;88. Voici comment il faudra répondre à ces raiibniiemens: fuppolons que li Créature foie pro- duite de nouveau à chaque infant j accordons aulVi que l'inilant exclut toute priorité de teras, étant ladivifibic: mais ^Ifons remarquer qu'il n'exclut pas la priorité de nature, ou ce qu'on appelle aa- tcnonié in Signa raiionls, & qu'elle Tuffit. La pro- duflion, ou action, par laquelle Dtcu produit, eft antérieure de nature â rexiftence de la Créature prife en elle-même, avec fa nature & fes proprié- tés neceflaircs, ell antérieure à les affcâions acci- dentelles 8c à fo attionsj & cependant toutes ces chofcs fe trouvent dans le même moment. Dieu produit la Créature conformément à l'cxiftcnccdcs inftans précedeiis, fuïvant les loix de là fagofic; & k Créature opère conformément à cette nature, qu'il lui rend en la créant toujours. Les lîmitatioDS & imperfeflions y naillènt par la nature du fiijet, qui borne la produâion de Dieu i c'cft la fuite de l'itnperfêâion originale des Créatures, maïs le vi- ce & le crimè y naifTcnt par l'opération interne li- bre de la Cràiture, autant qu'il y en peut avoir dans rinnant,''8c'qui devient notable parla répé- tition.
3S<). Cette antériorité de nature eft ordinaire en Philolbphie; c'eft ainlï qu'on dit, que les décrets de Dieu ont un ordre entr'cux. Et lorfqu'on at- ïribue à Dieu (comme de railbn) l'inwlligence desmloniicmens, Sidcs CDolequencet det Créa- Dighizedby-Cooglc^ ■ET LA Liberté' de l'Homme. IIL Par. 44.1 turcs t de celle lôrtc que toutes leurs dcmonlïra- tioas iSc tous leurs ryllogiriiies lui font connus, flc fc trouvent émioemmenc en lui; l'on voit qu'il y K dans les propolltions Od vcrïtés qu'il cannoii: ua ordre de gature, làns aucun oidre ou intervalle du tems qui le folle avancer en connoilFancc, & pallbr_ des premilTes ^ li conclulion, 3po. Je uc trouve rien dans les raifonnemena qu'on vient de rapporter, à quoi cette conlidora- tion ne iàtistiiTc. Lorfque Dieu produit \i cho- ie, il h produit comme un individu, & non pas comme un univcrfel de Logique, je l'avoue; mais il produit fon eflëncc avant les accidcns, fa nature ^vanc lès opérations, liiivaat la priorité dcleur na* ture, 8c ta Skao mttrifrt rationh. L'on veut par U comment a. Créature peut être la vraie caolè du péché > £tns que la eontèrvation de Dieu l'cm- pécne; quifè règle fur l'ctac précèdent delà même Créature, pour fuivre les lois de fa fageflc non^ obftant le péché, qui va être produit d'abord par Ja Créature. Mais iteft vrai que Dieu n'auroituoinc créé l'amc au commencement dans unétac ou elle auroit péché dès le premier moment, comme les Seholaitiques l'ont fort bieuobièrvé: cariln'yariea Jans les loix de fà figcffc, qui l'y ciàt pu porter, 391. Cette Loi de la ftgelie fait auffi que Dieu reproduit la même fubflance, la même ame; c'eft ce que pouvoit répondre l'Abbé (juc M. Baylc ia* ttoduit dans fon Diftïonnaire (artic. Pyrrhon. let. B. p. i+î 1.) Cette fagellê fait la liaifon des chofeî. J'accorde donc que h Créature ne concourt point avec Dieu pour le conferver j(de la manière qu'on vient d'expliquer la conièrvation ) mais je ne voi "rien qui 1 empêche de concourir avec Dieu pour Ja produâioii de quelque autre chofc, 8c particii- JUerpment deiba opération inteine; comme feroit .une pcnict;, une volitiOQt cboiçs jécUemcnt dit tiaâcidejar)>^ltaace( Mm ^z. Mais nous voilidc nouveau aux prîtes avec H. Bajlc. il prtîcnd qu'il n'y a point de tels ac- cidenadillîaguésde^fubilancc. Ltsraifom, dit-ii, ^f)rt ww VhUifofhri meitriiti ont fuit fervir à àé' imntTtT <j$ie Ut nce'tdtns nt font pai dts êtres réel- hment diflingHes de U fubjlance, ne [ont fat de fmfiei diffeuliis, et font des argumtni qui acea- àlttit, ^ qu'en ne fnuroil refondre j prenez, la feint, (ajoute-t-it) de ht chercher eu dans le P. Mai- j^fl», ou dmi le P. Maliebrnnche, ou dam Men- Jitur CailH (Profirireur en Fliilorophie à Cïen) ou Hans les Accidentia profligata du P. Sagueni diftifU du P> Maignan, dont on trouve l'extrait dans let Nouvelles de h Re'publiquedes Lettres, yw/n 1701. cnfi-vous voulez qu' un feul Auteur vous Jufffe, choi' flfex. Dom Franfoii Lami Religieux BenediUin, ^ l un de> plus forts Cariefîens qui foient en France, fous trouverez parmi/es Lettres Philofophiqucs im- primées à Trévoux, l'an 1703. celle où par la mé- thode des Géomètres ïl démontre, que Dieuefil'u- nit^ue vraie enufe de tout te qui efl réel. Je fouhaî- teroisdc voir tous ces Livres: 8c pour ce cjuî cft cic cette dernière oppofitïon > elle peut ^trc vrai* âaas un fort bon Jcns; Dieu efl la Icule caufe prin- cipale des réalités pures 8c abfolucs ou des pertec- tions j CMufa ftttmd» aguat in virtute primai- -ïihis lorsqu'on comprend les limitations & les 'privations Ibus les realités > l'on peut dire 'que les aa&s fécondes concourcnc à la pro- -âu£Hon de ce ont eft lîmiié. Sans cela, Dieu tooit la caufe du péché, & mëmi: la cauiè uni- que, 3PÎ. Il eft bon d'ailleurs qu'on prenne garde; qu'en confondant les fubllaoccs avec te accidens, en ôcant l'adion aux fubftancés criées, on ht tombe dans le Spinolifinc, eft un Cartefim»- ine oatré. Ce qui U'agit pomt. nC mérite p6îirt içaomdefubftance: fiks acËîddiïi as feitttyrit Digilizëïrtp' ET LA Liberté I)El'Homme.III,Par.24.Y ^iftingués des fubftauccs; fi la fubftancc créée cft un cire fueccflif, comme le mouvEment; (1 elle no- dure pas au-delà d'un moment, ne fe trouve pas la même, (durant quelque partie aQignable du tcms) non plus que ics accidcnsi lî elle n'c^fcre point non plus qu'une £gure de mathématique, oa qu'un nombre: ]|1ourquoi ne dira-t-on pas comme Spinolà, que Dieu éft la Icule fubftancc, 8c que ks Créatures ne font que des accidens, ou des mo- dificatians? jufqu'ici on a cru que la fubllance de- meure, Se que les accidens changent t & je crois qu'on doit ic tenir encore à ccttcaocioinc doârir ne; les aigumcns que je mc Saaviem â'avoir liH ne prouvant point le contraire, & prcHivant pk« qu'il ne faut.
394.. lfmtJtsabfiir£tét, dit M>BayIe, (p. 779^ qui êiMBint de la pretti^ui' Mli>iSioa,qatÛmtjeut Admetirt entre leifulifiaiieestf leurs aceidtpi,ifi^M fi les Creaturts ^roduifent des accidens, elles auraient ■une puijfaace creMtrice annikUatrice; de fertequ'aà m faurast faire la tnainilre aSion fans créer un nom- bre innombrable ditres réels, ^ fans enrtdnireau juant une infinité. En ne remuant 1 a langue que pvur *rîer m four manger, on crée autant d'aaidens, qu'il f a dt mouvement des parties de la Langue, (^l'oa Jetruit autant d'accident, qu'il y a de punies de ce Sn'mmitngê, qui perdes leur ferme, qui deviennent u ehfUt dufang, ^e. Cet argumentn'eilqu'une ic^wce d'épourantail. Quel mal y a-t-il qu'une ic-; finité de mau\rcmens, une inlînicé de Rgures sais* lent 8c dilparoilftnt à tout moment dans t;Unîv^% .& même dans chaque partie de l'Univers? On peut: démontrer d'ailleurs que cela fi; doit.
Pour ce qui eft de la création prétendue des accidens, qui ne voit qu'on n'a befoin d'aucu- xe puiflànce créatrice pour changer de place ou de A^n, pour fonder un quarié ou un' quarré-loii^, «ni.^tclc^'afltu figure-ae^baaUtoa-pir'lc otoUve- /. ■ " L » ■ ment 5(4-4 Essais sur la Bonté' de DiEtr," ^ ment des ioldats qui font l'exercice j non plus que pour former' une lUbic, en Atant quelques mor- .ceaux d'un Hoc de inarbrci ou pour ^ire quelque figure en relief, en changeant, diminuant on ^augmentant un morceau de cire. La produ£HoB des tnodiScations nia jamais été appellëe erhtimt & c'dtdmfer des ^termes > que d'en époaranter le monde. Oiea produit des uibHances -de rien, 8t les ïùbflances prodoUèat des Accideas par les.ch»i- gemens de leurs limites.
, 396. Four re oui^ft des Ames ou des Formes fitb^tïelles, M. ovjXe a ntîlôn d'ajouter, t^u'Un'y a rien de flHS incommod» pour emx qui admettent Itt formes fttéfiantielUt, que l'objiilion que l'on fiât, qu'elles ne pourraient être produites ^ue par un» veri- mble création, 4"' ^ft Scholafiiques fent pitié » quand Us tÂthint S'y répondre. Mais il n'y a rien de plus commode pour moi, Se pour mon fylt^ •me, <}ue cette mâme t^eâîon: puis que je fou- tiens q^ue toutes les Anlts, Entelechles ou forces primitives, formes filbQantiellcs > &b(hnces lîm- ples, ou Monades, de quelque nom qu'on les puilTc appeller, ne Aurcùent naître naturellement, ni périr. Et je cooçoîd'les qualités ou les forces dé- livacives, ou ce qu'on appelle formes accidentel- les, comme des modifications de l'Entelechie prî- mitire; de même que Icsfiguresibntdesmodifica^ «ions de k matière. C'elï pourquoi ces modifica- tions lônt dans un changement perpétuel» pendant .que la fubftance llmple demeure.. t ■ ■ 397. J'ai 6it voir ci-deffus (part. i. §. 85. 8c icqq) que les ames ne làuroienc naître naturelle- ment, ni être tirées les unes des autres; & qu'il But, ou que la nôtre fuit créée, ou qu'elle ibïc préexifbnte. J'ai même montré un certain milieu «otre une création Se une piéexiltence entierei en trourant convenable de dire que l^me t préexis- - ^ts dvislcs.i&mtaices depuis te conm^^ac^meiit "' ' ■ ■ ' de?
ET LA Liberté' DE l'Homme. IU.Par; ï+y Ses cfiofes, n'etoit que ienfiti7e, maïs qu'elle a- été élevée au degré luperieur, qui cil la Raifon', lorsque l'homme, à qui cette amc doit apparte- nir, a été conçu, & que le corps organifé, accom- pagnant toujours cette ame depuis le commence- ment, mais Ibus bien des changeniens, a dté de-' lermioé à former le corps humain. J'ai jugéanffi qu'on pouvoir attribuer cette élévation de l'ame ieniïtive (qui la feit parvenir à un degré eflëntîel' ■plus fublimc, c'cft >dire à la Raifiin) à l'opéra- tion extraordinaire de Dieu. Cependant il fera bon d'ajouter, que j'aimerois mieux me palier du mi- jacle dans la génération de l'homme, comme dans celle des autres animaux; & ceh fe pourra expliquer, en concevant que dans ce grand nom^ brc d'ames & d'animaux, ou du moins de corps organiques vivans qui font dans les femences, cci ames feules qui font deftinées à parvenir un jour à la Nature humaine, enveloppent la Railbn qui y pa* roitra un jour, 5c que les iculs corps organique» fiint prcfbrmés. Se prédilpolcsà prendre un jour la- ferme humaine, les autres petits animaux ou vi- vans Êminaux, où rien de tel n'êi]; préétabli, étant cOèiitielIemcni differens d'eux, 8c n'ayantricn que d'inférieur en eux. Ccrtc produéiion cft une ma- nière de Trailunhn, mais plus traitable que celle qu'on enfeigne vulgairement; elle ne tire pasl'ama d'une amc, maisfcuicmcntraniméd'unanimé, Se die éi^ite les miracles ftcqucns d'une nouvelle créa* tion, qui fuient entrer une ame neuve & nette dans un eorjn qaî la doit corrompre' ^198. Je iuis cependant nu icntiment dn R. P; Malicbranchc, qu'en gênerai lacréation, entcnduô comme il faut, n'eft pas auffi difficile à admettra- qu'on pourroit penicr, 8c qu'elle eft enveloppée ett quelque h^on dans la notion de la dépendance dcr Gréatureg. '^m( let Phih^ofbvfantfiupiJu^tiditU' iM/-(y^txie-t-il > MeJiMf- Cbrét'um. ^ sk 3O ii* L.3, fim»'- fcggatel lin iiili^ui 94J5 EflsAM SUR, I.A Bônte' de Dieu, /im»iiaent que la Cre.uhnipmpoffi'U, purcequ'ih »e tvttfoivtHt fas que la puiJTanci de Dieu fait ajfeu j^mde ftur fuirt de rhn quelque choft. Maisconfoi- ytm-Si tmeux que la fuipincede Dieu fait capaèledt ftmiar un fétu i II ajoute encore fort bien; (q. j.) Sit» Maiitri étois incréée. Dieu ne pourrait ù mwuvwr > ni enfermer aucune chofe. Car Dieu ne tiul ftmutr lu Matière, ni l'arranger avec fageffefav isconnottre. Or Dieune peut la cenaoilre, t'Unilui Jcnnt l'être: il ne fait tire^fes nnnoijfantts qut Jiti-méme. Rica ni peul agir en lui, »i l'éclairer. . 399. M^BaylenoncontcDï dedircqucnousfbtn- xiec créés contiauelleoteoti ioiïfte encore fur cette autie doârinci qu'à en voadroit drcr, ijuc notr« amc ne jàuroït agir. Voiet comme il en parle, (ch. 14.1. p. 76 j.) il a fret d* eenntiffance du Cartefia- vifmt, (c'elt d'un habile ad verûirc qu'il parle) four ignartr avec quelle forte en afcutenu de noijaun qu'il n'y a point de Créature qui fuijfe produire le meuvt' Vtent, que notre ame eft un fujet purement paljif i l'égard des feafations ^detidéea, ^ des fentimerts 4» deulttér ^ deplaifir, ^c. Si l'on n'a point feujft I» ehefe jufqu'aux volitions, c'efi à caufe des veritét rmeléet; fans cela les a3ei dt la volonté fe Jiroieat trenvét aujppajffs que ceux de l'entendement. Let tnimu raifons qui prouvent que notre ame niforta* point nos idiei j ne remue point neiorgmiu, prour veroient au£i qu'elle ne peut point fermen aoi «âst d'amour éi" nos volitions, ^e. IlpouvoÛajoutCliW aâions vicieurcs, nos crimes.
400. \\ faut bien que k force de ces preuves qu'il loue-, ne Ibieat point telle qu'il croit, puisqu'el- les prouveroicDt trop. Elles feraient Dieu auteur ^»peehé. J'avoue que l'amc ne &uioiC ramucr les «ïgaoes pat une innuence pbylîque, car je croU 1^ ]e corps doie avoir été formé âc tclw forte par avance ■ (jp'U &Që es tciss Et lieu ce qui ré- pcndaux ydoBtct de l'ame i quoiqn'il Sik nai ÎTLALlB8ïlTE'^raL*Ho»tfp. IIL T*AR.l4./ jendstnt que l'ame cft le principe de l'operatioiv Mais de dire que l'amp produit point ïcs çeiïlecs, lès iènfatioas, fes ientimenï de doutair 5t 4e pla»r Cr, c'eft de quoi je ne vois aucune railon. Cfieç moi, toute fubftance fimplc (c'cft à-dire, tome Sibibnce véritable) doit être h véritable caufe im- médiate de toutes fcs aflions!t paffions inteniesî 8c à parler dans la rigueur metaphylique, elle n'en a point d'autres que celles qu'elle produit. Ceujç qm font d'un autre fcutimcnt, 8c qui font Dieu fcul aaeur, s'cmbaraUcçt fins fiyet dans des ex- prefliiOTs, dont ils auront bien de la peine a iç tirer ùas choquet la Religlonî outjre qu'ils clioquen|; ablblument la Raifon., r e ■ 401. Voici pourtant fur quoi M. Baj-le fe fon,- dc. Il dit que nous ne faifons pas ce que nous Ëvons pas comment il fe fait. Mais c'eÛ yi» principe que je ne lui accorde point. Ecoutoos' fon difcours. (pag. 767. Ëc feqq.) C'ejl me cW^ éttnnitnte g«a prefque tous les Fhtiojophti \ il en faut txctpter les Intirprétis il'AriJloie, qui ont admu ua înttllea miverfel, difiipfi de notre tttne ér la cauf^^ dt nos inlelUaioas. Voyez, dam le Dia'mn hlftat. é: çrif Ja remarque E. de l'artieU AvctroésJ «tpnç cru avec le peuple,' que nous fsmoas aSivenent Ùiei. Oà eft l'homme négnmeias qui ne facbe d'urf ^té ^'il ignore absolument comment fe font le^ i4ées, <^ de l'autre, ^«'ii ne fourroit coudre d^itx fomti, s'il ipioroit comment il faut coudreî E/î giW caudr» deux points efl en foi un ouvrage plui dîffî- eila que dt {tindrt dans fort efprit une rofe, des ta pri- piierefiis qu'elle tombe fous les feux, & fms que Uan ait jamtisappris cette forte de peinture! Ne pa- ■ roh-ilfas au contraire que ce portrait fpirimel,eji Jhi M» ouvrage pUts difficile c^ue de tracer fur k »«^^' la figure d'une pur, ce que nous ne fauvm fui»' J/ent l'avoir appris l Nous fommt tqiu tw.V'i'WWï "EssÂis SUR LA Botite' de Dieu", fre, fî nous ignorions comment ilfauti'imphyer; crpcnilani naiisnoits figurons:^us notrt amtefihcau- fe efficiente tin moit-jement de nos bras; ijmi qu'elle 7it fâche ni oii font les nerfs qui doivent ftr'vir à ce mouvement, ni où H ftut f rendre les ef^rits animaux ^i doivent couler dans ces nerfs.Notts éprouvons tous les jours que les idées que nous voudrions rappeler, ne vien- nent point, ^qu'ellesfe prefentent d'elles-mêmes Icrs- gue nous n'y penfens plus. Si cela ne nous empêche ■point de croire que nous en femmes la e.tufe efficiente, quei fonds fera-t'On fur la preuve de fentiment, qui garait fi démonflrativeàM.Jaquelot l L'autorité fur »M idées efi-elle plus fouvenitrop courte que l'autori- té fur nos voHtîans f Si nous eomptitnt bien, nota trouverions dans le coursée notre vie plus de velleiléi mtt Je Veillions: e'efi -à-dire plus de témoignages del'tt firvhuJe denotrevolenti que de fon empire. Combien de f)'ts un même homme a'éprouve-t-il pas qu'il ne fourroit faire un certain uéh de volonté, [farexem- <le un aSe d'amour pour hH homme qui viendrait A 'ofenftr: ua *5» de mépris ^'un beau Sonnet qu'il auroit fait: un ifffe de haine pour fine maiireffe: un uSte d'approbation d'une épigramme ridicule. Notes, qut je ne parlequed'aéles internes exprimés par unie veux; comme je veux méprifer, approuver, &C.J y eût-Û cent pijtoles à gagner fur le champ, ej» fouhaitàl-il avec ardeur de gagner ces cent pifloles, s'animât-it de l'ambition de fe convaincre par une preuve d'expé- rience qu'il efi maître chez foi l 401 Pour réunir en peu de mots toute la force de cequeje viens de vous dire, je remarquerai qu'il tfi évident k tous ceux qui approfondirent les chofei, que la véritable caufe efficiente d'un effet doit te ce (J> favoir aufft de quelle manière il le faut produire. Cel» n'efi pas jieeeffatre quand en n'efl que Vinfiru- mtntdteittteuufe, ou qttê i» fujet paffif de fon ac- tion i mais l'en m Jkurnt eoneevoir que cela ne fett^ {tint ntttffairt k tm viritu^U agmi Qrfim FTCaLiBERTE' de CltoMMB.III. l^^' txammom bita, noHt firms trh-eosvÂÏncm y qn'ia» iéfmdtmmtntù l'exftrimei,iutrt'amfitit tiMffft» ce fw ^tji qu'unt wlHU» > tt que-t'i/l qu'unie tdit. ^u'aprh me Imgttt txftrimtt, illtnt/aitpat- mieux commtnlfe ferment Us-volilhyii, qu'elltUfit- ■voil avmt qut d'avoir voulu quelque ehofe. ^uecm- dure de cela, finon qu'elle ne peut être U caufe e^cieit~ te defes volitimi, non plut que defet idiei, i^quf du moievement du efpritt qutfmt rnnutr net h»ih liNotez. qu'on nefritend fus duiJerîei nbfdHmtnt et— ia, dit n* le confidere nlMh)mtll$ UHX fr'mt'ift> ■ de l'objtahn.} 403. Voilik qot eft' raifimner âTiine étrange ma^- nîere! quelle neceSîté y a-t-il qifoa- ûche toû- I'ours comment le bit ce qu'on &it? Les fcls, es métaux, les plantes, les aaimiuic. Se mille autres corps animés ou inanimés, iàvcnt-ils comment fe fait ce qu'ils font,. 8t ont-ils befôia. dekiâvoir? Faut- il qu'une goûte d'huile ou de riflè entende Ist Gcometrici pour s'arrpndÏB £i£. rurfiu:e de l'eau? Coudre des points eft autre>: eho&i Oa-agi; pour une fin, il ont ea &voiT in ■ moyens, Maii nous ne formons ]ms no& idécsn. parceqoe' nous le voulons elles-'ie -forment en - nous, ellet fi forment ptc nour,- oon^ i»s «k. oon&qnence de notre volonté, mais fîii7antnotr& nature-& celle des choies. Et comme le fœtus le ' forme dans l'animal-, comme mille autres merveil- les ie la nature font produites par un certain lu/î/n^iÈ que Dieu y a mis, c"dt-à-dirc en vertu. de ia fré- firmation divine, ^ui a fait ces admirables automates * ■ propres' à produire mécaniquement de lï ^cau» edècs; il eft aîfê de juger de même que l'ame eft ■ un automate Jpirituel, encore plus aamirable; -Sc> - que c'eft ^ h. préfonnation divine, qu'elle produit) ^ ces beUe*idéss,oti;itotre volonté n'a point dé parti' tu oà.notK art ne âtiroît atteindre. L'operatîoft.> <3eB>AatopitA«l ^Uituels « c'<ia-à-4ire des Ame*^ 3tf{9 Estais stnt. la Borts* de Dieu,' n'eft puntméchaniquci msis elle contient émineni' meut ce qo'il y a de beau dans la méchaniquc: k& aiouremeas développés dans les corps, y étant concentrés par k repreièiitatioili conttne cina m. Monde îdeu, qui exprinie les loix dn Monde ac- tuel Ce leurs fuicesi avec cette difTerencedu Monde idé»! partit tpij eft en Dieu, que b plupart dca perceptions dans les autres ne lont que coufu&s. Cai U faut fôvoir que toute fubOincc limpic enve- loppe l'Univers par ics perceptions confufesoufen- titnenj, Se que la fuite deces perceptions cftiegléc par la-nature particulière de cette Jubftaacci mai* alioe manière qui exprime toiijours toutela uatii* le irnivericllc: Se toute perception ptelëntc teadà UftparceptionnauveUe, comnie toutmouvviBenft Aii'eile rnireiènce tend à un autre mouvement* Mais il elt impoflîble que l'amc puiflè connoltre diftinâement toute & nature, 6c s'appcrccvoir com- ment ce nombre innombrable de petites percep- tions > entaflees, ou pliitôc coucentrées cnicm- ■ ble, s'y forme: il faudroit pour cela qu'elle con- aûc par&iieiaenc tout l'Univers qui ^.ut eoTelop-' ^a, c'eft-i-diire qu'eue lue un Dieu.
404. Faur ce qui eft des ytiluiét; « ae Coat e^icce &rc impar&ite de^ voloHtés condii- Mi&iwllet.. jcvwàïtàs, û je -paa^oisi liitret, fi Ueertt £ 9t Sas ia cas d'une vdieïcé nous ne vou- I01U pas proprcmentvouloir, mais pouvoir..C'elt «cquLfjit qu'il -a'j en a point en Dieu. Btilnefaut point les confondre avec Ifcs volontés anteceilen- tcs. J'ai afîcz expliqué ailleurs, que notre cm pire.- £«■ les voiitions ne làuroit être exeicé que d'une- maniera indircâe, & qu'on Icroit malheureux, lî, l'on étoit aflèz le maître chca foi pour pouvoir vouloir &as fujct, làns rime £c Suis railon. Se plaindre de n'avoir ws uu tel empire, ce Jcroie aiOMoœc comme Pane ^ qui trouve à «dire à h: luiiTance^Qieui {aKcqaiLne ceucinmt àé^: mm..; 4<3£i Digilized by Google 4of. J'arois dclTeia de finir ici, après avoir là. tîtraic (ce me fcmbkj à toutes les objeiSions de- M. Baylc fur ce fujet, que j'ai pu rencontrer dans- Ics Ouvrages- Miis m'etaot fouvenu du Dialogue; de Laurent Valla fur le Libre-Arbitre contre Boe- ce, dont j'ai déjà fait mention, j'ai(cru qu'il fe- toit  projias d'en rapporter le précis, en gardant U forme du dialogue, Se puis de pourfuivre, où il finît I en coadnuaot la fiâion qu'il a commencée: Etccli bien moinspouré^jer la matière, quepour sa'ezpliqucr fur la fin de mon Difcours de la mz- pi/tn la plus claire & la plus populaire qui me Ibit nolSt>le. Ce Dialogue de Valla, St. Ces Livres fur la volupté & le vrai bien, font aflêz voir qu'il n'c- , toit pas moins Philofophe, qu'Humanillc. Ces quatre Livres ctoient oppofcs aui£ quatre Livres de la Conlblation de Boece, & le Dialc^ue au cia- quiéme. Un certain Antoine Glarea Eiba^nol lui demande un éclair cillëmcnt fur la dilHculté du Li- bre-Arbitre, auHj peu connu qu'il eft digne de^ tre, d'où dépend la julïice Se l'injullice, le cUtî^ ment Se la récompenié dans cette vie. Se dans la we future. Laurent Valla lui répond qu'il fjut ft Cpnlôler d'une ignorance, qui nous clt commune avec tout le monde, comme l'on le coniblc dsn'a- voir point les ailes des oil^ux.
406. Âaiaini.- Je iài que vous m&pouvez ddh- BCi ces^iiescommc un autre I^edole, pour fortir- de lit pii&m de rigimanc&, & pour m élever jui— U-i^oa de W Vérité, qui efl la patrie des - «mes. Lct Lïmrque j'ai vus ne m'ont point là-* tîs&ît'. pas m£me le célèbre Boëce, qui a l'appro- bation generaic. Je ne fai s'il a bien compris lui- même ce qu'il dit de l'entendement de Dieu"Si. de l'jitcrmté lupcrieurc au tems. Et je vous dSman- de votre feniimeat fur fa manière d'accorder la ' jrefcieacc ggçc la-libetté. Z-iWrfii/. J'appréficnde 4»4bcqï».^^'4^ 'g<iu* «i;c&buit ce grand a^a Essais sur la Bonté' de Dieu; homme; je veux pourtant préférer à cette crainte- L'égard que j'ai aux prières. d'uQ ami, pourvu que vous mcpronlEttiez...Att-.Quoi? Laur. C'eftque lorsque vous auicï dîné chez moi. roas ne àe- nandcrez point que je vous donne à louper-, c'cfl— ^dirc, je oefire, quc^vous foyez-coocent delftfo- '. lutimiïe la qucfiion qus vouf m'ayca fiùt«'t ûat^ m'en ptopolcF une autre.
4of. J(ot.. Je vous le promets. Voici le point (Is la. difficulté: Si Dieu a prévu k trahifon de Ju- àM, ii.étoic neceflâirequ'ii trahît, il étoit impoLU- blc qa'il ne trahît pas. Il n'y a point d'obligarioa. àrimpolïlble, iliiEpechoitdoacpas, ilnemeritwe point d'être puai CeladétruitlajufliccSclareltgioii> avec la crainte de Dieu. Laur. Dieu a prévale p»*.- ché> maïs il n'a point forcé l'homme ilecoiQ-n jitettKLi Icpcchc cil volontaire, jini. Cette.TolaH'. té: étoït neceflàire, puisqu'elle étoit prévue.' LMUTt* Si ma fcience ne iàït pas que les chofes paflees oU' >rerentes cxîltent, ma prérdence ne fera pas non.. plus cxiftcr les futures..
4.08 jùtt. Cette compirailbn cft trompeufc, le: prcljént ni le paiïe ne lîiuroient être changés: ils- fenc déjà necelTaires, maislefutur, muablccnfoî,. devient fixe & necefTaïre par la préicience. Fei- gnons qu'un Dieu du. Paganifme ie vante de iàvoip falicnir, jeki.demanderais'ilJàit quel pied je met- tcai devant, puis je ferai le contraire de.ce qu'il* sirikprédit. Zonir. Ce Dieu iàitce quevxius^ou-- drex^irci ^vti Comment le làit-il, pui^ue j& Êrai le contraire de ce qu'il auradit, & je^uppo- & qu'il dira ce qu'il penie? Laur, Votre fi£tione[t ' £iuue: Dieu ne. vous répondra pas, oU' bien s'il, vuuïvépondoit, la vénération que vous auriczi pour Im., vous Feroit hâter de faire ce qu'il aurait Sa. prédifiion vousfcroitun ordre. MaisnouS' arooe- changé àe quelïion. Il ne s'agit point decc: ■gunicagiédinii mûs.dfi ce qii'il.piévoit. R-c-r- ÊTtA Liberté' DE l'Homme. HT. PaC aç^ venons donc à la prcfcience. Êc diftinguons entre le neceflaire gc le cctrain: il n'eft pas.impoffible. que ce qui cft prévu, n'arrive pas, mais il cft îa- àillible qu'il arrivera. Je puis devenir foldat OU- Viètre, maisjeneledeviciulrai pas.
409. Jlnt. Ceft ici que joTous tiens, k règle, des Wàloft>ph« veut que- tout ce qui cft pofliblc. peut- être ctmfîdcré comme exillant. Mais û ce que vous dites être poflible, c'eft-à-dire un évé- nement de ce qui a été prévu, ariivoit aâuelic-,- ment, Dieu ic leroit trompé, iiiwr. Les règles des Philoibphes ne font point des oracles pour inoî. Celle-ci particulièrement n'eft point exaae. Les - ieax contradifloires font Ibuvent polTiblcE toutes deux, eft-ce-qu'elles peuvent aufli exilVer toutes, deux î Mais pour vous donner plus d'éclaircillè- aienti feignoiu que Seitus.Xarquin lus ^venant k Delphes pour coofultcr l'(^açlc. d'Agollgii ]pour léponfe:.
Exul inopf^ue cades irata pulfns aè uttu _ Paivrc bc banni de ta patrie, ■ On te verra perdre la vie.
Le jeune homme s'en.piaindra: je vous ai apporté' an prefent R«yal, ô Apollon, & vous m'annon- tel. un lôrt lî malheureux. Apollon lui dira: vo- tre prefent m'Cft agréable, & je fais ce que vous * me demandez, je vous dis ce qui arrivera: Je Tat l^avenir, mais je ne le fais pas. Allez vous plain- dre à Jupiter & aux Parques, Sextus feroit ridi- cule, s'il continuoit après cela de fc plaindre d'A- pollon i n'eft-ii pas vrai? Ant, Il dira: Je voui icmcrcici ô Saint Apollon, de m'avoir découvert la. vérité. Mai» d'où vient que Jupiter eft fi cruel à mon égard, qu'il préparc un deftin fi (Jur à unr iMUtque.iDOOc^K ». à un a^oiateui: religieux des> r. ' h-l. piciitxîr 1 5^4' Essais sur LA Bojïte' de Diev, Dieux? Lii«r. Vous innocent? dira Apollon. Sa^ ches que vousferezfiiperbe, qucvouscommettres ^es adultères, qae vous &iez traître à la patrie. Sextus pourroit-il répliquer: C'cft vous qui en êtes- la caule, à Apollon, TOUS me forcez deief^ire, en le prévoyant î jùit. J'avoue qu'il auroït perdu, leièiis, s'il fiùfiiit cens réplique.- JUw. Ponck- mitre Judas ne «»c pmnt iè dswdreooo plu* de U préfinence de Dieu.- Et voui li {olutioB VQ^ ^e queftion.
410. Aat. Vous m'avez làtisfait au-delà de ce que j'cfpcrois, vous avct fait ce que Boëcen'a pu raire: Je vous en ferai obligé toute ma vie. Laur. Cependant pourfuivons encore un peu notre hino^ rieitc. Sextus dira, non, Apollon, je ne veux- point faire ce que vous dites, jint. Comment! di- ra le Dieu, je lêrois donc un menteur î Je vaut- 3c répète encore, tous fcreK-toutjceque je vtca^ dédire. Laur. Sextus pricroit peut-être les Dieux changer lesdeftïnsi delaidcumettinjiirïlqircoeur.. rfdbu. On bà léjifa^xàti. -.. -.
H' ne fàuroit feire mentir la préfciencc divine^ Mais que dira donc Seitus,-n'édatera-t-iJ pas en plaintes contre les Dieux? nedira t-ïl pas/ Com- ment? je ne iùis donc point libre? iln'eâpasdans mon pouvoir de fuivre la vertu? Lbht. Apollon lui dira peut-être: Sachez, mon pauvre Sextus, • que les Dieux font chacun tel qu'il eft, Jupiter a fei[ le loup raviflânt, le lièvre timide, l'àiw iotSc- le lion courageux. 11 vous a donne une anu, méchante 3t incorrigible, vous agire» conlwmé- ment à votre naturel.. Je Jupiter vous traitera, comme vos a^Hons le meritorwit, il en a juré pat Digilized by Google