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De la démocratie en Amérique (III fr)

Alexis de Tocqueville

Langue:
français
État:
Œuvre complète
Paternité:
Écrite par l'auteur
État du texte:
Texte propre
Étendue:
~62 500 mots · 297 passages
Citer cette œuvre
  • APAAlexis de Tocqueville. (n.d.). De la démocratie en Amérique (III fr). SigPhi. https://sigphiai.com/fr/works/alexis-de-tocqueville/de-la-democratie-en-amerique-tome-troisieme-french
  • MLAAlexis de Tocqueville. "De la démocratie en Amérique (III fr)." SigPhi, https://sigphiai.com/fr/works/alexis-de-tocqueville/de-la-democratie-en-amerique-tome-troisieme-french.
  • ChicagoAlexis de Tocqueville. De la démocratie en Amérique (III fr). SigPhi. https://sigphiai.com/fr/works/alexis-de-tocqueville/de-la-democratie-en-amerique-tome-troisieme-french.

De quoi il s'agit

Tome troisième de l'original français : il ouvre la seconde partie, de 1840, sur l'effet de l'égalité sur les idées et les sentiments.

Contexte et histoire

Tocqueville partit aux États-Unis en 1831 avec la mission officielle d'en étudier les prisons et en revint avec tout autre chose : la conviction que l'égalité des conditions est un fait qui avance et qu'on ne saurait arrêter, et que la question n'est pas de savoir si elle atteindra l'Europe mais si elle y viendra avec la liberté ou sans elle. De là ce qui rend le livre encore utile : ce n'est ni un éloge ni un avertissement, mais les deux à la fois. Il y trouve ce qui lui paraît admirable — l'association volontaire, le pouvoir local, le jury comme école de gouvernement, la religion comme mœurs plutôt que comme pouvoir — et ce qui le fait craindre : la tyrannie de la majorité, l'aplatissement des opinions, et ce despotisme nouveau et doux qu'il décrit à la fin, qui n'opprime pas mais tutelle et laisse les hommes contents d'être conduits. Les deux parties parurent à cinq ans d'intervalle, en 1835 et 1840, et ne disent pas tout à fait la même chose : la seconde est plus abstraite et plus sombre. Sur l'esclavage et sur les Indiens il est lucide et pessimiste à la fois, et ce qu'il prévoyait s'est accompli.

Contexte éditorial, non une source citable : contrairement aux passages de l'œuvre, ces données ne peuvent pas être vérifiées dans le corpus.

Comment cela commence
Les Américains ont un état social démocratique qui leur a naturellement suggéré de certaines lois et de certaines moeurs politiques. Ce même état social a, de plus, fait naître, parmi eux, une multitude de sentiments et d'opinions qui étaient inconnus dans les vieilles sociétés aristocratiques de l'Europe. Il a détruit ou modifié des rapports qui existaient jadis, et en a établi de nouveaux. L'aspect de la société civile ne s'est pas trouvé moins changé que la physionomie du monde politique. J'ai traité le premier sujet dans l'ouvrage publié par moi il y a cinq ans, sur la Démocratie américaine. Le second fait l'objet du présent livre. Ces deux parties se complètent l'une par l'autre et ne forment qu'une seule oeuvre. Il faut que, sur-le-champ, je prévienne le lecteur contre une erreur qui me serait fort préjudiciable. En me voyant attribuer tant d'effets divers à l'égalité, il pourrait en conclure que je considère l'égalité comme la cause unique de tout ce qui arrive de nos jours. Ce serait me supposer une vue bien étroite. Il y a, de notre temps, une foule d'opinions, de sentiments, d'instincts qui ont dû la naissance à des faits étrangers ou même contraires à l'égalité. C'est ainsi que si je prenais les États-Unis pour exemple, je prouverais aisément que la nature du pays, l'origine de ses habitants, la religion des premiers fondateurs, leurs lumières acquises, leurs habitudes antérieures, ont exercé et exercent encore, indépendamment de la Démocratie, une immense influence sur leur manière de penser et de sentir.…

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