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L E FANATISME..
ou MAHOMET LE PROPHETE, TRAGÉDIE.
A AMSTERDAljI, It DCC. XL m.
:,q,t,=cdbïGoOglc LEDIT EU R.'
m'tw'^' *'™ J'^"'^^ lêrvice aux A- iS J î 'rnsts"fs des BeDés-Lettres de '''**^ pubBgr une Tragédie du Fa- natijme, fi iiéRgurée en France par deux Editions fiibreptices. Je (çai très- certainejnerit qn'elleftt cotnpoïêepar l'Auteur en 1736:; & que dès-lors il en envoya une Copie:au Prince Ro- yd, depuis JRoi de Prujfe, qui cuki- voit les Lettres avec des (ùccès furpre- hans, & qui en fait encore fen délaC lêment principal. J'étois k-Èiilk en 1 74 1. quand Mon- • 2 fieur :,q,t,=cdb., Google A f^ I s DE £eur de Voltaire y vint paflèr quelques jours; il y avoit la meilleure troupe d'Afte^rs qui. ait jamais été en Pro- vincei Elle repréfeata cet Ouvrage d'une manière qui fitisfit beaucoup u- ne très-nombreufe aflèmblée; le Gou- verneur de la Province & l'Intendant y'aPTiftèrentplufieurs fois. On trou- va que cette Pièce étoit d'un goût fi nouveau, &ee fùjet fi délicat parut traité avec tant de figeflè, que plu- fieurs Prélats vpulurent en. voir une repréfentatiop par les mlnws' Aâeurs daÀs une Mai^ particulière. Us eq jugèrent cojnme le Public . L'Autçur fut encore aflè? heureuif poyr faire parvenir fon Manufcrit en- tre les mains d'iKi des premiers Hooi-- rnes de l'Êufopie & de l'^^^j.qui fcutient le ppijsdes Affw^ avec fer^ meté, & qui juge des Ouvrages d'eC prit av^ iw gçiàt très-fv^r^ans un^ge :,q,t,=cdbïGoOglc L'E n ï'fÈ ÛR.
où les hommes parviennent' rarement, & où l'on conlêrve eiKorë^plus rate-- fliem fcn eiprit & fâ 'dèlfc^teflè. H <ffi^ que la Pièce étoit -edrHiè avec toute' la cifconipeftion conveinaMe; & qu'on; ne pouvoit éviter plus fâgéniént les é' cifeils du Sujet; mais que pour ce qtii- regardoit la poëfie, il y avoit encore- dès choies à corriger. Je Içais enéf-' fet que l'Auteur les a retouchées avec' beaucoup de loin. Ce fiit àûffi le ftn-- timent <fun Homme qui tient le mê- me rang, & qui ii'a pas moins de lu-' mières. ' - Enfin, l'Ouvrage approuvé d^jf--" leurs felbn toutes les formes ordinai-^ naires, fiit repréfêitté k Paris k 9/ d'Août 1742. Il y âvoit une Loge' entière remplie des premiers MagJft trats de cette ViHe; des Miniftres mé-' me y furent préfèfe? Ik pelifèrent tous' comme les iiomraes éclairés que fil' dé)a cités. * 3 U zDïGoogk' A y I s DE Il (è trouva à cette première repré-, fentation quelques perfennes qui ne furent pas de ce fêntiment unanime. Soit que, daijs la rapidité de la repré- lièntation, ils n'euuènt pas fmvi adêz le fil de l'Ouvrage, foit qu'ils fuflènt ■ peu accoutumés au Théâtre, ils fu- rent blefles que Mahomet ordonnât un meurtre, & fê ftrvît dé là religion pour encourager à l'affiflinat un jeu- ne homme qu'il fait l'inftrument de fcn crime. Ces perfennes, frappées de cette atrocité, ne firent pas aflèz ré- flexion qu'elle eft donnée dans la Piè- ce comme le plus horrible de tous les crimes, & que même il eft morale- ment impoflible qu'elle puiflê être donnée autrernent. En un mot, ils ne virent qu'un côté; ce qui eft la maniè- re la plus ordinaire de le tromper. Ils avoient raifen affurément d'être fcan- daliies en ne confidérant que ce côté qui.
qui les révoltoit. Un peu plus d'at- tention les aurait aifëment ramenés. Mais, dans la première chaleur de leur zèle, ils dirent que la Pièce étoit un Ouvrage très -dangereux, fait pour former des Ravaillàcs & des Jacques Cléments. ' On eft bien (îirpris d'un tel juge- ment, & ces Meflieurs l'ont desavoué fins doute. Ce fêroit dire ca^Hermio- ne eniêigne à aflâffiner un Roi, qu'.£- kClre apprend à tuer (à mère, que Cléopatre & Médée montrent à tuer leurs enfans; ce fêroit dire c^ Harpa- gon forme des avares, le "Joueur des joueurs, Tartufe des hypoCTites. L'injuftice même contre Mahomet fêroit bien plus grande que contre tou- tes ces Piétés; car le crime du faux Prophète y efl mis dans un jour beau- coup plus odieux -que ne l'eft aucun des Vices & des Déréglemens que :,q,t,=cdbïGoo^le '_A.Vl_S DE' tactfis ces Pièces tepr^fefiteftt. Ceft préciiemêm contre les RatifiHacs Sa \i^ Jacques, Qémt>ts que la Fjèçé eft çqnçpée; çeqijiafaitdireà Unhom- me<âe bepucoupd'elprjt, <^e fi M«ho- met 'ayoit éfé écrit du tems,, <jp fUmi Ill.dide Henri ly., cet Ouvrage Jear aoroit Çluvé la vie. Eft-il. poffi- blequ'op ait p|i faire un tel reproche à l' Auteur de Js Henriaok? Lui qui a. élevé & yoix fi fcwvent dans ce Poëme & ailleurs, - je ne dis pas iêur lement contre de tels attentats; maii contre toutes les (naximes efi peuvent y conduire.
J'avoue que plus j'ai lu les Ouvra- ges de cet Ecrivain, plus je les ai trou- vés caraâériles par l'amour du bien public; il infpire par-tçut. Fhorreur contre les emportemens de la Rébel- lion, de la Per(ec.ution &.dH FanatiC me» Y a-t-il un bon Citpyen qiji n'a-i .; dopte :,q,t,=cdbïGoOglc LTED IT,E U R.
dopée- toutes fes iummobj de k Heti- riâdù? Ce Poëûie nb ftit-il pas aimer k véritable vêtu?, Mfibotnet ta» pàrott écrit entière- mtnt: dans le mêroe efprit; & je fiiis per&adé que.&s plus grands ennemis en conviendront.
Il vit bien-tôt qu'il k formoit con- tre -lui une Cabale dangereufe; les plus ardens avoient parlé à des Hom- mes en place» <jui ne pouvant voir la repréfentationrde k. Pièce dévoient les en croire. L'iUuflre Molière, la gloi.- re de k France t s'étoit trouvé autre- fois à peu près dans le même cas, lorsqu'on joua le Tartufe; il eut re- cours direélement à Louis le Grand, àoBt il étoit connu & aimé. L'auto- rité de ce Monarque (Sflipa bien-tôt les iitteiprétàtiona finiftres qu'on don- nait mi Tartine. Mais les tems font (Sfiaens; k.proteflion qu'on accor- :,q,t,=cdbïGoOglc AVIS DE de à des Ans tout nouveaux, nie peut pas être toujours la même, après que ces Arts ont été long-tems cultivés. D'ailleurs, tel Artifte n'eft pas à por- tée d'obtenir ce qu'un autre a eu aifë- ment. 11 eut fallu des mouvemens, des difculTions, un nouvel examen; l'AiKeur jugea plus à propos de i-eti- rer ft Pièce lui-même, après fa troi- fième repréiêntation, attendant que le tems adoucît quelques Elprits pré- venus; ce qui ne peut manquer d'ar- river dans une Nation auffi Ipirituelle & auffi éclairée que la Françaife. On mit dans les Nouvelles publiques que la Tragéée de Mahomet avoit été défendue par le Gouvemsment. Je puis aflurer qu'il n'y a rien de plus faux. Non-feulement 'il n'y a pas eu le 'moindre ordre donné à ce fiijet; mais il s'en faut beaucoup que les premières Têtes de l'Etat, qui virent :,q,t,=cdbïGoOglt' U E.RJLT EU?R: -^ IftrepuélêntBttbrt-, âyenf VOTéiHunot:, ment lûr la (àgeflè qui règne daijs çét, Ouvrage.,.; .Quelques perlopnes.3,y^ rtighlçrit à là hâte plufieûrs Scènes aux repré-' fentations, & ayant eu un ou deux rôles des Aéleurs, en ont fabriqué les Editions qu'on a faites çlandeftine- ment. 11 eft ai(è de voir à quel point' elles différent du véritable Ouvrage que je tiens' de la-tnain d'un homme irréprochable, ainfi que les autres Piè- ces que je donne dans l'ISdition pré- fente.,- Jupon gré, eft la I ur écrivit à Sa Majefti 'tjfe, lorsqu'il repafË:,. après être allé ra à ce Monar- que. C:s Lettres, qui ne lônt pas d'abord deftinées à être publiques, qu'oo voit les véritables fentimens des honunes. Celle que j'ai eue :,q,t,=cdbïGooglt: AT^IS DE VtmTEUR.
eue encore d'un Ami de feu Mr. dé Sgrmefende eft de ce genre. J'efpè- re qu'elle fera aux véritables railofô-' phes le même plaiflr qu'elle m'a &ib Jt AttiflerdûmU i8> bïGoogIc A SA MAJESTÉ LE ROI DE PRUSSE, Sire, Je relfem^le à prifent BUX^ikrins ik la yiwp^, (jiù tournent leurs [jmt. vers cette VïUe, i^èf tiKur iuittéf: jf tmrm les . miesi :,q,t,=cdbïGoogle conmL. tçijf vivre Méfiés,?ri^de lui envoyer te Tl-agédie de N voulu -, il y a âéja h?s efquiffes.
Ceft un trikaqite jepaye à PAniateitr des Arts s au Juge éclairé^ fur-tout au Fhilo- fopBeJl^^mtcÊi^p'lus quIauSéfiverâm.'^ ' * y o4iitf4^Jk} Esr%- fiait qm efptit ■ vî'animoit en <^?npofant cet^^vràge. Vtt- mour du Genxe -jkumaim.^ Pher^reur du fa-^. x{2LÛùï\&ydeùx'<'fertus''^iybnt fkHes "ptBXt' être toujours auprès de votre Trône ■^Hnt " conduit ma plume, yai toujours penfé que la Tragédie ne doit pas être Un /impie Spec- tacle i qui touche le cceur fans le corriger. Qu'importent au Genre Humain les payions ^ les malheurs d'un Héros de r^ntiquîtéi s^i/s ne fervent pas^â t^sinjîruire? f)n «j voue que la Comé^ê mi"Partufe, ce Cbef- dlœwvrç qu!0*cuné Najfon n'a. égalé, a fait heaucduj) de- bien aux ihmmes, en montrant thypocrifie'dc^s toute fa laideur. Ne peut- on pas ejj^eii. âattaqiierdans une Tragédie, cette :,q,t,=cdbïGoOg[c cttte sjfèce tài^Mé-e ifiÉmet enmivre i la fois Piypoertm'Jes' uns y la fureur des . autres? Ne peifyh pas remonter jufqu" à ces aneietis StéUràls, Fondateurs iliuflres de la Siiperflicion ^ dh Fanatifme, ^ui les prenàèrs ont' pris le couteau fur t Autel ' pour faire desVUlimes de ceux qui refufoient d'étrf leurs Difcipler^.
Ceux qui diront que les iems de ces crimes fuit faffis, qu'on ne <cerra plus de Barco- chebas, rf^Ma]iomets,(/(? Jeans de Leyde, (sh-.que les flammes des Guerr'es de Reli- '^ôn'/onts éteintes, fora, ' ce^ rtte.fetttble, trop d'&tnnejtr à la Nature humaine. Le mène ^ffàfinfubflfle encore -^ quoique moins dévC' toppé: cette Pejle, qtnfimUe (tmffie, re- produit de tenis en temsdes germes capables i'infeUtrl» Terre: N'a-trOn.pas.mdem>s jmrsles fropMtes des Cevennes tuer au nom de Dieu ceux deieur SeUequi n'étoient fasafez fournis!
VaSim que fœ peinte ejl atroce; y je ne ff ai fi Phorreur a été pbis loin fur aucun Tbéâttv. Ceftimjeune hommenéavec de la vertu, qui, féduit par fon fanatifme, "'ffhe.unfleÈerd qui l'aime, y qui, dans .:,,Googlc L E Ti T. R E.
iam-néie de finir I&u, Ji rend toupat hle, fatale finioir, d'tm parrkide; (?tfl aa Impojlettr. mi orJimne ce meurtre;'^ ^. promet à tj^ffia un ixcefie patr tiiimin J'avoue ^ue é'ejl mettre fborrearfar le Théâtre; (f Votre Maje.ste' efi, bien prjuadée, iju'itne faut pat que la Tràgédu! ati^Jie umqueutnt dam nw dé- elaratim d'amour i une jalmfie ^ mbDm- Nos mfleriens même mus apprennent des udiotapka atroeeX ifiéxellt ^fàiinves' tée.. Selde m /fait.pas Mmoias ^ ceM ^il.agaffine ejl fim -père; i^ quand il a partile eaa, U éprmx m repentir aigi grand que fin crime. Mais MeTiaîy rap- partie qu'à Melun un père tua fenjds dt fa mampotar faBtKgicn, (f n'en èutltm. eun repgjitir. ■...On commit Pavanture des deux,frere^ Dai, dmt Iim état i Rome,.6? fMitre en AlleiQ^ne dans les. vsmvteneemens- da traaUes excités par t,nther. Batthèlesil 'Dk.j. apprenant ■il ^>ame que fm frère dm^ Mit dièts is opinieiadi Luther à Srxncfotti part :,q,t,=cdbïGooglt: LETTRE.
part^ Rome dans Je deffè'm de Palfafinery arrive fi? l^àjfajme. j'ai ht dans ffer- ■rera. Auteur Ejpagmîi qix ce'Qsathékxni Diaz risquoic beaucoup par cette aftionj' mais que rien Ji'ébranle ua homme d'hon- neur quand la probité le conduit.
Herrera, dans une Religion toute fainte 6? toute ennemie de la cruauté y dans une Religion ^i enfeigne à fouffrir ^ non à fe varier, étott donc perjuadé que la probité peut conduire à rajfajjinat ^ m parricide I Etonne s'élèvera pas de tous côtés contre ces maximes infernales?
Ce font ces maximes t^i mirent le poi- gnard à la main au Monfîre aui priva la France de Henri lejGrand: voilà ce qui pla- ça le Portrait de Jacques Clément yùr VAu- tel-, ^ fon nom parmi les Bienheureux; c^efi ce (juinoûta la vie à Guillaume Prince d'Orange, Fondateur de la Liberté^ de la Grandeur des HoHandois. tPabord Salcede lé bleffa au front d'un coup de pijîolet: 6? Strada raconte que Salcede (cefontfes pro-. près mots) n'ofa entreprendre cette aUion, qu'après avoir ^ifiéfon amç par la fonfej- lion aux pieds a'm Dominicain, û? ravoir ** for- :,q,t,=cdbïGooglc; LETTRE.
furtifiie par le Foin cikjle. Herrera ait jjueltjue cbofe de plus infenfé y de plus a- troce.
Eilendo fiiime con el exemplo de nuef^ tro Salvadoie Jefu Cliriito y de fu Sanc- tos.
Bàlthaatr Girard, mi ota et^ la vie à eep-and Homme) enujade mène que Sal- ade.
Je remarque que tous ceux qui ont com- mis de borne foi de pareils crimes, étoient Je jeunes gens comme Seïde. Éaltbazar Girard avait environ vingt années. Qua- tre Efpagnoh, qui avaient fait avec lui ferment de tuer le Prince, étoient de même ig(. Le Monjlre de Henri III. n^avoit que vingt-trois ans. Foltrot, qmaffajjina /^GrandDucde Guiiè, en avait vingt-cinq; c'ejl le tems de la jéduQion ^ de la fu- reur^ Jai été presque témoin en Angleterre de ce que peut fur une imagination jeune Ê? faible la forte du FanatSme. Un £nfati^ de feize ans, nommé Shepherdj fe chargea d'affa^ner le Roi George L votre j^eul maternel. Quelle était la caufe qui le por- ■ toit :,q,t,=cdbïGoOg[c L E t t R E.
ioit à cettffrénéfîe? Cétoît mîquement que Shepherd n^étoit pas de là mme Religion rie Roi. On eut pitié de fa jeuneffe, on offrit fa grâce, m iefo/iicita hng-tems au repentir; iïperfifîa toujours à aire, qtiii *Daîoit mieux ohétr à Dieu fiaux hommes^ Çy* que s'il était libre, le premier ufa^e' tm^it feroit de fa liberté ferait de tuer Joû Prince. Ainjt, on fut i^ligé de l'envoyer aie fuppJice comme un Monfire q^<m defefpiroit d'apprivoifer.
Yofe dire, que quiconque a un peu vécu avec les hommes, a tu voir quelquefois com- bien aifément on en prêt à facrifier la na- ture à la fuperjlhion. Que de Feres ont déteflé ^ déshérité leurs enfans! que de Frères ont pourfuivi leurs frères par ce funefte principe! J'en ai vu des exemples dans plus d^ne Famille.
Si la Superftition ne fe finale pas tou- jours par ces excès qui font comptés (&«i FHiJioire des crimes, elle fait dans la So- ciété tous les petits maux innombrables £«? journaliers qu'elle peut faire. Elle defunit les Amis, elle divije les F^ens; elle perfé-^ suti le Sage, qui n^e/l qu'homme de bkn, 'cqitiïcdbïGooglc; L E T T- R E; par la main du Fou qui efletamftafi*. Elle ne donne pas tmjmrsdt la ciguë à Socrate; mais elle bannit Descartes d^une F-ille qui de'VQit être VAzyle de la Làherté i\eUe ^ome à Jurieu, quifaîfoH k Frophêts-^ affèz, <&. erédit pour réduire _^ la pauvreté les Sa- vans è? le Fhih/çpiie Bayle. Elle bamk^ tlle arrache à tUfe fioriffan^e Jeun^e qui, «mrt k fes. leçons le, Sufcejfear du ^an4, Leibnicz; y* HJ'am pour le rétablir que le Ciel fajje naître un Roi-Philofophe; vrai Miracle qu'il fak bien raremenff £^ vain la Raifon humaine fi perfeSipnne par la. Fbilojophie qui fait -tant de progrés en Eu- rope; en vain, Fous fw- tout,', Gntnd Prince, vous efforcez-vous de p^niiquer ^, d'infpirer cette P^lqfo^ie fi humaine; on voit dans ce méme^SÏécle où la Raijbn élève J'on Trône d'un côté, le plus abJUrJe Fa-,' natisme dteffer encore fes jiuîels de Pau- * tre.
On pourra me reprocher, que,, -dormant trop à mon zèle,, je fais commettre dans cef~ te Fièce un crime à Mahomet, dont en ef fet Une fut point coupable.
a y a quelques ornées, la Fie de ce frtH pbéte.. // ejfaya de le faire, pojfer pour m grand Homme, ^ue la Providence amit^ cboifi pm»" punir les Chrétiens, ^ pow" dM^er la face ^me partie du Monde., Mr. Sale, qui mus a donné une excel- lente f^erf - ■ Anglais, iJeut. faire regt, mim ï<?ï Numa €s? comme e ^^ilfaudroi£ le rejpe^i litime^ m ap' peîîéem € le fuffrage.dei jiens 3 il m paifhlesçomme Nfima, vu défendu^ fes ComptUriotes comme ffnîe dit de Thefëe. Mais qu'un Marcbémd de Chameaux excite mejéditiondansfa Bour- gade; qu'ajfocié 4 quei^ptcMnalheu^eux Cora- eites û leur perfuade qu'il s'entretient avec f Aiîgç Gabriel ^-qu'ilje •varUe d'avoir été ra* m a^ Ciel, y'd'y^i'voir reçu une partie de ce Livre inintelligible i qui fait Jrémir le Sens- commun à chaque page; que pour faire ref- peSer ce JJvre.il porte d^nsja Patrie le fer ES? laficm^\ qiiU^^ùrge les pères ^ qu^il ra- V# tes fiUes; ^Hl. donne ausç-vamcus h chnx de fa Religieii.iffi de la mort i. c^Ji af- fvrémentce qî^.ml^^ç.nepei!f.em»fer^ :,q,t,=cdbïGooglc; LE T" 'f R E.- à moins ^il nejbit né Turc, ^ qtie lajit' perjiition'iiétouffe en lui toute lumière natu- relle.
Jefpai tpu Mahomet n'a pas tramé prê- cîfément Vefpèce de trabifon qui fait lejujet ■ de cette Tra^die. VHÎJîoire dit feulement mHl enleva la femme de Seïde, Tunde fes Dijcipks, ^ qiCiî perfécuta Abufolian,^«ff je nomme Zopire; mais quiconque fait la guerre à fon PaïSy ^ ofe la faire au nom de Dieu, «"ç/?-// pas capable de tout? Je n'ai pas prétendu mettre feulement une ac- tion vraie fur la Scène, mais des mœtâ^ vrayesy faire penfer les hommes comme Us penfent dans les circonjiances oiiiîs fe trou^ vent<i ^ repréfetrter enfin ce que la four-. herie peut intenter de plus atroce,^cequ» k Fanatisme peut exécuter de plus borri- hle. Mahomet n'efl ici autre chofe que Tap. tufe les armes à la main.
Je me croirais bien réc<mpenfé de mon travail, jî quelqu'une de ces Ames faibles y toujours prêtes à recwoir les impreffms d'une furew étrangère qui n'efl pas. au fond de leur cœur, peut s'affermr contre 0s funefies féduHim par la ledure de cet db.,Goog[c L E T T R E.
Ouvrage; fi après avoir eu en bôrretir la malbem'eufe obéïffimce de Seïde, elle.ft dît à elle-même i pourquoi obéïrois-je en th veugle à des aveugles qui me crient: H^-. fez, perfécutez, perdez celîâ qui ejl ajfez téméraire pour n'être pas de notre avis fur des cbofes même indifférentes que nous n'en- tendons pas?
Qjie ne puis-je fervir à déraciner de tels fentiméns chez les hommes! VEfprit d'in- dulgence feroit des frères, celui d'intolé- rance peut former de Monftres, Cejl ainjî que penfe.Votre Majes- té'. Ce ferai pour moi la plus gfanâe des Confolations de vivre auprès de ce Roi- Philofophe. Mon attachement ejl égal à mes regrets; (f fi d'autres devmrs m'en- traînent, ils n'effaceront jamais de mon cour les fentiméns que_ je dois à ce Prin- ce, qui penfe ^ qui parle en homme qui fuit cette fauffe gravité fous laquelle fe ca- chent toujours la petiteffh y l'ignorance, qui fe communique avec liberté, parce qu'il ne craint point d'être pénétré; qui veut toujours s'inftruire, (f qui peut inflruire les plus éclairés.
"Je ferai tmtte ma vie avec le plus pro- fmd rejpeà & la plus vive recmmiffance, SIRE, DE VOTRE MAJESTE- Le très-humble & trèi- obéïlSuit Serviteur Voltaire.
LE :,q,t,=cdbïCoOg[c, L E FANATISME, ou MAHOMET LE PROPHETE, " TRAGÉDIE.
:,q,t,=cdbïGooglc; AC TE UR S.
MAHOMET. ' ZC^>IRE, Scheicb on Schérif de la Mefue.
OMAR, Ljeucenant de Mahonet.
SEIDE, 1 >Efclaves de Mahomec.
palm;ire,/,.. - PHANOR.SéaaKijt dé la "Mequc' TROUPE de[«4u6!s, J TROUPE de MaOïlnHlls.
t La Scène tfi à îa^eqtit.
:,q,t,=cdbïGooglc; FANATISME.
ou M A H OMET ACTE PREMIER.
SCENE I.
Z o P 1 R E.
^jyJ^Oi moi bailTer les yeux devant fe» faux Mf)* prodiges?
B^^ Moi de ce FanatigiK enceoftr le» p«B ^^S^^Sm tiges?
L'honorer dans U,Meqiie après l'rsoir banni?
Non. Que des jnftei Dieux Zopire foit puni, A a " :,q,t,=cdbïGooglt: Si tu vois cette main j jufqTÎ'içi libre & pure-» CardTeï la révolte &-'flatéer rtmpoftatet Nous chériffoDS en vous ce zèle paternel Dfc CbefauguHeAfaiBt dùSéfac.d'irraa^l; ■ ■ ' Mais ce zèle eft fuDcftc, fit tant de réGftâbce, Sans'bfTeê Màbomec, irrice fa reng^aocoT Contre Tes attentats vous pouviez autrefois Lever itapunémev le-Eer fàcré des (.oix* Et des embrafemens d'une guerre iiffmortâie Jitoufitir fout vos piedi la première étincelle; Mahomet dtoyea ne parue à vos yeux Qu'uQ IiJQvaceur oStcia', %i vil Séâit!):flx; ' Anjourdliui c'eft un PrinÂjil triomphe, il domine; Impodeur à la M«qae& Prophète & Médine, 11 fçaii; ^ire adorer h trente NatJoqs Tous ces mêmes forfaits qalci nous d^teftons. Que dis-j'eîen ces miirs'mfirae me troupe égarée. Des polfons de l'Erreur avec zèle enyvrée» De ^» miracles faux foutient l'îlluGon * Répand le fanatiHiie & la fédlcion; i\ppelle Ton Armée, & croit qu'un DieuttniWe ' ynsf)ire, le Conduit, & le rend invincible.
Tou« Tou« :,q,t,=cdbïGoOg[c T-3U! nps vrais Citoyens »vec vous font unip; Mats Jes meilleurs coareils fouc-ijs toujours fuivis^ L'amour des DOuveaucés, le faux ztle, la craime. De la Meque allarmée oac d^olé l'enceinte; Et ce Peuple, «o touccems chargé de vos bieuËtlUt Crie eacor à Jbn Père & dem^Dde IipaJz.
Z OP I R E.
La paixavec^eTraîcrelAIi.Feqples fans courage. N'en attendez jamais qu'un horrible cfclavagc.
Allez, portez en pompe & fervez à genoux L'Idole dont le poids va youB éorafer tous. Moi, je g»d$ À ce Fourbe ui^ haine éceroclle; De mon cœur ukeré la playe^ft trop cruelle; Lui-même a çofitre moi trop de reflenti^ieiu., Le cruel fit périr jna fenune & mes enfaos;, ^ Et moi jufqu'en Ton Camp j'ai porté le carnage; La mçrt'de fon âis même honora mon courage; Les Samoeàux de la haine entre nous alluiAés' ' Jamais des mains du Temâ ik' feront cbtt&tkî'H.'
P H An OR...Ne Icséteignez point; mait'cachez en la flâme; jmmolez au public les douleurs de votre ame. ' Quand vous verrez ces lieux par Tes mainsravagéït Vos malheureux cnfans feront ils mieux vuigês? A3 Voii».
:,q,t,=cdbïGoogle Vous ivez tout pcfdQ» fils* frère ^ éponre, fille;^ Ne perdez point l'Etat; c'eft-là votre famille.' ' Z,Q p'lR.£. Oh ne perd les Etats que par limiMi. ' - PH A N O R. ' On périt quelquefois par trop de fermeté.
Périflbns, s'il le faut.
PH AN O R..
" ' Ah I quel tfifte courage Vous fait fi'prts du Pore expofer fu naufrage? Le Ciel, vous le voyez» a remis en vos mains De quoi fléchir eticor. ce Tyran des humains. Cette jeune Palmire en fes Camps élevée, ' Dans vça derniers combats par vos mains enlevée, ScmUle un Ange do'^x defcendu parmi nous^ Qui peut de Mahomet appgifer le courroux. Dé}a par Tes Hérauts il l'a redemandée.- :,q,t,=cdbïGoOglc T B A G ï' p I E; 7 Ses criminelles OMins s'enj-icfe^ot cocor? QaoU iotfqu'il aoiKappor[p& la fraude &]agueFr$r, Lorfijue fon taras enchaîne & ravage la Terre, I,es plue ceadres appas brigueront fà faveur » Et la beauté fera tcL prix de la ftiiaur? Ce Q'eft p9s qu'à montage, aipt bornes de m) vie» Je porte à Mabomet une bonteufe envie; Ce cœur crifte & flétri, que les 'ans oDtqjlaeéy Ne peut feDtir le$ feux d'un deûr infenTé. -.- Maisroiciqu,'en.cous les cems unut^ecoé pour pla&e Arrache de nos vcsux l'-bompage-iavoloDiairej ' Soie que privé d'enfans je cherche jt diiOper Ceue nuit de douleurs qui vient: m'envelopper; • Je ne &i q^^.jjienchaot pour cette lafortunée Remplit le vuïde afireux de fflon ame éxonaé& Soit faibleflê ou raifaa, je ne puis faas borreur. La voir aux mains d'un Monftre artifan de l'erreur. Je voudrois qu'à mes vœux heureurement docile, Elte-mémeen fecret pût chérir cet azyle; Je voudrois que fon cœur, fenflbk à meitirèofiits'» Déteftât Mahomet autant que }e le hais. Elle veut me parler fous ces facrés Portiques, Noa loin de cet Autel de ços Dieux dûœeÛiques; .A 4 Elle z^vCToOglf Elle vient, &ron front, (iègc dr la candeur, i^nnonce en rougilTanc les vertus de fbn cceur.
SCENE IL ÎEunc & channant objet, dont le fort de la gaerrt ■Propice à ma-vieilieffc honora cette Terre, Vous n'êtes point tonjbée en de barbares mains; Tout rerpeûei avec moi vos malheureux deftins. Votre âge, vos beautés, votre aimable innocence. Parlez, & s'il'me rtffte encor quelque puiflànce* De vos juftes defirs fi je remplis les vœux, Ces' derniers de mes jours feront des jours beureui.
P A L M I R E. Seigneur, depuis deux mois fous vos loix prifonnière, Jedusà^s deftins pardonner ma milère: Vos généreufes mains s'emprefleni d'eftcer. Les Urmcs que ie Cici me condamne à verfer. Par vous, par vos bienfaits à parler enhardie, C'ffft de vous que j'attends le bonheur de ma vie.
AUK - :,q,t,=cdbïGooglc; Aux vœm de Mrfiofnét j*ofo ^bilèer les miens. Il voH» i demandée des bfifer.mo* lieo»,^. FuîjQîfiz-vous l'écoucer> &puiflài-je lui dire» Qu'après le Ciel & lui je d(>is.toat;àJ^|<^jrel Z O P I R E. - AioG, deMahomec voub fègrettez les fers. Ce euaiulte des Camps t ce? horreurs des Defert^i Çecce Patrie errante.a^ trpu^l* abandoQuéç.
P A L M I R E. La Patne efl aux lieux oti Tame eft enchaînée. * ' Mahomet a formé tne» premiers fentimens, ^ fes femmes ça paix guidoient ^es fajbles ans; Leur demeureeO: un Teippteott ç«s l^ipmé$ facrées Lèvent au Ciel àfs mma de leur Mafcre adorées. La Jour de mou malhew». I^elas! fus )p,f$v] jour.. Oti le fort des Combats a troublé leur féjour. Seigneur, ayez pitié d'une ame déchirée. Toujours préfente au'k liéûx dont jeTiils féparée.
Z OP.I RE.,, J'entends: vous elpérez partager queljquç^jour De ce Maître orgueilleux & la mâio & r&mour.
As PAL.
:,q,t,=cdbïCo6gk P ALMIRE ** Seigneur, je le rsvere, te moo ame treaibittite Croit voir dans Matiomec ud Oieuqui m'épouvante. NoD,d'aii'fi grand hymen mon cœurn'eft point flatté; Tant d'éclac convient n^al.â.taot d'obfcurité.
Ab! qui que vou» foyez, il ti*«ft point ni peut-^t» Pour être votre époux, encor moins votre mattrc; Et vous feroble^'d'UD iitg faitpoçr donner des loix A l'Arabe.ÎDfQlenc gui marche égal aux Uois.
P A LMI R£. Nous ne- eonnoiflbi» potat-l'orgueil délanaiflànce. Santpàrens, ^an«, patrie jCftliivesdèfi'reartiiice,'- Daos nôcte égaticë nous cbériflona nos i^ers; Tout oôi» eu émogert hors Je Dieu que je rera, ' ZOPÎRE. Tout vous ell étranger! cet ^at peut-îl plaire? Quoi! vous fervez un mattre, & n'avez point de pcrc? Dans mon trifte Palais, feulfic privé d'enfens, j'aurois pu tôiren vous l^ppni de rnss-viein a03.' Le foin'de.vous.former des ddlîits' plus propices,. Eut adouci des miens les longues injufticcs. ' Mais :,q,t,=cdbïGoOglt' Mais son, vous 8bbotteapmftl^trie>ftj»X4l.
' P-Â LÏdlRE.
Comment puis-j'e écre Jtvoustjenefaispointiiniol. Vous aurez mes regrecs j votre boliké m^-éll «hère; Mats eoâo Mabomet itf'a «eaa lîett-de père.
Z OP IR E. Quel père (juftes Dieux! lui? ceMonftre impolteur?
P À L M i R Ê.
Ah! quels noms îdouIs lui dooaez^vouSjSa'gneur?
Lui, dans qui tant d'Etafts adorent leur Prophète; Lui, l'Envoi^ do €ieri[&-Ito'reuIIaceipreiA ZOPlft E.
Étrange aveuglement des malheuret;x mortebf Tout m'abandonne ici pour dreOêr des Autels A-ceCoupable heufêux-^u'épài^i ma juttice, Bt qui courue au Tidaciéchàmé defuMlioe.
■ P A LMIRE.
Vous me faites frémir. Seigneur, & de mes jours Je n'avois entendu ces horribles difcoan. Mon penchant, je l'avoue, & 'DM'rMotioolfliiace Vous doonoient fur mou cœur une Jufte puiOànce; Vos :,q,t,=cdbïGoogle t\ tEl FAN A.TlSMff, Vos-b^iptiéna affrêinconere Oum Pto^âwt* ' A ce penchant fi douxfonc fuccéder l'horreur.
Z O PI RE. O SupeftUtiooi le« r^ueurs joâéxiblet PriveQC.d^faiimkaicé let cœ»^ les plus fenfiblet. Queje voaspIaiti3fPaI[pire,& que Tur vos erreur* ^a picié^ maigre moi, me fait verrer de pleursl PALMJRE.
^t ^-oos merefurezl ,;:;,'.; Oui.jJplDC/puis wïUS,rcB(^: l Au Tyran qui trompa cq Cfe^i; âéxible & tendre. Oui. je crois voir ea vous un bien trop précieux.
Qui tni rend' Mahomet eacot plus odieux. ' Q ZOPIRE, PALMIRE, PHANOR. ,_ ZOPIRE. Up Youles-vous j Plianor?, PHA- :,q,t,WbïGoOglc PHAiNOR.
Aux portes de la Ville; ' D'ob l'oQ voit de Moad la Campagoe fercUe, Omar cft arrivé.
Z O P I R Ç.
Qui? cèlârouche Oqur? Qae l'errear aujourd'hui cooduic après ^ Cbar* Qui combattit long-tems le Tyran qu'il adore. Qui vengea Ton Païs?
PH AN OR.
Peut-écre il l'aime eocore»- Moins terrible i.noi yeux, cet iDfbleoD.Guenier, PoTcant entre Tes mains le glaive & l'olivier» De Ta Paix à dos Chefs a ^renté le>gàge. - < On lui parle, il demande, il reçoit ua Otage. Seide eft avec lui.
P A L MI RE. Gnnda Dieux, deftin^uadouxl Qaoîl Seide? ' PHANOR. Omar vient, il s'avance vers vous.
dbïGoogle t4 X,n FAK AT/ISMÉ, ZOPIICE.: Ule'fUc.-écdutetk' Atie2« jeune Palmirr.
Omar devant mes yeuxl qu'ofera-e-il me dire? O Dieux de mpn BaTs; gui ^liis trois mille ans Frotégià d'Umaei la généreux Enfans; So]Blt.T<ciët-Ffamb^MiXt qui dan» voue carrière» lma9erd*:c^sPieQK.;ï)ofif pr^MKletirluiMèi^l, -. Voyee & foutenez la jufle fermeté Que J'oppofai toujours contre l'iniquité.
g C E N E IVi . ZpPIRE, OMAR. PHANOR, Suite. ZOPÏRfî.
EH bien, après fix ans tu revois ta Patrie, Que ton bras défendit, que ton cœuratrahie. Os mùrf font èo(JorpIeH»^de tes premiers exploia. Perertent de nos Dieux, defeiteur de nos Loix, - Perfécuteur nouveau de cette Cité faînte, D'oU vient que ton audace en profane l'eûceiate ï Miniftre d'un Brigand qu'un du: exterminer.
Le Prophète d'un Dieu, par piti6 pour ton âge.
Pour tesmalheurspafTés, fur-tout pour ton courage.
Te préfence une main qui pouvoir t'écrafer» £c j'apporte la Paix qu'il daigne propDfer.
ZOPIRE.
Un vil Séditieux prétend avec audace Nous accorder la paix, & non demander grâce!
Soufirirez-vous, grands Dieux, qu'augré de fesfor> faits Mahomet nous ravilTe- ou nous rende la paix?
Et vous, qui vous chargez des volonté d'un Tratcre, Ne rougiflèz-vous. point de Tervir un tel Mattre?
Ne l'avez-voiis pis vu,TaDs hoimeur& fans biens.
Ramper au dernier rang des derniers Gtoyens?
Qu'alors il étoitloia de caat de renommée I OMAR.
A Ks viles grandeurs ton ame accoutumée Juge ainO du mérite, & pefe les humains Au poids que la Fortune avoit mis dans tes main*.' Ne dbïGoogle Ne fçais-cu pas eacorcihomme faible & fl^etbe,'^ Que l'iDreâe iq^aOble, eofôveli Tous Wicrbe, Et l'Aigle impéiitux, qui plaae au haut du Ciel» Rentrent dans le néant aux yeux de l'EteriiL'l? Les mortels Tont égaux; ce n'eft point la naiflance C'eft la fçule vertu qui fait leur difFéreoce. 11 eft de ces Erprits favorifés des Cieux, ' ' Qui font tout par eux-m6mes,a rien paf leurs Aycux.
Tel eft l'homme en un mot qiie j'ai choiQ pour< Maître; ■ Lm feul dans l'Univers a mérité de l'écre. Tout mortel à fa Loi doit un jour obéir. Et j'ai donné l'exemple aux Siècles à venir.
ZO PIRE. Je te connois, Omar j en vain ta politique Vient m'étaler ici ce tableau fanatique. En vain tu peux ailleurs éblouir les Ëfprits, ^ Ce que ton Peuple adore excite mes mépris. Bannis toute impofture, & d'un coup d'tcil plus fago Regarde ce Prophète à qui tu rends hommage. Voi l'homme en Mahomet; conçoi par quel degré Tu fais monter aux Cieux ton Fantôme adoré. Entouûafte ou fourbe, il faut ceffer de l'être; Sers-toi de ta raifon, juge avec moi ton Maître. Ta ^:,.,Goog[c Tu verras dé Chameaui un groflfcr conduÛeur, -' , Chez fa première époufe infolenr impofteurj Quii fous te vain appas d'un fonge ridiaile, - ' Des plus vils des humains tetite la foi crédule, '• Comme un Séditieux à mes pieds amené. Pas quarante Vieillards à Téxil condamné^ * Trop léger châtiment qui Tenhardit au crirrie. De Caverne en Caverne il fuit avec Fatîme. ' Ses Difciplés errans dé Cités en Derercs, Profcrits, perfôcutés, bannis, chargés de fers. Promènent leur fureur qu'ils appellent divine. De leurs venins bien-tôt ils infeftent Médine. Toi-mâme alors, toi-même, écoutant ta raifon, Tu voulus dans fa fource arrêter le poifon; Je te vis plus heureux, &"p!us jufte & plus brave. Attaquer le Tyran dont je te vois l'Efclave. _.
S'il eft un vrai Prophète, ofas-tu le punir? S'il eft un Impofteur, ofcs-tu le fervir?