire, et les derniers étaient les esclaves de lui Valentinien. Il fit dire en même temps à Théodo- ric, qu'il avait fait croire au roi des Vandales qu'il venait dans les Gaules contre les Visigoths. mais que ce n'é- tait qu'un prétexte pour tromperl'em» pereur, que son véritable dessein était de partager l'empire entre les Huns el les Visigoths, et qu'il se jetterait sur l'Italie, si Théodoric voulait attaquer les Gaules (3). Valentinien et Théodo. rie découvrirent aisément ce piège, et repoussèrent de concert ce conqué- rant artificieux. Homo subtilis, ante- quhm bella gereret, artepugnabat, cœ~ terhepistolas blandimentis opplewerat, studens fidem adhibere mendacio (4).

(C) La superstition était Cunede ses ruses.] » Il avait trouvé le moyen de i> remplir les esprits de ses soldats '> d'une créance superstitieuse, qu'il w avait dans lui quelque chose de di- » via, à quoi son bonheur était aty » taché; car, soit qu'il le crût, ou plu- » tôt qu'il feignît d'en être persuadé, » il leur fit accroire qu'il avait trouvé w le coutelas de Mars, qu'on adorait « parmi ces peuples, et que les des- (i) Maimb., Histoirfi de saint Léon, liy. ITI, pag. 220: il cite Suidas.

(3) Cordemoi, Hist. de France, tom. I, pag. ii6, ex Jornande. Voyez aussi Maimbourg, Hist. de l'Arianisrae, tom. III, pag. 9.

(4) Joroaadea, de Rébus Coih.

5io ATTILA.

» tinées promettaient l'empire de tout coup de solennité; mais il but tant, }) le monde à celui qui aurait cette et puis il s'e'chauffa avec tant d'excès » ëpée fatale (5). » C est un des plus dans les caresses de sa nouvelle e'pouse, puissans stratagèmes dont un ge'ne'ral ques'elant enfin endormi, il lui prit d'arme'e se puisse servir, que de ma- un saignement de nez qui l'etouffa.

nier et de remuer ses soldats par les Ildico puella ei fuit prœ cceteris i^ration, qui les remplisse de confiance ou de crainte, selon les besoins: de confiance quand il faut se battre, de crainte quand l'envie de se mutiner commence à naître. Il est bon qu'un soldat se persuade que son général a un esprit familier qui le tire de tout mauvais pas {6). Attila était lui-même superstitieux: Ruiigioni persuasionibusque de diis à sud gente susceptis, usque ad superstitionem addiclus (7): car un peu avant la bataille de Châlons, « il consulta ses devins, qui lui » dirent qu'à la vérité toutes leurs ob- » servations ne promettaient riend'a- ;> vantageux aux Huns, mais qu'elles )) leur avaient fait connaître que le )> chef des ennemis serait tué dans la i> bataille. Ce fut assez pour décevoir » Attila: il s'imagina que la mort » d'Aëtius était certaine, et que, )> pourvu que cet homme ne lui fît tissima, Bacttianorum régis filla, mira pulchriludine et incornparaùili uenu- state, cujus amove succensus eani pri- mariœ uxoris loco habere constituit. Comparatis pro régis dignitate nupliis per omnem intemperanliœ licentiam in conjugali coiwiuio sibi induisit, Baccho ac f^enere corpus ita eâ nocle confecit, ut inter dormiendum supino corpore, profluuio sanguinis è naribus continua suffbcatus interierit (9). 11 n'y aurait rien que de vraisemblable dans ce conte, si l'on n'ajoutaitpas qu'Attila était alors à l'âge de cent vingt-qua- tre ans. On a de la peine à croire qu'à cet âge un homme soit en état de faire de grands excès avec le sexe. Un historien frison n'a pas laissé d'alléguer ce fait comme une preuve favorable aux historiens de sa nation, qui donnent une très-longue vie à leurs anciens rois. Il ne l'emprunte point de Bonfi- nius, mais de Michel Rithius. His adde » plus d'obstacle, la conquête de l'em- testimonium Michaelis Ritkii, qui IL )) henda point de perdre ses soldats, 3» et se persuada qu'il lui en resterait ■j> toujours assez, pourvu qu'il vécût M après ce grand capitaine (8). » Il fut trompé, car Aëtius ne fut pas même blessé dans cette bataille.

(D) La nuit de ses noces un saigne- ment de nez l'étouffit.^ On conte qu'a- près que les prières du pape Léon l'eu- rent engagé à épargner le reste de l'I- talie, il s'en retourna dans la Panno- nie, chargé de butin; et qu'encore qu'il eût un grand nombre de concu- bines, il ne laissa pas d'en prendre une toute nouvelle, qui était fille du roi des Bactriens. Elle était parfaite- ment belle, et il en devint si amou- reux, qu'il voulut lui faire l'honneur de l'épouser dans les formes, pour lui donner le premier rang parmi ses fem- mes. 11 célébra ses noces avec beau- (5) Maimbonrg, Histoire de l'Arianismc, tom.

(7) Callimaclios Experiens, in Auilâ.

(8) Cordtmoi, pag. jao, tx Joi-nandCi bro de regibus Hungariœ prijno scri- bit, Attilam Italicd prœdd opimisque spoliis onustum. in Pannoniam se récé- pissé, uxoremque superduxisse régis Bactrianorum nomine Milzoih, etsi plures alias haberet in matrimonio, eumque ciim nuptiales epulas appara- tissimè celebrdsset, liberiùs solito cra- pulatum. in cubiculum se récépissé, erumpenteque è naribus sanguine in os dormientis ertinctum esse, anno œtatis suce 1 24, regni sui 44- Si tantam œtalem in hoc libidinoso tauro Scylico credimus, cur non et eamdem l'Yisiis accidere potuisse censeamus (10)? Au reste, il y en a qui ont dit qu'Attila ne mourut point de cette façon 5 mais que sa nouvelle épouse, qui ne l'aimait pas, le (voyant ivre et assoupi comme un autre Holopherne, le tua d'un coup de couteau (n).

(E) Dicera auteurs ont écrit sa cic] Nicolas Olahus, archevêque de.Stri- (9) Boofinias, ïiitt. ïlangu., decad. 1, 2ii. riI,f>ag.-jG.

(10) Bernard. Turraeriu», Annal. Phrisicor., lih. III, cap. IX, pat;, il^î.

ATTILIUS.

5ii gonie, a fait une Vie d'Atlila, beau- coup plus ample que celle que Calli- machus Experiens avait faite. Il la composa pendant qu'il était conseiller de Marie d'Autriche, reine de Hon- grie, gouvernante du Pays-Bas. Vous y voyez la harangue que fit Attila à sou arme'e avant la bataille de Châ- lons. Toutes sortes de lieux communs entrent daus cette harangue, comme on le peut voir par les notes margina- les. Sambucus a insère cet ouvrage d'Olahus, et celui de Callimachus Ex- periens, dans son édition de Bonfi- nius. Le sieur Otrokocsi (12), qui a sanxerit ne quis lingud latind loquere- tur, magistrosque insuper è sud pro- fincid acciwisse, qui Italosgolicnm lin- guamedocerent{i^). Vous verrez dans l'article de l'ompereur Cladde (i5) quelques recueils concernant le zèle de plusieurs princes pour la langue de leur pays.

(i4) Petru5 Alcyonius, in Bledico legalo pos- teriore, fhlio h iij verso. (i5) Remarque (A).

ATTILIUS, poëte latin, a vécu, selon toutes les apparences, publie un livre sur l'origine des Hon- au commencement du VIP. siègrois, a parlé fort amplement d'Attila, cle de Rome. Volcatius Sedieitus et il s'est principalement servi de la,^,; ^ ^„,.„^ 1^ ^,-„„.„i.rv,« ^.^^ relation de Priscus, qui avait accom pagne les ambassadeurs que Thëodose envoya à ce roi des Huns, l'an 448. H tire de cette relation plusieurs remar- ques, pour faire voir qu'Attila était un fort honnête homme: il n'oublie point les reproches que ce prince fit faire à l'empereur Théodose, sur ce que l'eunuque Chrysaphus avait voulu engager Edecoa, député d'Attila à la cour de Théodose, à tuer son maître. Ce député fit semblant de s'y engager lui a donné le cinquième rang parmi les dix poètes comiques. C'était pourtant un mauvais au- teur: son style était dur comme le fer (a), non-seulement selon le goût de Cicéron, mais aussi selon le goût de Licinius, qui n'avait pas à beaucoup près l'o- reille aussi délicate que Cicéron. La traduction de V Electre de Soet se fit promettre une grosse somme phocle par Attilius ne valait d'argent, et puis il découvrit le tout ^jg^^. cependant Cicéron la iu- à Attila. L argent fut porte, la trame ■,. 3- j^a., ns c > fut avérée: le roi des Huns s'en plai- S^ait digne d être lue {b). Sue- snit à Théodose en grand homme, et tone remarque qu'on en tira l'un air qui rend probable ce qu'on dit de sa débonnaireté pour ceux qui se soumettaient, et de la fidélité de sa parole. Supplicibus propè ad niolli- tiemfacilis, et qui in fidcm semel re- ceptos, in pernicieni usque suam tue- retur (i3).

(F) On a débité qu'il eut l'ambition d'établir sa langue, et de F élever sur les ruines de la romaifie.] J'ai lu ce fait dans un ouvrage d'Alcyonius. On y fait dire ces paroles à Jean de Médicis, qui a été le pape Léon X. In bibliothecd nostrd asseri'alur liber in- cerli nucloris grœcè scriptus de rébus à Gotis in Itnliâ gestis. In eo rnemini me légère Attilani regem, post par- tam fictoriaiu tam studiosuni fuisse Goticae linguœ propagandœ, ut edicto (12) C^eu un ministre proiestant fugitif de fTongrie, son pays. Son livre inlilu2e Origines, Hiingarics, a été imprime' h Franeher, in-8*., fan i6g3.

(i3) Callimailius Experiens.

quelques endroits, pour les chanter pendant la pompe funè- bre de Jules César, à cause qu'ils pouvaient être appliqués aux as- sassins de cet empereur (c). C'est en vain que Casaubon et Torren- tius ont changé ce passage de Suétone (A). Ils n'ont fait que donner un exemple des désor- dresque la critique peut quelque- fois apporter.

(a) Voyez la remarqtte (!) de l'article Ac- cil's, au commencement.

(i) Voyez lu même remarque. (c) Sueton., in C;csar. CLXXXIV.

(A) Casaubon et Torrentius..., n'ont rien éclairci touchant uittilius, en changeant un passage de Suétone,'\ Ca- saubon ayant trouvé dans tous les exemplaires de Suétone, ex Electrd ATTIUS. AXJBERI.

Attila aliâ ad similem sentenliam, ne laissa pas de croii'e qu'il fallait ôter cet Altdii, et mettre à la place Attii. Sic tinendauimus, dit-il, corruplam omnium librorum lectionent Attilii. Torrentius ne se contenta pas de chas- ser Altilius en faveur d'Attiiis: il chassa aussi l'Electre, et prétendit que Suétone n'avait parlé que d'une pièce d'Altius, intitulée coDime celle de Pa- cuvius, laquelle il venait de citer Ar- morum judiciam. La raison de Torren- tius est que les manuscrits varien! fu- rieusement sur le nom du poète, mais qu'ils ont plus souvent Acciusou Al- tius. Voilà comment les critiques sont d'accord sur les leçons des manuscrits, qui est une matière de fait. Casaiibon avoue qu'il a trouvé Altilius partout. Torrentius dit au contraire qu'il a trouvé moins souvent Attilius. Pierre Crinitus s'était plaint que les gram- mairiens eussent mis Accius au lieu ^Altilius dans ce passage de Suétone (i). Mais venons à quelque chose de moins creux. Encore que Casaubon ne nous ait point dit pourquoi il avait changé le texte, on ne dnt point douter qu'il n'ait en la même r.iison que Torrentius. Or, voici la raison de Torrentius: il ne se souvenait point d'avoir rien lu touchant l'Eiectre d'Atti<is, ni touchant un poète qui eût oom Attilius. 11 est moins surprenant qu'un homme docte se laisse entraîner par un tel principe à la négatioQ d'un fait, que de voir que ces deux excel- lens critiques ignorassent que Cicéron a parlé de l'Electre d'Attilius; qu'il a traité Attilius de poète très-dur ^ que VolcatiusSedigitus fait une honorable mention de lui dans Aulu-Gelle ^ et que Varron Ta cité au V*. et au Vl*^. livres de la langue latine (2). Ji- ne parle point de Crinitus, ni de Gré- goire Oyraldns, qui ne Tont pas ou- blié dans la Vie des poètes latins; à telles enseignes que ce dernier a im- puté faussement à Cicéron de l'avoir qualifié poète tragique (3). Je n'ai que faire de toucher aux plaintes qui ont été publiées contre ceux qui chan- gent les leçons de manuscrits, à pro- portion qu'ils entendent ou qu'ils n'en- (1) V. Crinitus, île Poct. Ut., cap. XIV.

(2) Voyfz Reintsius, variar. Lei:tioD. lib. III, cap. III, pafr. H-r), apiid SuetOD. Grse- ■vii, in Cœsare, CIXXXIV.

(3) Jpwl Yossiuin, de Poiit. lat., pag. 7- tendentpas une chose. Ceseroit songer à cela mal à propos, vu les grands ser- vices que Casaubon a rendus à la répu- blique des lettres par son érudition aussi vasteque judicieuse. Le méritede Torrentius n'est pas de la même force j mais il a son prix, que je ne prétends point diminuer.

ATTIUS (Lucius), poëte tra- gique. Cherchez Accius.

AUBERI (N.) * auteur d'une Histoire du cardinal de Riche- lieu (A) et du cardinal Maza- rin. Voyez le Journal des Savans {a). Si quelque raison particu- lière ne m'en empêche, je me servirai toujours d'un pareil renvoi, lorsque le livre oii il faudra renvoyer se trouve faci- lement, et ne contient que d'u- ne manière fort abrégée la vie d'un homme.

* Il s'appelait Anloine, dit Leclerc, Ne à Paris en 1616, il est mort en 1695. On trouve la liste rie ses nuvra>;es dans le tome XIII des Mémoires de Niceron.

(a) j4ii \t\ de mars 1695, pag- ï85 et suif., édit. de Hollande.

(A) Auberi, auteur d'une Histoire du cardinal de Richelieu.] Elle fut im- primée à Paris, in-folio, l'an 1660, avec deux autres volumes qui con- tiennent des Lettres, des Instructions et des Mémoires. Antoine Bertier, li- braire de Paris, qui les imprima, avait recueilli avec grand soin les piè- ces qui sont contenues dans les deux derniers j mais il représenta à la reine mère, qu'il n'osait les publier ia«5 une autoritt- et une protection particu- lière df sa Majesté, parce qu'il y avait plusieurs personnes qui s'étaient bien remises en cour, dont fa conduite passée n'ayant pas été régulière, et é- tant marquée fort desai'nnlageusement pour eux dans ces Mémoires, ne nuin- qiteraicnl pas de lui susciter des affai- res fâcheuses. Allez, lui dit lareine, travailliz sans crainte, et faites tant de honte au vice, qu'il ne reste que de la vertu en France (i).

(i) La Caille, Histoire de l'Imprimerie, png' AUBERTIN. 5,3 AUBERTIN (Edme), en latin du succès de son ouvrage (C). Edmundus Albertinus, minis- C'est ce qui l'obligea à le revoir, /tre de l'église de Paris, au à l'augnieuter, et à le perfec- XVir. siècle, a été un très-sa- tionner, avec tant d'application, vant homme *'. Il était né à qu'il semblait avoir consacré à Châlons-sur-Marne, l'an iSgS. cela tous ses travaux et toutes Il fut reçu ministre au synode ses veilles. Il voulut que son de Charenton, l'an 1618, et nouvel ouvrage fût eu latin- donné à l'église de Chartres, mais il n'eut pas la satisfaction d'où il fut transféré à Paris, l'an de le voir sortir de dessous la i63i (a). Il n'a fait, à propre- presse. On l'imprima à Deven- ment parler, qu'un livre (A); ter, après sa mort, par les soins mais il s'est acquis plus de repu- de David Blondel (c). Lorsque ce tation par ce seul livre, que livre commençait à s'effacer de d'autres habiles gens n'en ac- la mémoire des hommes, il s'é- quièrent par l'impression de leva une querelle entre MM. de cent volumes. Cet ouvrage rou- Port-Royal et Claude, qui fit le sur la controverse de l'Eucha- connaître le nom d'Aubertin, et ristie. Il parut en l'année i633, le caractère de son ouvrage (D), sous le titre de r Eucharistie de à une infinité de gens qui n'en l'ancienne Église. Les agens du avaient jamais ouï parler, ou clergé de France attaquèrent qui ne s'en souvenaient plus. M. Auberlin au conseil du roi M. Claude eut mille occasions de (B), et obtinrent prise de corps parler du mérite de ce livre (E), contre lui, à cause qu'il s'était M. Aubertin mourut à Paris le qualifié pasteur de l'église ré- 5 d'avril 1 65^, âgé de cinquan- formée de Paris. Ce procès n'eut te-sept ans. II fut exposé dans point de suites: le temps n'était son agonie, aux vexations du eu- point encore propre à pousser ré de Saint-Sulpice (F); et mal- bien loin ces sortes d'affaires (Z»). gré l'assoupissement qui avait Or, soit que la bonté du livre été l'un des principaux symptô- sans le secours de cet incident mes de sa maladie, il eut l'es- le fit rechercher, soit que l'on prit assez libre pour déclarer, concliit qu'il fallait qu'il fût bien lorsque ce missionnaire le ques— fort, puisque le clergé ne l'atta- tionna, qu'il mourait persuadé quait que par la voie du bras des vérités qu'il avait toujours séculier *^, il est certain que professées. Il avait eu beaucoup l'auteur eut sujet d'être content d'accès auprès du duc de Ver- _ „,,, neuil, qui était en ce temps-là d'Aubertin, Leclerc conclut qu'il était né abbedeSaint-bermam-des-Fres.

dans le sein de l'église catholique. Ce priuce le VOulait aVOir SOU- (a) Préface _f son livre de Eucharistiâ, ^^^^ ^ ^^ ^^j^jg -j j^ trouvait de faite par David Blondel. • r • (b) J'ai oui dire que depuis, pour qitelgue bonne conversation, tort unimot qui lui était échappé en chaire, la cour yersel, bien Versé daUS la Cul- lui cUfendit de prêcher deu. ou trois ans ^^^ ^^^^^^ fruitiers et deS " Ce ne fut, dit Leclerc, que sur le litre du livre et non sur le fond qu'on attaqua (c) £'ani654- Cesl un ia-folio qui a prè^ l'auteur. de looo pages à deux colonnes.

TOME II. 33 AUBERTIN.

très de Charenton prenaient qualité conformes à ceux de i'ëglise romaine, mais à ceux des proies tans (i), ne doit être regardé que comme un pe- tit avant-coureur du livre qu il pu- blia in-folio, l'an i633. Je dis cela après le docte Blondel. Augustinum quem obtorto colla in partes trahere conabatur Perronius, abducentiforti- ter extorsit, windicatumque in Uei castra féliciter reduxit. Hoc insigni virtutis speciminc data, et tirocinio, ut sic dicam, posito, de patrum um- versorum causa asserendd serio co- gitons, antiquse ecclesiœ Euchansfleurs, dans la musique, etc. très ne ^n^remou prcnaicn, quauc, Iieuis, "« 1^.- '.' de pasteurs des églises de l Ile-de- Un des fils de M. Aubertin a ete ^^^^^^ Champagne et pays Chartrain, ministre d Amiens. et en leurs seings se qualifiaient de Maistrezat et Drelincnurt, pasteurs de (X) Il n'a fait, h proprement parler, l'fSgUse réformée de Paris, et Dal- qu'un livre.'i Car l'essai qu'il donna Hé (^i) ministre du saint évangile de sur saint Augustin ''', pour montrer /^^j^g église. Les mêmes agens se plai- que les sentimens de ce père, tou- gnirent de ce que les cardinaux Bel- chant l'Eucharistie, n'étaient point Jai-min et Duperron avaient été appe- r.- - „„..„ A„ P^„i;c„ i-..maine. y^ adversaires de l'Église dans le titre de l'ouvrage. Le roi ordonna qu'Au- bertin fût pris au corps, et amené es prisons du Fort-l' Kuesque, si pris et appréhendé pout^oit estre; sinon, qu'il seroit crié à trois briefs jours, ses biens saisis et annotiez suivant l'or- donnance, pour lui estre son procès fait et parfait, et que lesdits Mais- trezat, Drelincourt et Dallié seraient adjournez. a comparoir en personnes pour estre ouïs et interrogez sur les faits mentionnez en la requeste. Sa Maiesté enjoignit aux ministres et au- tiamnobisaccurntiore studio reprœsen- très faisant profession de la religion fat-it (2). Je n'ai jamais vu les Obser- pirétendue réformée, de prendre la qua- vations qu'il Jit pour l'amour de n^^ ^ g^^ attribuée par les édicts et M. l'abbé de MaroUes, sur un lii^re de „q„ autre, auec défenses d'appeler les M. de la Muletière, qui le pressait catholiques adversaires de V Église {S^). de répondre a des questions difficiles; q^^ arrêt fut donné au conseil privé mais ou m'a dit que c'est un ouvrage ju roi, le i4 de juillet,i633 (5). L'au- de 226 pages, qui fut imprimé l'an ^g^j. <je l'Histoire de l'Édit de Nantes 1648, et qui regarde la controverse ^^^^ apprend (6) que cette affaire, de l'Eucharistie. M. l'abbé de Marol- qui fît beaucoup de bruit et peu d'ef- les en fait mention dans la liste des j\,i^ se termina presque aussitôt qu''elle présens qu'il a reçus des auteurs, j-^t née, et ne produisit pour cette fois, (B) Les agens du clergé de France que des défenses verbales (j). Il ajoute l'attaquèrent au conseil du roi. ] Ils que le livre n'en fut que plus recher- exposèrent dans leur requête, que ché, et que le succès encouragea son maître Edme Aubertin, ministre de auteur h le revoir, à le grossir, et à la religion prétendue réformée à Cha- traiter cette matière à fond dans un renton, avait fait imprimer un livre, gros volume latin, qui n'a vu le jour où. il prenait qualité de pasteur de l'é- '^lise réformée de Paris, et adressait sa Préface aux fidèles de l'église ré- formée dudit Pans, et qu'en l'appro- bation de ce livre, les autres minis- * Cet Essai, dit Leclerc, est un gros livre et la première édition du livre imprimé en i633.^ Cette première édition est intitulée: Conformité de la créance de réélise el de saint Augustin .<ur le sacrement de V Eucharistie opposée à la réfutation des cardinaux du Perron, Bellar- min et autres, divisée en trois livres, 1626, in-S". de 4^ et 5i6 pages.

(i) Ce livre fat imprimé l'an 1626, et 1 pour titre: Conformité de la créance de l'église avec celle (le saint Augustin surle sacrement de TEu- cliarislle. /' contient plus de 5oo pag, in-8°.

(2) David Blondellus, in Prœf. libri Alber- lini A* Fucliaristiû.

qu'après sa mort, et que les docteurs catholiques non suspects n'ont jamats osé réfuter pied a pied.

(C) // eut sujet d'être content du succès de son ouvrage. ] Nous venons de voir ce qu'en a jugé l'auteur de l'Histoire de l'Édit de Nantes. Il n'a (3) Ils copiaient mal les noms de lUestrezat et Vaille.

(4) Voyez la remarque (B) de l'article de Bocuart (Matthieu ), k la fin.

(5) Il est dans le 'Recue\\ des arrêts obtenus pour les affaires du clergé durant l'agence et à la poursuite des sieurs abbé de Paimpont et prieur de Moiistiers.

(7) Cela ne doit point s'entendre des défenses contenues dans Varrél du i4 juillet i63?.

AUBERTIN.

fait que se conformer au jugement de » de rancienne foi qu'il est obligé M. Daillé le fils, dont voici les paro- i> d'admettre, afin de ne passer pas les: Le nom de M. Aahertin demeure » lui-même pour novateur. » M. Ar immorlel ici -bas, et i^ii^ra toujours nauld l'a traité beaucoup plus désodans ce grand et incomparable ou- bligeamment, quoiqu'il avoue (lo) uragti de L'Eucharistie qui, jusqu'à qu'd serait fort h souhaiter que queiprésent, est demeuré au-dessus de tou- que personne habile trai^ aillât à rt-Ju-