De la démocratie en Amérique (I fr)
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- français
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Citer cette œuvre
- APAAlexis de Tocqueville. (n.d.). De la Démocratie en Amérique, tome premier [De la démocratie en Amérique (I fr)]. Digital reproduction: SigPhi. https://sigphiai.com/fr/works/alexis-de-tocqueville/de-la-democratie-en-amerique-tome-premier-french
- MLAAlexis de Tocqueville. De la Démocratie en Amérique, tome premier [De la démocratie en Amérique (I fr)]. Digital reproduction, SigPhi, https://sigphiai.com/fr/works/alexis-de-tocqueville/de-la-democratie-en-amerique-tome-premier-french.
- ChicagoAlexis de Tocqueville. De la Démocratie en Amérique, tome premier [De la démocratie en Amérique (I fr)]. Digital reproduction, SigPhi. https://sigphiai.com/fr/works/alexis-de-tocqueville/de-la-democratie-en-amerique-tome-premier-french.
Référence de l'édition que reproduit SigPhi : SigPhi en est la reproduction numérique, pas l'éditeur. L'année de l'édition ne figure pas dans les métadonnées (d'où « n.d. ») et le traducteur n'apparaît que lorsqu'il est connu.
De quoi il s'agit
Tome premier de l'original français : la première partie, de 1835, où sont décrites les institutions américaines.
Contexte et histoire
Tocqueville partit aux États-Unis en 1831 avec la mission officielle d'en étudier les prisons et en revint avec tout autre chose : la conviction que l'égalité des conditions est un fait qui avance et qu'on ne saurait arrêter, et que la question n'est pas de savoir si elle atteindra l'Europe mais si elle y viendra avec la liberté ou sans elle. De là ce qui rend le livre encore utile : ce n'est ni un éloge ni un avertissement, mais les deux à la fois. Il y trouve ce qui lui paraît admirable — l'association volontaire, le pouvoir local, le jury comme école de gouvernement, la religion comme mœurs plutôt que comme pouvoir — et ce qui le fait craindre : la tyrannie de la majorité, l'aplatissement des opinions, et ce despotisme nouveau et doux qu'il décrit à la fin, qui n'opprime pas mais tutelle et laisse les hommes contents d'être conduits. Les deux parties parurent à cinq ans d'intervalle, en 1835 et 1840, et ne disent pas tout à fait la même chose : la seconde est plus abstraite et plus sombre. Sur l'esclavage et sur les Indiens il est lucide et pessimiste à la fois, et ce qu'il prévoyait s'est accompli.
Contexte éditorial, non une source citable : contrairement aux passages de l'œuvre, ces données ne peuvent pas être vérifiées dans le corpus.
copier servilement les institutions qu'elle s'est données, mais pour mieux comprendre celles qui nous conviennent; moins pour y puiser des exemples que des enseignements, pour lui emprunter les principes plutôt que les détails de ses lois. Les lois de la République française peuvent et doivent, en bien des cas, être différentes de celles qui régissent les États-Unis, mais les principes sur lesquels les constitutions américaines reposent, ces principes d'ordre, de pondération des pouvoirs, de liberté vraie, de respect sincère et profond du droit, sont indispensables à toutes les républiques; ils doivent être communs à toutes, et l'on peut dire à l'avance que là où ils ne se rencontreront pas, la République aura bientôt cessé d'exister. INTRODUCTION. Parmi les objets nouveaux qui, pendant mon séjour aux États-Unis, ont attiré mon attention, aucun n'a plus vivement frappé mes regards que l'égalité des conditions. Je découvris sans peine l'influence prodigieuse qu'exerce ce premier fait sur la marche de la société; il donne à l'esprit public une certaine direction, un certain tour aux lois; aux gouvernants des maximes nouvelles, et des habitudes particulières aux gouvernés. Bientôt je reconnus que ce même fait étend son influence fort au-delà des moeurs politiques et des lois, et qu'il n'obtient pas moins d'empire sur la société civile que sur le gouvernement: il crée des opinions, fait naître des sentiments, suggère des usages et modifie tout ce qu'il ne produit pas. Ainsi donc, à mesure que j'étudiais la société américaine, je voyais de plus en plus, dans l'égalité des conditions, le fait générateur dont chaque fait particulier semblait descendre, et je le retrouvais sans cesse devant moi comme un point central où toutes mes observations venaient aboutir. Alors je reportai ma pensée vers notre hémisphère, et il me sembla que j'y distinguais quelque chose d'analogue au spectacle que m'offrait le Nouveau-Monde.…