j4ut IlalUin populos, jiquilonigenasque Bri' tannos P rcefeclurarum liCulo, lenuéte secundo (68).
(63) ScaliR. Ausonlan. T-cction., lib. I, cap. IT, et lih. r, rap. Xm, apud Mb. Petium Rubenium, in Vitâ Mallli Tlieodori, pai;. iG.
(64) Auson., in Oratiar. Actionc, pag. ^02, (65) Co-1. Theod. Lege II de Patrociniis Vf- rorum. fide Valesium in Amm. Marci-llin., lib. XXIX, cap. I, pag. S'if».
(6G) Auson., in Gratiar. Artione, pag. 705.
(67) Alberlus Petrus Rubenlus, in VUS Mallii Theodori, pag. in ri seq.
(68) Âuson., in JSlQsellà, vs. 407, pag. 4iJ).
AUSONE.
C'est s'abuser: le poëuie où sont ces deux vers fut compose' pendant la vie de l'empereur Valentinien (69). Or, Ausone ne fut préfet du prétoire qu'après la mort de ce prince (70). 5°. 11 ne faut point croire ce que Scaliger assure, qu'Ausone, après son consulat, exeiça la charge de proconsul d'Asie, et celle de vi- caire du diocèse d'Afrique (71). On trouve bien un Auxonius qui était vicaire du diocèse d'Asie l'an 365, et un autre Auxonius qui était pro- consul d'Asie l'an 38i (72); mais, que fait cela pour le sentiment de Scaliger? 6.° 11 prend l'oncle pour l'aïeul dans ces paroles: Hoc tanto uiro nascitur Burdegalœ Decius Mag- nus Ausonius nomine ai^i materni, cognomine pairis (73). L'aïeul mater- nel d' Ausone s'appelait Csecilius Ar- gicius Arborius: il laissa un fils qui avait nom ^milius Magnus Arborius. La faute de Scaliger est donc visible. 7.° Il dit qu'Hilaria et JuliaCataphro- nia, qui avaient fait vœu de virgi- nité, étaient tantes maternelles d'Au- sone (74)- Cela n'est vrai qu'à l'égard d'iEmilia Hilaria, car la religieuse Julia Cataphronia était sa tante pa- ternelle (75).
(G) t. • et les principales éditions d' Ausone.] Gesner et ses abréviateurs assurent qu'Aide est le premier qui ait publié ce poète. Ils ne marquent point en quelle année; mais, s'ils en- tendent l'édition de Venise, en i5i7, oti les convaincra facilement de faus- seté; car, outre qu'Aide n'était point alors en vie, M. van Eenghem assure qu'Ausone fut imprimé à Milan en lijgo (76), et puis à Venise, l'an 1^96, avec une préface de George Me- rula (77)- L'édition de Baie, en i523, chez Valentin Curion, est assez con- nue i celle que Louis Mireiis fit faire (69) Cela est clair par le vers 45o.
(70) Voyez Riibenius, in Vilâ Mallii Theodo- li, pag.-i3- (71) Scalig., in Vitâ Ausonii.
(72) Ruben., in Vitâ Mallii Theoi\oti, pag. 2^- (■j'i) Scalig., in Vilâ Ausonii.
(7/^) Idetn, ibidem, (•jS) Auson., in Parent-, num. 26, pag. i^o.
(76) Bcughcm, in Incunabul. Typographia;, apud Job. Albert. Fabricium, Biblioth. lat., (77) Il y " "" exemplaire de celte édition dans la bibliothèque de M. de Thoti; elle est in-lolio, et peul-t(re d'Aide.
à Lyon, chez Jean de Tournes, l'an i557, est meilleure que les précéden- tes: les bibliographes en font men- tion j mais je ne vois pas qu'ils par- lent de celle que Ducheri procura, et à la louange de laquelle Nicolas i Bourbon fit quatre vers que l'on voit jlj au revers du titre de l'édition de Lyon, chez Sébastien Gryphius, en i549. Je ne dis rien de l'édition de Plantin, en i568, avec les notes de Théodore Tulman. Celle de Joseph Scaliger, à Lyon, chez Antoine Gry- phius, en 1075, accompagnée d'un lort docte commentaire sous le titre di! Aiisonianarum Lectionum, effaça les, précédentes. Personne n'ignore qu'Elie Vinet est un des commenta- teurs qui ont le plus travaillé sur les ouvrages de notre poète. Il régentait les belles-lettres à Bordeaux, et se voyait exhorté par plusieurs per- sonnes de cette ville à procurer une édition de leur illustre compatriote: il tâcha de les satisfaire; mais il ne trouva aucun manuscrit d' Ausone dans les bibliothèques de Bordeaux, et tout ce qu'il put faire fut de con- férer ensemble les éditions. Il rétablit et il corrigea divers passages; et, en attendant que les commentaires où il devait rendre laison de sa critique fussent prêts, il fit imprimer les OEuvres d'Ausone telles qu'il les avait corrigées. Jacques Goupil, son ami, eut soin de cette édition, qui est celle de Paris, en î55i. Vinet, quelques années après, recouvra un manuscrit qui avait été trouvé proche de Lyon, et qui lui donna beaucoup de lumiè- res:, et, comme cela diminuait ses excuses auprès de ceux qui le pressaient de faire imprimer ses notes, il fit imprimer à Poitiers le poëaie de claris Urhibus, accompagné de soa commentaire, l'an i565. Il envoya un exemplaire complet des OEuvres d'Ausone à Antoine Gryphius, qui le lui avait demandé, et qui promettait de l'imprimer promptement 5 mais, cette édition ne paraissant pas, il fut exhorté de se servir de l'imprimerie qui avait été dressée à Bordeaux sur ces entrefaites. 11 donna donc un autre exemplaire à Simon Millanges, qui commença de l'imprimer à Bordeaux, au mois de février i575, et qui l'a- cheva au commencement de l'été de la même année. On reçut en ce temps- AUSONE. 5g3 là l'editioa de Gryphius; et, parce le Journal des Savans. « La double que 1« papier manqua à Millanges, on ne put mettre sous la presse le Com- mentaire de Vinet. On ne l'imprima que quatre ans après l'édition que Millanges avait faite des OEuvres » préfecture d'Ausone, qui a donné » tant de peine à Scaliger, y est trai- » tée fort nettement. Un voit que, w l'an 3^8, Ausone fut préfet du pré- » toire des Gaules et d'Italie, avec d'Ausone (78). C'est pourquoi, si l'on » son fils Hespérius; mais il ne fut veut parler exactement, il ne faut m préfet d'Italie que jusques environ point dire que la meilleure édition » le mois de juillet, qu'un certain d'Ausone est celle qui fut publiée à " Antoine fut créé préfet du prétoire Bordeaux, l'an 1675, avec les Com- » d'Italie, comme il est marqué dans mentaires d'Elie Vinet. Prœ reliquis « le code. Ainsi la préfecture d'Auuero laudanda luculenla Ausonii edi- " sone et d'Hespérius dans l'Italie tio, cum Commentariis uiri docti Elice » fut interrompue par Antoine j mais P^ineti i'ulgata, Burdigalœ A. \5']5 \ " il la reprit avec son fils, en 879, et post ejus obitum A. iSgo, 4 (79) \ car, encore un coup, ces Commen- taires ne parurent qu'en i58o. M. Mo- réri a été exact sur ce point: il s'est seulement trompé à dire que Vinet était de Xaintes; le mot Santo ne signifiait ici que Saintongeois. La Bi- bliothèque de M. l'archevêque de Reims fait mention (80) d'un Ausone imprimé chez Millanges, à Bordeaux, 1 an 1675, avec les Commentaires d'Elie Vinet. Je m'imagine que cette faute est venue de ce qu'on a appli- qué à toutes les pièces reliées en- semble la date iSjS, qui ne con- vient qu'aux OEuvres d'Ausone qui sont à la tête du volume. M. Borri- chius a eu tort de débiter, i". que l'édition de Vinet est des meilleures; 2°. que Vinet a commenté le poème d'Ausone rfe Urbibus (81). N'est-ce pas dire qu'il n'a point fait de commentai- res sur les autres poésies d'Ausone? La meilleure édition de ce poète est celle d'Amsterdam, en 1G71 j mais j'ai déjà averti (8a) que le titre promet faus » et continua celle des Gaules avec « lui sans nulle interruption, pen- » dant les années 878 et 879 (84). » Cette hypothèse et cette chronologie ne sont pas conformes au sentiment du sieur Kubenius, que j'ai rapporté. Si j'avais le livre du père Lacarry, je saurais peut-être lequel des deux a développé plus exactement cette ma- tière.
(H) Trithème a prétendu qu' Auso- ne fut éuéque de Bordeaux. ] Tri- thème assure que cet évêque était fort savant dans les saintes lettres, et aussi recommandable par sa piété que par son érudition, et qu'il flo- rissait sous Maxime l'an 3io, et qu'il fit de très -belles choses avec saint Martin, saint Ambroise et saint Jé- rôme, dans le synode que ce prince fit tenir à Trêves. Voilà un monceau de fables. Vinet observe qu'il y a des gens qui veulent qu' Ausone ait été canonisé: il dit aussi que les habi- tans d'Angoulême honorent comme l'un de leurs principaux saints un sèment que l'on y a inséré tout en- Ausone qui a été, disent-ils, leur pre- tières les notes de Mariangelus Ac- naier évêque, et il ne trouve point impossible que le poète Ausone, ayant été élu évêque par ceux d'Angoulê- me, ait accepté cette prélatnre (85 j. Une chronique manuscrite d'Angou- lême porte qu'Ausone, disciple de saint Martial, et évêque d'Angoulême, souffrit le martyre quand les Van- dales ravagèrent les Gaules (86). M. de Hauteserre réfute cela par la raison qu'un disciple de saint Martial n'a pu être encore en vie au commen- (84) Journal des Savans du ii août 1675, fiag. 225, édition de Hollande.
(85) Elias Vinetus, m Viiâ Ausonii.
(86) AUeserra, Kenim Aquitanicarum lib, V, ourse. Je donnerai un supplément à tout ceci dans l'article d'Hugolin Martellius, à la fin de la remar que (A). N'ayant pas le livre du père Lacarry (83), je suis obligé de me contenter de ce que j'en trouve dans (78) Tiré de la Préface d'Elie Vinet.
(79) Joh. Âlbeit. Fabricius, Bibliotb. lat., (81) Au3oniità\t\o selectior est Jos. Scaligeri, et Elite Vineli. Borrich. de Poëtis latinis, pag.
(83) Intitulé Historia Galliaium sub prsfectis jprsetorio Galliariini.
TOME n.
38 594 AUTON.
cernent du IV*. siècle, lors de l'ir- ruption des Vandales (87). Quoi qu'il en soit, voilà notre Ausone bien dif- féremment situe'. Les uns disent qu'il n'a pas e'té chrétien, et les autres qu'il est dans le catalogue des saints canonisés. (87) Idem, ibid.
AUTON (Jeand'), gentilhom- me saintongeois (a), abbé d'An- gle (/!'), de l'ordre de saint Au- gustin, vivait sous le règne de Louis XII *'. l^fut retenu à la suite de la cour, avec charge descrire Vhistoire particulière de ce prince (c). Il l'écrivit en effet; et elle fut publiée à Paris, l'an 161 5, in-4"., par Théodore Godefroi *^. Elle ne s'étend que depuis l'an 1 5o6, jusqu'à l'an i5o8 {d). On y trouve jusques à des vers que /'auteur avait dé- diés à son roi (e).
(a) Baudier, Histoire du cardinal d'Am- boise, pag. I\l\.
(b) Du Cliesne, Bibliothèque des Histo- riens de France, pag. 65.
*' Leclerc remarque qu'il ve'cut aussi sous François 1=''., puisque, suivant les auteurs du Gallia christiana, il n'est mort qu'en (c) Baudier, Histoire du cardinal d'Am- boise, pag. 44- *•• Ce même Godefroy, cinq ans après, pu- blia, dit Leclerc, une première partie de l'ou vra^e d'Auton, sous le titre de: Histoire de Louis XII, roi de France, père du peuple (pendant les anne'es i499. i5oo, i5oi et l5o2)-, 1620, in-4<'. Les anne'es i5o3, l5o4, l5o5 n'ont jamais e'té imprime'es; mais on en trouve un extrait inte'ressant dans la Bi- bliothèque du Poitou, par Dreux-Duradier, {d) Du Cliesue, Bibliolli., pag. 65.
(e) Sorel, Bibliolh. franc., pag. 329.
AUTRICHE (Don Juan d'), fils naturel de l'empereur Charles- Quint, naquit à Ratisbonne le 24 <^le février i545. Une demoi- selle de Ratisbonne, qui s'appe- lait Barbe Blomiîekc (a), voulut bien passer pour sa mère (A), afin (rt) Voyez son article.
AUTRICHE.
d'épargner à ceux qui avaient donné la vie à cet enfant la hon- te qui leur était inévitable, si le public avait su le nom de la vé- ritable mère. L'enfant fut trans- porté en Espagne avant l'âge d'un an (B): l'empereur en don- na la commission à Louis Quixa- da, qu'il connaissait, par plu- sieurs épreuves, très-capable de retenir un secret {b). Il lui re- commanda de faire élever l'en- fant par Madeleine Ulloasa fem- me, sans que personne pût con- jecturer qui était le père. Quixa- da servit en cela son maître avec toute la fidélité imaginable; car, non -seulement il ne révéla le mystère à qui que ce fût, mais il eut aussi un soin extrême de l'éducation de don Juan. Charles, prêt à rendre l'âme, découvrit à son fils Philippe, qu'il était le père du jeune seigneur que Quixada élevait à Villagarsia, et lui recommanda de le reconnaî- tre désormais pour son frère, et de le traiter selon cette qualité. Philippe n'exécuta cet ordre qu'au bout de deux ans (C); mais alors il le fit de bonne grâce. II fit élever don Juan avec don Carlos, et avec Alexandre Far- nèse. Ces trois princes étaient à peu près du même âge; mais don Juan était le mieux fait, et de corps, et d'esprit. Philippe ne fut pas bien aise de la répu- gnance qu'il lui trouva pour l'état ecclésiastique, auquel son père l'avait destiné. 11 le fut beaucoup moins d'une équipée que fit ce jeune seigneur: c'est que sans la permission du roi, il fit un voyage à Barcelone, (Zi) Çiiem e.rpcrtus crat arcanorum cetan- lissimum. Strada, doc. I, lib. X, pag. 6izi AUTR accompagné de bon nombre de gentilshommes, pour aller à la guerre de Malte. Les lettres qu'il reçut du roi avant que de s'em- barquer lui firent rompre ce voyage. Il obéit si promj^tement à l'ordre qu'il avait reçu de re- tourner, que sa diligence apai- sa un peu la colère de Philippe; et il se remit entièrement dans ses bonnes grâces, pour avoir été le premier qui lui révéla les machinations de don Carlos. Il y avait très-peu d'amitié entre ces deux jeunes princes (D;. Don Juan fut peu après envoyé au royaume de Grenade contre les Maures, et se signala dans cette guerre. Il fut déclaré généralis- sime de la ligue contre les Turcs, et, en cette qualité, il gagna la fameuse bataille de Lépante l'an 1 57 1, après quoi il prit la vil- le de Tunis et celle de Biserte, et revint triomphant en Italie, suivi d'Amidas roi de Tunis, qu'il avait fait prisonnier. Il avait laissé garnison dans Tunis contre les ordres de Philijjpe, et déjà, par l'entremise du pape, on parlait de lui conférer le ti- tre de roi de Tunis. Le roi d'Es- pagne n'était guère content de toutes ces prospérités: l'idée qu'il se forma de l'ambition de ce jeune prince lui donnait de l'inquiétude ( c ). Il l'envoya commander dans les Pays-Bas, mais il lui ordonna de pacifier ces provinces: il n'était pas bien aise de l'y savoir à la tête des ar- mées. Avec cette préoccupation, il avalait aisément tous les bruits (c) Qitod Philippo suspicionem intendil elalum victoriarum ciirsu J Ufenem non diU laturum privatam forliinam, et régna nitnc rogare alifjitandb invasurum. Strada, de Bel- le belgico, decad. /, lil/. X, pag.6ir.
ICHE. 595 qui pouvaient lui rendre suspec- te la conduite de son frère • et quelques-uns disent que, pour augmenter la division, on trou- va moyen de lui faire dire que don Juan s'allait marier avec la reine Elisabeth (d). Disons, pour couper court, qu'Escovedo, se- crétaire de don Juan, ayant été envoyé à Madrid par son maî- tre, pour y solliciter les secours que l'on attendait depuis long- temps, y fut tué (E). Don Juan se crut alors en pleine disgrâce: le chagrin de se voir sacrifié à la risée des ennemis, par l'impossi- bilité oii on le mettait de leur tenir tête (F), lui causa une ma- ladie dont il mourut le i*"". d'oc- tobre l'^'jS (e). On a cru même qu'il fut empoisonné (G). Il re- commanda bien au roi Philippe sa prétendue mère, et son préten • du frère Utérin, et ses domesti- ques; mais il n'osa point lui faire parler de ses deux filles natu- relles (/) (H).
On voit son éloge parmi ceux de plusieurs autres guerriers, dans un livre composé par Pri- mo Damaschino, et imprimé à Rome, l'an i68o, sous le titre de La Spada d'Orione stellata nel Cielo di Marie. Mais si vous souhaitez de voir le détail des plaintes que l'on fit contre sa conduite, avec plusieurs de ses lettres interceptées, vous n'avez qu'à lire Sommier Discours des justes Causes et Raisons qui ont constrainct les Éstats-Généraulx (d) Voyez la remarque (F).
(c) Majoribus in dies pressas angustiis ac dcsertus, iitipalàni querebatnr à rege, tra- ditusque hoslium ludibrio, ingens aniini speique princeps ex inœrorc conlabuit.
Strada, decad. T, lib. X, pag. 619.
{/) Tire' de Strada, au X'. livre de U f. décade.
596 AUTRICHE.
des PaïS'Bas de pourvoir à leur détrompe. Il se crut d'abord fils de j rr ^t^„ 7I o^,'».»oT,^ ^r>r, Madeleine Ulloa, et puis de Barbe deffense contre le seigneur don B,^^b^,g, Qu,^^^ heureux, quelque Jean d Austrice. C est un maru- vigilant quHl fût à découvrir les plus feste très-curieux. Il fut impri- secrètes intrigues de l'ennemi, il ne mé en Anvers, par Guillaume put jamais développer ce mystère do- SjrlviUS, imprimeur du roi. Un,^,1 de sud sagacltL placeat huma- ^^77" ' oyez aussi le maniieste numingeniumquandotantusprinceps, que le prince Jean Casimir, atque intima quœque rel in hoste ri- comte Palatin du Rhin, publia l'année suivante, pour justifier son expédition. Il le fit impri- mer à Neustadt, en allemand et en latin. Il y a eu au XVIT. siè- cle un autre don Juan d'Autri- che (I), qui a paru dans le mon- de avec assez d'éclat. Il était fils de Philippe IV, £t d'une corné- donne, née àNaples, l'an iSig J.,J^f passa en Espagne, avec la prin (A) Barbe Blomherg voulut bien passer pour sa mère. ] Famien Strada raconte que le cardinal de la Cueva lui avait révélé ce secret (i). Ce car- dinal l'avait appris de l'infante Claire- Eugénie, à qui Philippe II, qui n'a- vait rien de caché pour elle, en avait fait confidence. Philippe II témoigna mari solitus, demi suce, suorumque ignarus adeo i^ixerit obieritque, ut bis in maire deceptus, seinper aliénant co- luerit, numquàm suam (3). Je m'é- tonne que le père Strada ne dise rien d'une troisième personne qui a passé pour la mère de don Juan. L'auteur d'une docte dissertation, qui fut im- primée l'an 1688 (4), parle avec de grands éloges de Catherine de Car- Elle princesse de Salerne, sa cousine, l'an iSSg, et s'acquit de telle sorte, par sa vertu et par sa piété, l'estime de Philippe II, qu'il commanda à Ruy Gomez, prince d'Évoly, gouverneur de don Carlos et de don Juan, d'avoir soin de cette da- me. Ruy Gomez la prit chez lui, et la trouvant d'une sagesse admirable, il la pria de se charger de la conduite -- J D -u de sa maison, et de partager avec lui toujours devant le monde que Barbe l'éducation des deux princes. Elle s'ac- Bloinberg était la mère de don Juan; ^j^i^^ j^ ^gj^e ^^mr^e avec tout le Eodemque loco habitam h Philippo rege scence pariter inseruiente (2). Le sacrifice que cette dame voulut bien faire de sa propre réputation à celle d'une grande princesse n'est as à beaucoup près si considéra- le que l'on s'imagine: on se fait une honte de passer pour la maîtres- E E soin imaginable. Don Juan l'honora toujours comme sa mère. L'auteur de la dissertation fait une remarque sur ce mot. // ne faut pas passer outre, dit-il (5), sans justifier cette sainte d'une horrible calomnie par laquelle quelques-uns, abusant de ce mot, ont voulu faire croire quelle était la vérise d;un particulier 5 mais Combien y ^^^e mère de Jean d'Autriche. Stra a-t-il de dames qui se glorihent d e- tre les maîtresses des rois et des em- pereurs! J'ai dit que ce sacrifice se faisait en faveur aune grande prin- cesse 1 c'est Strada qui me l'apprend: Joannem Austriacum, non ex Bar- bara Blombergd, uti creditum ad eam diem, sed ex longé illustriori ac pla- né PRINCIPE feminâ procreatum: cujus utfamœ parceretur prœlentam fuisse aliam a Cnrolo Ccesare. Le même his- torien remarque que don Juan, trom- pé deux fois à sa mère, n'y fut jamais da de Rosberg semble avoir donné lieu h cette supposition, lorsque, dans sa Généalogie de la maison d'Autriche, il marque la mère de ce prince sous le seul nom de Catherine. Mais la vie si chaste et si mortifiée qu'avait menée Catherine de Cardonne, dès son enfan- ce, ne pouvuit pas permettre qu'on eût d'elle un tel soupçon. On ajoute plu- sieurs autres raisons à celle-là, peur justifier Catherine de Cardonne, et l'on finit la remarque par ces paroles: (i) Strada, de Bello Beig', deead. pag. 6a6. (3) Idem y ibid' /, lib, X, (4) Dissertation sur l'bémiae de via et tur le livre de pain de saint Beooist.
AUTRICHE. 597 Celait une autre personne plus illus- ta...qu'au bout de deux ans. ] L'ap- tre ( qui était la mère de Jean d'Au- plication au principal est cause qu'un triche ), et que notre sainte (6) aifait historien ne s'aperçoit pas toujours même connue, comme remarque l'his- de ses erreurs de calcul. Voici Strada torien de sa uie, mais qui, pour de qui assure que don Juan naquit le 24 grandes considérations, n'a point été de février i545 j que son père mourut divulguée. Joignons à tout ceci un pas- le a i de septembre 1 558 j que Philip- sage de M. Varilias. Le secret de la pe reconnut don Juan deux, ans après naissance de Jean d'Autriche, dit-il la mort de son père; qu'il le fit élever (7), n'a jamais été tout-a-Jait décou- avec don Carlos, son fils, et que ces fert; et, soit que la qualité trop élevée deux princes n'avaient pas encore at- de sa véritable mère exigeât toutes les teint leur quinzième année, annum précautions qui Jurent apportées, ou quartum decimum nondùni supergres- que l'on eut eu plus de soin d'éviter le si. Si Strada avait bien compté, il au- scandale que le péché, il est certain rait trouvé plus de quinze ans accom- que Charles ne découvrit au'au seul plis. On ne peut pas dire que l'année Quichada quel était Jean d Autriche, 1 547 ^st celle de la naissance. J'avoue et qu'il lui ordonna de le faire passer pour son fils, jusqu'à ce que Sa majes- té Impériale apprît à Philippe II, en lui résignant ses états, qu'il avait un frère naturel. Cette retenue de M. Va- rilias est plus louable que la liberté que l'on s'est donnée dans la seconde édition du Ménagiana, de dire tout net et tout franc que don Jean d'Au- triche est né de la propre sœur de son père. C'est à l'occasion d'une très-ex- cellente parole de Charles-Quint. On prétend qu'il dit, en déchirant un in- juste privilège qu'il avait signé: J'ai- me mieux gâter ma signature que ma conscience. Sur quoi l'on a fait cette glose dans la seconde édition du Mé- nagiana, pag. 4^2. P^oiia une conscien- ce bien délicate, pour un homme qui a tant fourbe pendant toute sa vie, et qui, si l'on en croit la médisance, ne se faisait pas scrupule de coucher avec que M. Moréri l'assure; mais ce ns peut pas être l'opinion de Strada, puis- qu'en mettant la mort de don Juan au I*''. d'olobre iSyS, il lui donne tren- te-trois ans de vie. Il n'y a donc point faute d'impression au chiffre i545. L'auteur de la Dissertation sur l'hé- mine (8) met la naissance de ce bâ- tard au 14 février 1.545, et la mort environ le i**^. octobre 1578, h l'ar- mée près JVamur; et il censure la Gé- néalogie de la maison d'Autriche, qui le fait mourir à Bruges âgé de vingt- cinq ans. Il censure aussi le père Stra- da d'avoir mis la mort de don Juan au mois de décembre j mais on lit en pro- pres termes dans Strada, Kalendis oc- tobris (9). M. Varilias n'est point croyable, quand il dit que Philippe H laissa couler onze ans sans exécuter les ordres de son père, et que Jean d'Autriche avait déjà vingt ans lorssa propre soeur, pendant que Barbe que Sa Majesté Catholique s'avisa de Blomberg servait de couverture à ce le' reconnaître pour frère (10). 11 au- rait eu vingt-quatre ans, selon ce cal- cul. Souvenons-nous qu'il fut envoyé généralissime au royaume de Grena- de, Tan 1569 (11). Il faudrait, selon M. Varilias, qu'on eût commencé par cette importante charge à le recon- naître pour le fils naturel de Cliarles- Quint. Ce serait bien mal connaître Philippe II, que de lui attribuer une conduite si précipitée.
(D) Il révéla le premier les machi- nations de don Carlos: il y avait très- peu d'amitié entre ces deux jeunes commerce infante, et se disait la mère de don Juan d^ Autriche.
(B) // fut transporté en Espagne avant l'âge d'un an. ] Brantôme fait un autre conte, que je rapporterai dans les remarques de l'article Blom- berg, et qui ne doit pas être cru au préjudice du père Strada.
(C) Charles-Quint découvrit à Phi- lippe II que don Juan était son fils, et lui recommanda de le reconnaître pour son frère ce qu'il n'exécu- (6) C'est-à-dire, Catherine de Cordonne. Son Histoire est dans rHisloire générale des Carmes déchaussés, P*. part., lh\ V. fo/ei ia Disser- tation sur l'bcmine, pag. 182.
(■7) Varilias, Histoire de François I"., liv. Xtll, pag. 5Sg.
AUTRICHE.
princes. ] Rapportons une particula- rité (jui se trouve dans Brantôme. On dit que don Carlos « s'ëtant de'couvert î) de quelque chose d'importance à 3> don Jean, qu'il le révéla au roi M d'Espagne, dont il l'en aima tou- » jours davantage, mais mal reconnu » depuis: et don Carlos l'en haït si » bien, qu'ordinairement ils avaient »> dispute, jusque-là qu'il l'appela J> une fois bâtard, et fils de putain i » mais il lui répondit: Si, yo to soy, » masyo tengo padie mejor que vos; » Oui, je le SUIS, mais j'ai un père 5) meilleur que uous: et ils en cuidè- î) rent venir aux mains (12). » (E) Escoi'edfi, son secrétaire, ayant été envoyé a Madrid, y f'*^ tué. ] M. le Laboureur dit qu'il avait lu des mémoires dressés par M. de Peiresc, qui font mourir Esco\>edo après son maître, et que M. du Vair, qui avait appris cette particularité dans une conversation J'amilière avec Antonio Perez, la conta à M, de Peiresc (i 3). Ce- la mérite d'être examiné. Nous ferons peut-être un article sur Escovedo *, dans lequel nous traiterons de ceci plus amplement, et nous verrons si ce fut avant ou après la mort de don Juan, que l'on sut à la cour d'Espagne les machinations que lui et le duc de Guise avaient tramées. Philippe II n'a- vait pas tout le tort que l'on s'imagi- ne, et don Juan était capable, avec le temps, de lui susciter plus d'aflTai- res que les Hollandais. Il ne valait guère mieux, par rapport à son sou- verain, que le duc de Guise. Mais il est vrai que l'humeur jalouse de Phi- lippe, et sa mystérieuse politique, inspiraient le plus souvent, dans sa famille, ces pensées de rébellion. Multi fallere docuerunt, dum tintent Jalli, et aliis jus peccandi suspican- dojecerunt (i4)-