. atî point E, lorfqueie mettois cete boule en l’endroit B C D, fà partie D me paroifToft toute rouge, & incom- parablement plus efclatante que le refte,- Et que foit que ic , Discours Huitibsmb.
ie l’approchaffe, foit que ie la reçu Jaffe, & que ie la miffe a droit, ou a gauche, ou mefme la fiffe tourner en rond autour de ma tefte, pourvûque la ligne D E fifftQufiours vn angle d’enuiron 41 degrés auec la ligne E M\ qu'il faut imaginer rendre dn centre de l'oeil vers celuy dii foleil, cete partie D paroiffoit toujours e (gaiement rou- ge; Mais que, fitoft que ie fàifois Cet angle DEM tant foit peu plus grand, cete rôugeur difparoiffoit; &quefi ie le failoisvn peu moindre, elle ne djfparoiffoic pas du tout I i 2 4 t 2fl * Les METEORES, tout fi a -coup, mais fe diuifoit auparauant comme ea . deux parties, moins brillantes, & dans lefquelles on voyoit du iaune, du bleu, & d autres couleurs. Puis re- gardant aufly vers l'endroit de cete boule qui eft marqué K,iayapperceuque faifant l’angle KEM d’cnuiron yi degrés, cete partie KparoiflbkaufTyde couleur rouge, maisnonpasfiefclatantequeD: Et que le faifant quel- que peu plus-grand, il y paroifloit d’autres couleurs plus foibles,• mais que le faifant tant foit peu moindre, on beaucoup plus grand, il n y en paroifToit plus aucune. D’où i’ay connu manifeftement que tout l’air qui eft vers M eftant rempli de telles boules, ou en leur place de gouttes d’eau, il doit paroiftie vn point fort rouge & fort efclatant en chafcune de celles de ces gouttes dont les lignes tirdfes vers Poe il E font vn angle denuiron4» degres auec E M, comme ie fuppofe celles qui font mar- quées Rj Et que ces poins eftans regardés tous enfèm- ble, fans qu'on remarque autrement le lieu où ils font que par 1 angle fous lequel ils fè voyent, doiuent pa- roiflre comme vn cercle continu de couleur rou- ge: Et qu’il doit y auoir tout de mefme des poins eq celles qui font marquées S & T, dont les lignes tirées vers E font des angles vn peu plus aygus aueç E M, qui- compofent des cercles de couleurs plus foibles.’ Et que c’efteûcecyque confifte le premier & princi- pal arcenciel. Puis derechef que Pangle M E X eftant de j-z degrés, il doit paroiftre vn cercle rouge dans les gouttes marquée* X,' Et d autres cercles de cou- leurs plus foibles dans les gouttes marquées Y. Et que c’cft en cecy que confifte le fécond & moins princi- « F * Discours Huitiesme.
*J3 principal arcenciel. Ht enfin qu*en tontes les autres gouttes marquées V il ne doit paroiftre aucunes cou- leurs. Examinant après cela plus particulièrement en la ' boule BCDcequifâifbitque la partie D par olflok rou- ge, i'ay trouué que c’eftoient les rayons du foleil qui ve- nansd’A vers B fe courboient en entrant dans l'eau au point B, & alloient vers C,d’où ils fe reflefchifToient vers D, & là fê courbans derechef en fortant de l'eau, ten- doient vers E:. catlitoft que ie mettois vn cors opaque # Ii3 ou LMt.
a/4 Les Meteores.
ou obfcur en quelque endroit des lignes A B., B C, C où D E, cete couleur rouge dilparolffoit. Et quoy que ie couprifle toute la boule excepté les deux poins B & D, & que ie mifrc des cors obfcurs partout ailleurs, pôurvû que rien n’empefchaft l’a&ion des rayons AB C DE, elle ne laifToit pas de paroiftre. Puis cherchant aufiy ce qui eftoit caufe du rouge qui paroifioit vers K, i’ay trou- ud'quec'eftoient les rayons quivenoient d'F vers G/oà# ils fecourboient vers H, & en H fe reflefchifloient vers I, & en I (b reflefchifloient derechef vers K, puis enfin fè courboiçntau point K, & tendoient vers E. Defaçoa que le premier arc-en-ciel eft eau fe par des rayons qui paruienent a l’œil après deux réfractions & vne refle- xion, & le fécond par d'autres rayons qui n*y paruienent qu’apres deux réfractions & deux réflexions; ce qui em- pefche qu’il ne paroifle tant que le premier.
Mais la principale düficultércftoit encore, qui eftoit ’ de fçauoirpourquoy, y ayant plufieurs autres rayons qui apres deux réfractions & vne ou deux reflexions peuuenc tendre vers l’œil quand cete boule eft en autre fitua- • tion, il n’y a toutefois que ceux dont i’ay parle'qui facenç paroiftre quelques couleurs. Et pour la refbudrei’ay cherche'', s’il n’y auoit point quelque autre fuietou elles panifient en mefme forte, affinque par la comparaifon dç I'vn& de l'autre ie pûfle mieux iuger de leur caulè. Puis me fouucnaut qu'vn prifrne ou triangle de criftal en fait voir de femblables, i'en ay confidcrc vn qui eftoit tel qu’eflicy MNP, dont les deux fuperficies M N N P font toutes plates, & inclinées l'vne fur l’autre fé - Ion vn angle d'enuiron 30 ou 40 degrés, en forte qufe : fi les fi les rayons du foleil ABC trauerfent M N a angles droits, ou prefque droits, Æ^ainfi n’y fouffrent aucu- ne lènfible refraâion, ils endoiuçpt fouffrirvne af- fés grande en fortant par N P. Et couurant l’vne de ces deux fuperficies d’vncorsobfcur, dans le- quel il y auoit vne ouuer- ture affés eftrôite comme D E, i’ay obferué que les...1! i»r; rayons, paflant par cete ouuerture & de là s’allant rêdre fur vnlinge ou papier blanc F G H, y peignent toutes les couleurs de l’arccn- cielj & qu*ils y peignent toufiours le rouge vers F, & le * bleu ou le violet vers H. D’où i’ày appris, premièrement que la courbure des fuperficies des gouttes d’eau n’eft point neceflaire a la produâion de ces couleurs; car celles de ce criftalfont toutes plates - Ny la grandeurde l'angle fbns lequel elles pàroiflent. car il peut icy eftre. change' fans qu’elles changent, & biertqu’on puiffe faire que les rayons qui vont vers F fc courbent tantoft plus 5c tantoft moins que ceux qui vont vers H, ils ne laiflènt pas de peindre toufiours du rouge, Sc ceux qui vont vers H toufiours du bleujN’y aulTy la reftexfomcar il n’y ën aicy aucune^ Ny enfin la pluralité des refraftions: car il n’y en a icy qu’vnc feule. Mai si ’ay iugé qu’il y en feiloit pour le * ■! ■ * moins zj6. Les Mbteores.
moins vne, &mefme vne donc leffed ne faft point de- ftruit par vne contraire, car l'experience monftre, que G , tes fuperficies M N &N P eftoient parallèles, les rayons fe redrefïànt autant en l’ vne qu’ils fe pourraient courber en l'autre, ne produiraient point ces couleurs. le n’ay pas douté qu’il nyfalluftaufly de la lumière; car fans elle on ne voit rien. Et outre cela i’ay obferud qu’il y falloir de Tombre, ou de la limitation à cete lumière, car fi on ofte le cors obfcurqui eft fur N P, les couleurs F GH ceflent de paroiftre; & fi on fait l'ouuerture DE allés grande, le rouge, l’orange', & le iaunc, qui font vers F, ne s’eftendentpas plus loin pour cela, non plus que le verd, le bleu, & le violet, qui font vers H, mais toift le furplus. de l’efpace qui eft entre deux vers G demeure blanc. En fuite dequoy iay tafché de connoiftre.pourquoy des cou- leurs font autres vers H que vers F, nonobftant que la refra&ion & l'ombre & la lumière y concourent en me£ me forte; Et conceuant la nature de la lumière telle qne ie l’aydefcrite en la Dioptrique» a fçauoir, comme l'a&ion ou le mouuement d’vne certaine matière fort fubtile, dont il faut imaginer les parties ainfi que de pe- tites boules qui roullent dans les pores des cors terreftres. l’ay connu que ces boules peuuent rouller en di- qerfès façons, fêlop les diuerfes caufès qui les y détermi- nent; Et en particulier que toutes les refra&ions qui fe font vers vnmefmecoftd les déterminent a tourner en mefme fens;Mais que lorfqu’elles n'orit point de voylinës qui femeuuent notablement plus vifte, ou moins vifto quelles, leur tournoyement ri*eft qu'a peu prés efgal a leur mouuement en ligne droite; Au lieu que lorfqu’el- • • les Di scouas Ha i tiesme.
les en ont d'vn code' qui fe meuuent moins ville, & de fautre qui fe meuuent plus ou également vide, ainfi qu’il arriue aux confins de l’ombre & de la Iumiere; fi elles rencontrent celles qui fe meuuent moins vi- de,du coftc vers lequel el- les roullent, comme font celles qui compofent le rayon E H, cela ed caufe qu’elles ne tournoyenp - r ’ pas fi vide, qu’elles rc " meuuent en ligne droite; & c’ed tout le contraire, lorfqu’elles les rencontrent de 1’autre codé comme font celles du rayon DF. Pour mieux entendre ce- cy,pênfés que la boule 1 1 3 4 ed pouflVe d’V verf X, en telle forte qu’elle ne va qu’en ligne droite, &quc fês deux codés 1 8C3 dcféfendentefgalement vide iuf- quesalafuperficiedèreau YY „ où le mouuement du codémarqué3, qui la rencontre le premier, ed retarde, pendant que celuy du codé marqué i continue encore, ce qtii ed caufe que toute la boule commence infâüible- riient a tournoyer fuiuant l’ordre des chiffres 123. Puis imaginés quelle ed enuironné! d^quatre autres, Q, R, S, T; dont les deux Q & R tendent, auec plus de force qu’elle, afemouuoir yersX; &Ies deux autres tendent aueclnoins de forée. D’où il ed euidentj que K k.preflan ** Les Mete.orbs.
preflant fa par- tie marquée i, II S retenant celle qui eft marquée 3, au- gmentent Ion toumoyement; & que R & T n’y nuifet point, poureeque R eft difpofôe a fc mouuoirversX plus vifte quel- le ne la fuit, & T n’eft pas difpoféfe a la fuiure fi vifte qu’elle la précédé. Cèqui explique la&ion du rayon D F. Puis tout au contraire fi QJSt R rendent plus len- tement qu’elle vers X,& S & T y tendent plus fort, R émpefche le toumoyement de la partît marquée i,& T çeluy de la partie 3$ fans que les deux autres Q^8cSy fàcent rien. Cequi explique l’aâion du rayon E H. Mais il eft a remarquer que cete boule 1134 eftant fort ronde, il peut ayfemeht arriuer que lorfqu'elle eft' preflee vn peu fort par les deux R & T, ellefe reuire en pirouettant autour de l’ai/fieu 42, au lieu d’arefter fon toumoyement a leur occafion, & ainfi que changeant en vn moment de fituation, elle tournoyé après fuiuanc Tordre des chiffres J 2 car les deux R & T qui l’ont fait commencer a fè détourner, l’obligent a continuer iufq ues a ce qu elfe ait acheué' vn demi tour en ce fens là, & qu’elles puiflenc augmenter ion toumoyement, au . lien s Discours Huitiesme.
lieu de le recarder. Ce qui m’a lèrui a refoudrc la princi- pale de toutes les difficultés que i'ay euësencete matiè- re. Etiife demonftrece me femble très euidemment de tout cecy, que la nature des couleurs, qui paroiflent vers F, ne confifte, qu’en ce que les parties de la ma- tière fubtile, quitranfmet l'avion de la lumière, ten- dent a tournoyer, auec plus de force, qu'a le mou- ligne droite: en que celles qui ten* dent a tourner beaucoup plus fort, caufent la cou- leur rouge, & celles qui n’y tendent qu’vn peu plus fort, caufent la iaune. Comme au contraire la nature de celles, qui le * voyent vers H, ne confi- fte, qu'èn ce que ces petites parties ne tournoyent pas 11 vifle, qu’cUcsontde couftume lors qu'il n’y a point de caufe particulière qui les en empefehe; en forte que le Verdparoift où elles ne tournoyent gueres moins ville, & le bleu ou elles tournoyent beaucoup moins vide; Et ordinairement aux extrémités de ce bleu il fe méfié de l’incarnat, qui luy donnant ae la viuacité & de l’efclat, le change en violet ou couleur de pourpre. Ce qui vient (ans doute de ce que la mefme caufe, qui a couftume de retarder le tournoyement des parties de la matière fub- Kk a tile.
tile, eftaht alors affesfortepour faire changer de fïtoa- tion a quelques vues, le doit augmenter en celles là,pen- *\ * -;1 dant qa'elle diminue celay des autres. Et en tout cecy la railbn s'accorde fi parfaitement auec l'experience, que • • ie ne croy pas qu’il foit pofC ble, apres auoir bien conneu l’vne & l’autre, de douter c^je la chofe ne foit telle que ie viensde l’expliquer. Car s’il eft vray que le fentiment * que nous auons de la lumière foit caufe par le mouue- ment ou l’inclination a fe moyuoir de quelque matière qui touche nos yeux, comme plufieurs autres choies te£ moignent, il eft certain que les diuers mouuemensde ccte maticre doiuent caufer en nous diuers fentimens; Et comme il ne peut y auoir d autre diuerfité en ce* inouuemens, que celle que i'ay dite; aufly n’en trouuons nous point d’autre par expérience dans les fentimens. * que nous en auons, que celle -des couleurs. Et il n’eft pas poffible de trouuer aucune chofe dans le criftal M N P qui puifle produire des couleur s, que lafaçon dont ilenuoyelcs petites parties de la matière fubtile vers le linge F G H, & de là vers nosyeux. d’où il eft ce me fem- ble affeseuident, qu’on ne doit chercher autre chofe non plus dans les couleurs que les autres obiets font paroi- ftre:car l’expericnce ordinaire tefmoigne que la lumière ou le blanc, & l’ombre ou le noir, auec les couleurs de » ». l'iris qui ont efte'icy expliquées, lu ffifTent pour compofer toutes les autres. Et ie ne fçaurois goufter la diltin- ûiondes Philofophes, quaSdils difent qu’il y eu a qui font vrayes, & d’autres qui ne font que faufles ou appa- rentes. Car toute leûrvraye nature n’eftant que de pa- roiftre, c’cft ce me femble vne contradi&ion, de dire, I Discoors Hditiesme. zst qu’elles font faufles, & qu elles paroi fient. Mais l'auoue bien qpe l'ombre & la retraétion ne font pas toufiours neceflaires pour les produire. & ‘qu’en leur place la grofieur.lafignre^fîtoation.&lemouuement des par- ties des cors quon nommecolorés, peuuent ‘concourir diuerfement auec la lumière, pour augmenter ou dimi» nùer le tournoyement des parties de la matière fubtile. En forte que mefme en l'arcenciel i’ay douté d’abord, fi les couleurs s’y prodpfoient tout a fait en mefme façon quedanslecriftal MNP: car ie n’y rtmarquois point d’vmbrc qui terminait la lumière, & ne conuoiflois point encore pourquoy elles n’y paroiflbient que fous certains angles Iufquesace qu’ayant pris la plume 8e calculé par le menu tous les rayons qui toibbent for les diuers poins d’vne goutte d’eau, pourfçauoir fous quels angles apres deux refraétions & vne ou deux reflexions ils peuuent venir vers nos yenx; i'aytrouuc qu 'apres vne reflexion & deux réfractions, il y en a beaucoup plus qui peuuent eftre veuslbus l’angle de 41 à 4a degrés, que fous aucun moiiftlre; & qu'il n'y en a aucun quipuifife eftre vû fous vn plus grand. Puis i’ay trouue' aufly qu’aprés deux reflétions 8r d'euxrefra&ionS, ily en a beaucoup plus qui vienent vers l’œil foûs l’angle de' fi à jra degrés, que fous aucun plus grand; & qu’il n’y en a point qui vienent fous vn moindre'. De façon qu’il y a de l’ombre de part & d’autre, qni terminera lumière, la- quelle, après auoir pafle par vne infinité' dfe gouttes de pluie efclairébs par le folcifÿ vient vers l’œil fous l’angle de 42 degrés, ou vn peu audefïous, & ainfi caufe le pre- mier & principal arcenciel; Et il y én a aufly qui ter- Kk 3 mine Les Meteores^ mine celle qui vient fous l'angle de yi degrés ou vn peu au deffus, & caufe rarcenciel extérieur, car ne receuoir point de rayons delifmierc en fes yenx, ou en receuoir notablement moins d’vn obiet, qued’vn autre quiluy eft proche, c’e‘ft voir de l’ombre. Ce qui monftre claire- ment, que les couleurs de ccs arcs font produites par la mefme caufe, que celles qui parodient par Tayde du cri- ftal M N P, & que le demi diamètre de l'arcinterieurne doit point eftre plus grand que de ^2 degrés, ny céluy de l'exterieur plus petit que de yr,- St enfin que le pre- mier doit eftre bien plus limité en fàfiiperficie extérieu- re qu’en l’interieure;& le fécond tout au contraire. Ain- fi qu'il fe voit par expérience. Mais afin que ceux qui fçaucntles Mathématiques puiftent connoiftre, fi le cal- cul que i’ay fait de ces rayons eft afifés iufte, il faut icy queie l’explique.
Soit AFD vne goutte d’ean, dont ie dinife le demi diamètre C D ou A B en autant de parties efgales que ie veux calculer de rayons, affin d’attribuer autant de la- miere aux vns qu’aux autres. Puis ie cdhfidere vn de ces rayons en particulier, par exemple E F, qui au lieu de pafler tout droit vers G, fe détourné vers K; & fe reflefehift de K vers N, & de là va vers foeil P: ou- bienfereflefehift eqpore vne fois de N versQ^ Se de là fe détourné vers l’œil R. Et ayant tire' Cia angles droits fur F K, ie connois de ce qui a efté dit en la Dio- ptrique, qu’A E ou H F, & CI, ont entre elles la pro- portion par laquelle la refra&ion de l'eau fe mefure. De • façon que fi H F contient 8000 parties, telles qu’AB en contient 1 0000, CI en contiendra environ de 59.84, k <. ■' pourcepourceque la Refra&ion de.reau eft tant foie peu plus grande que de trois a quatre, & pour le plus iuûement quei’aye pûla mefurer, elle eft comme de 187 a ajo. Ayant ainfi les deux lignes H F &CI, ie connois ayfo» ment les deux arcs, FG.qui eft de 73 degrés 6c 44 minu- tes, & F K qui eft de xotf. 30. Puis oftant le double de l'arc F K, de l’arc F G adioufté à 180 degrdz, i’ay 40, 44. pour la quantité de l’angle ONP, car ie iuppolc O N parallèle a E F. Et oftant ces 40. 44 d'F K,i’ay 4 6 pour l’angle S Q R, car ie pofe auffy S (^parallèle à E F- Et calculant en mefme façon tous les autfes rayons parallèles a EF, qui paflent par lesdiuifions du diamètre A B, ie compofe la table fuiuame. • ^ coaxs Huitiesme. 26$ ■!.. J * L BS M ETE OR ES 2<?4 (la ligne HF la ligne CI l’arc FG- Tare FK l’angle ONP .
Xts 7 4 •• rj, - la ligne HF la ligne CI l'arc FG ■***•; -1!.
%66 Les Meteores,* Etie voy icyque le plus grand angle O N P peut eftrc de 41 degrés 30 minutes, & le plus petit S O R de $u 54, a quoy-adiou liant ou oftant enuiron 17 minutes pour le demi diamètre du foleif, i'ay4i. 47 pour Ieplusgrand demi diamètre de l’arc en ciel intérieur, & yi. 37 pour le plus petit de l’exterieur.
Ilpftvray que l’eau eftant chaude, fa refra&ion eft tant foit peu moiudre, que lors qu’elle eft froide, cequi peut changer quelque choie en ce calcul. Toutefois ce- la ne fçauroit augmenter le demi diamètre del’arcen- ciel intérieur, que d’vn ou deux deg rés tout au plus, Sc lors, celuy de le xterieur fera de prefque deux fois autant plus petit. Ce qui eft digne d’eftre remarqué, pourcç* que par là on peut demôftrer que la refra&iô de Leau ne peut eftre gueres moindre, ny plus grande,qûe ie la fup- pofç. Car pour peu qu’elle foft plus grande, elle ren- droit le demi diamètre de l’arcenciel intérieur, moindre que 41 degrés, au lieu que parla creance commune on luy en donne 43; & lî on la fuppofe aftVs pètite pour faire qu’il foit véritablement de 47, on trouuera que celuy de rexterieure ne fera au Gy gueres plus que de 47, au lieu qu’il parcift a l'œil beaucoupplus-grâd queedapdefin- tericur. Et Maurolycus, qui eft rc croy le premier qui a déterminé l'vn de 4 y degrés-, détermine l’autre d enui- ron jtf. Cequi monftre le peu de foy qu’on doit adiou- fteraux obferuations qui ne font- pas accompagnée de lavraye raifon. Aurefteien’ay pas eu de peine a con- noiftrepourquoy le rouge eft en dehors en l’arcenciel intérieur, ny pourquoyil eft en dedans en l'extérieur- Çar la mefinecaufe pour laquelle c’eft vers F, plutoft .Discours Hditiesme- ity que vers H, qu’il paroift • au trauers du criftal M N * s s P, fait que fi, ayant l’oeil en la place du linge Manc \.. F G H, on regarde ce crisA J ftal, on y verra le rouge \ vers fa partie plus efpaifle V:» J MP, & le bleu vers N.
teint w pvV: -f ^ poureeque le rayon ^ j de rouge qui va vers F, v, *6 foleil la plus auancee vers * U MP:Et ccte mefme caufe fait aufly que le centre des . fequent leur plus efpaifle partie, eftant en dehors au refpeâ des poins colorés qui forment l’arcencicl intérieur, le rouge y doit paroiftre en dehors; & qu’eftant en dedans au refped de ceux qui forment l'exterieur, le rouge y doit aufly paroiftre en de- dans.
Ainfi ie croy qu’il ne refte plus aucune difficulté' en cete matière, fi ce n’eft peuteftre touchant les irrégula- rités qui s’y rencontrent. Comme lorfque* l’arc n’eft pas exaâemcnt rond, ou que Concentre n'eftpas en la ligne droite qui pafle par i’œil& le foleil. ce qui peut arrioer fi les vens changent la figure des gouttes de pluie, car el- les ne fçguroient perdre fi peu de leur rondeur, que cela ne face vne notable différence en l'angle, fous lequel les couleurs doiuent paroiftre. On a vû aufly quelquefois, a ce qu'on ma dit, vn arc-en-ciel tellement rennerfë que tes cornes eftoienttournecsvers en hanlt, comme eft icy reprefenré' F F. Ceque ie ne fçaurois iuger êftre ar- riiic que par la reflexion des rayons du foleil donnans fat . Peau de la mer, ou de quelque lac. Comme fi vénans de la partie du ciel S S, ils tombent fur l’eau D A E x & delà fe reflefchiflent vers la pluie C F, l’œil fl verra Parc F F, 4ont le centre eft au point C, en forte que C B eftant prolongé iufques à A, & A S paflknt par le centre du fo- leil, les angles S A D & B A E foient e/gaitx, & que l’an-' gie C B F foit d’enuimn 42.degrc& Toutefois il eft auflv requis a cet effe<ft, qu’il n’y ait point du tout de vent qui trouble la face de l'eau vers E, & peuteftre auec cela qu'ily ait quelque nue, comme G, qui empefehe que la lum iere du foleil allant enligne droite vers la pluie n'ef- face pelle que cete eau E y enuoye.«d’où vient qu’il n’ar- nue que rarement. Outre cela l’œil peuteftre en telle * 4 • ' fitua- Discours Huîtïesme. *éy fituation, au refpeâ du Soléil & de la pluie, qu'on verra la partie inferieure qui acheue le cercle de l’arcenciel, * ians voir la fuperieure: &auffi qu'çu la prendra pour vu arc ronuerfé: nonobftant qu'on ne la verra pas vers le ciel, mais vers l'eau, ou vers la terre. ’.• 4 Onm’adit aufly auoirvû quelque fois vu ’troifiefmc arc-en-ciel au deiïus des deux ordinaires^mais qui eftoit beaucoup plus foible,' & enuiron autant efloigné du fé- cond que le fécond du premier. Ceque ie ne iuge pas pouuoir èftre arriuc',fi ce n'eft qu'il y ait eu des grains de grefle, fort ronds, & fort trànfparens, méfiés parmi la pluie, dans lefquels la refraâion eftant notablement plus grande que dans l’eau, I*arc-en-cîel extérieur aura dcu y eflre beaucoup pîds grand,1 & ainfi paroiftre au defTus de l’autre. Et pour l’interiéur qui par mefme rai- lôn aura deu eftreplus petit que l'intérieur de la pliiie, il fe peut faire qu’il n*anra point efté remarqué, a Caufe du grand luftre de cetuycy: oubien que leurs extrémités s 'eftant jointes on ne les au racontés tous deux que pour vn. mais pour vn dont les couleurs auront eft c autre- \ ment difpofecs qu’a l’ordinaire..
Et cecy me fait fouuenir d'vne inuention pour taire paroiftre des lignes dans le ciel, qui pourroient caufètr grande admiration a ceux qui en ignoreroient les rai- Ibns.'Tefuppofc qnevousfçaue's défia la façon de faire voir l'arc* e»c ici par le moyen d'vne fontaine. Comme fi l’eau qui fort par les petits trou/s A B C, fautât aflfés haut, s’efpand eu l’air de tous coftés vers R, & que le foleil Ibit vers Z, en forte que Z E M eftât ligne droite l’angfj MER puiflo eftre d?enuiron degrés, l’œil E ne man- ’>v. Lf? qœra querapas de voir l’iris vers R, tout femblable à celuy qui paroift dans le ciel. A quoy il faut maintenent ad- ioufter qu’if y a des huiles, des eaux de vie, & d'autres liqueurs, dans lefquelles la refra&ion fe faiq notable- ment plus grande ou plus petite qu’en l’eau commune, & qui ne font pas pour cela moins claires & tranfparen- tes. En forte qu'on pourrait difpofer par ordre plufieurs fontaines; dans lefquelles y ayant diuerfcs de ces li- queurs, on y verroit par leur moyen toute vne grande partie du ciel pleine des. couleurs de l'iris: a fçauoir en faifânt que les liqueurs, dont la refradhon feroit la plus grande, fuflent les plus proches des fpe dateurs,- & qu'el- les ne s’efleuaflent point fi hault, qu'elles empefchafient la veuë de celles qui feroient derrière. Puis a caufe que fermant vne partie des troux ABC onpeu^fâire difpa- roiftrc telle partie de l'iris R R qu’on veut, fans ofier les : autres, il eftayfé a entendre que tout demefine,ouurant & fermant a propos les troux de ces diuerfês fontaines, on pourra faire que ce qui paroiftra colorë ait lafiguf Di scours Ha i txesmb. *71 re d'vne croix, ou d'vne colomoe, oa de quelque autre telle chofe, qui donne fuiet d'admiration. Mais i'auoue qu'il y faudroit de l'adrefTe & de la defpenfe, affi n de pro- * portion ncr ces fontaines, & faire que les liqueurs y fau- • raflent fi hault, que ces figures peuflent eftre yeuës de fort loin par tout vn peuple, fans que l'artifice s’en do* couurift.
DE LA COVLEYR DES NVES, Et dos cercles ou couronnes qu'onvoit quelquefois autour des aftrcs. * . • *