s> net, qu'il ne se sentît tousjours de >» la passion de celuy qui le fait, et J> qu'il en estoit comme des eaux, J> qui retiennent la qualité' des veines » de la terre ou des mines par les- » quelles elles ont passé. Il avoit }> surtout une souveraine aversion '> pour ces sortes de gens, qui vont » dans les maisons, pour sçavoir ce » qui s'y passe, pour faire parler » ceux qu'ils y trouvent, et pour » rapporter ensuite ce qu'ils ont j> comme extn-que' de leurs bouches }> parleur ruse et par leur artifice...5> (56). Il disait qu'il y avoit beaucoup >' de danger à croire légèrement ce î> qu'on disoit des gens. 11 estoit sur >» ses gardes à cet égard (5y). » La maison d'un tel pasteur n'avait garde d'être le réduit des nouvellistes, c'eût e'té un grand désordre. J'ai parlé de cela ci-dessus, dans la remarque (H) de l'article d' (Henri ) Alting; et j'en parlerai encore dans la remarque (N) de l'article de (Janus) Grhtebus.
(H) On jugera par l'écrit dont je parle ci-dessous, combien sa confersa- tion était docte. ] Cet écrit est inti- tulé: Mélange critique de Littératu- re, recueilli des Conversations de feu M.Ancillon (58). Il fut imprimé à Bâie, l'an 1698, en deux volumes in- 12 *, par les soins de M. Ancillon l'avocat, tils aîné du ministre, et qui s'était déjà fait connaître dans la république des lettres (Sg). J'aurai souvent à par- ler de ce mélange; et si quelquefois je ne tombe pas d'accord que tout y soit bien exact, ce sera sans avoir la ridi- cule prétention que cela puisse préju- dicier, ni à celui qui a dit ces choses, ni à celui qui les a données au public. Il faut bien plus admirer que feu 1\I. Ancillon, parlant sur-le-champ, ait eu tant d'exactitude en plusieurs en- (56) Discours sur la Vie de M. Ancillon, pag. î2g.
(58) Voyez le Journal de Leipsicli, mois de * CliauTepié, d'après Nicérnn, dit que le Mé- lange critique, 1698, a 3 vol., et <|ue la réim- pression de 1702, un vol. in-12, a été désavouée par Ancillon, parce qu'on y a fonrré des choses qui font tort à la mémoire de son père et à lui- même. L'édition de 1698 n'a que deux voinraes; mais on y ajoute comme troisième volume le Discours sur la Vie d' Ancillon, qui est promis sur le titre des deux autres.
(5g) On a divers ouvrages de sa façon, la plupart anonjmet.
77 droits, <|ue trouver étrange que sa mémoire n'ait pas été exacte partout: et, pour ce qui est de M. son fils, il a dû donner les choses telles qu'il les avait recueillies de la bouche de.M. An- cillon. Voyez ce que je remarque tou- chant le Alénagiana ^6o): le cas est pareil. On verra dans la préface de ce mélange pourquoi il n'a pas été inti- tulé Ancilloniana.
(60) Dans la remarque (A) de l'article MtNÂGE.
ANCRE (Le Maréchal d' ). Cherchez Coxci.vi.
ANDLO (Petrus ab), nom sup- posé, sous lequel un cartésien se cacha, pour écrire contre la dissertation de Ahusu philoso- phice cartesianœ surrepente et vilando in rehus theologicis et Jidei. M. Des Marets, professeur en théologie à Groningue, au- teur de cette dissertation, l'avait publiée en 1670, pour représen- ter aux églises protestantes les grands maux qu'on avait à crain- dre, si l'on souffrait que les opi- nions de M. Descartes passas- sent des écoles de philosophie en celles de théologie. Quelques mois après, on vit paraître un écrit, intitulé Pétri ab Andlo, Batavi, Spécimen confutalionis dissertationis de abusu philoso- phice cartesianœ, etc. Jamais réfutation ne fut écrite d'un style plus violent: M. Des Ma- rets y fut traité de la plus déso- bligeante manière du monde. Il ne demeura pas en reste: son apologie parut bientôt, intitulée P'indiciœ dissertationis de abusu philosophiœ cartesianœ, oîi il n'y eut sorte d'injures qu'il ne déchargeât sur la tète de son ennemi. Il le traita de très-im- pudent socinien, de spinoziste, d'impie, de non-chrétien, d'àr-S AND thée. Petrus ab Andlo publia fort promptement sa réplique, intitulée Animadi>ersiones ad vindicias dissertationis quam Samuel Maresius edidit de abii- sit philosophiœ cartesianœ. S'il avait été emporté dans sa pre- mière dissertation, il le fut encore plus dans la seconde; mêlant néanmoins, comme la première fois, plusieurs gogue- narderies parmi les traits de sa co- lère. Il nia fortement qu'il con- nût Spinoza, qu'il l'eût jamais vu, ni qu'il approuvât ses sen- timens (a). M. Des Marets reçut un second écrit de Petrus ab Andlo le 19 décembre iftno, et le réfuta avec tant de prompti- tude que sa duplique fut achevée le 3 de janvier suivant {b). Elle est intitulée Samuelis Maresii Clj- peus orthodoxiœ, swe vindicia- rum suarum priorwn pro sud dissertatione de abusu philoso- phiœ cartesianœ...vindiciœ posteriores, etc. L'auteur déclara qu'il n'écrirait plus contre cet homme de néant (A); mais qu'il serait toujours prêt d'entrer en lice pour la vérité avec un ad- versaire savant et honnête, qui n'aurait point honte de se nom- mer. Il tint sa parole; car il laissa sans repartie le troisième écrit de Petrus ab Andlo, inti- tulé Specimina Boinbomachiœ Samuelis Maresii se defendeniis clypeo orthodoxiœ, ceu vindi- dis vindiciarum dissertationis de abusu philosophiœ carte- . sianœ- Ainsi finit une dispute qui vérifia le proverbe, nullum (a) Spinozam non nofit Petrus, nec vij.it, nec aiidivit, nec absurda ejiis dngmata pro- bal. Animadvcrs. ad Vindicias, pag. 7.
(i) Vindic. Vindiciarum Ui^stilat. sub fin.
LO.
violentum. durabile, d'ailleurs» faux assez souvent dans les guer- res d'érudition (B). M. Des Ma- |j rets ne put jamais déterrer le aJ véritable nom de son adversaire (C). Il parut en lôyS un petit livre in-4*'., intitulé Danielis ab AiVDLO, Pétri filii, Rar/^yopos ài5'£),'j)wv DiSY/ôpEvoç, sive ad cla— rissimi theologi Samuelis Ma- resii Tractatum brevem de stU" dio theologico Notœ brèves.
Notez qu'il y a un vrai Andlo parmi les auteurs (c). Il était d'Alsace, docteur en droit ca- nonique, et chanoine de Col— mar {d). Les deux livres qu'il composa de Imperio romano y Régis et Augusti inauguratione, etc., deque Officio et Potestate electorum, etc., furent publiés à Strasboijrg, avec des notes, l'an i6o3, par Marquard Freher *.
(c) Petrus de Andlo.
(d) Mich. HertziLis, Biblioth. Germ., * Cet Andlo fut, dit la Biographie uni- verselle, recteur de l'universilé de Bâle en 1471. La bibliothèque de Bâle conserve quelques-uns de ses manuscrits. Son traité de Fmperio, etc., a été re'imprimé en ibiSL, (A) Des Marets déclara qu'il n'é- crirait plus contre cet homme de néant. ] Le terme dont il, se sert est le même que celui que rÉoriture em- ploie confre les dieux des Gentils, en les nommant des dieux de tiente. ^/jj- m,o non ulterius liane serram cum hoc stercoreo homine reciprnc/mdi (i). In anlecessiim me proteslurl nihil anip/iùs mlhifuturum ncf^otii cum hoc hominis sterquilinio et inftuni nebutone quem pudel sut ipsius {i).
(B) [-e piouerbe Nullum violentum durabile est faux assez souuent dans les guerres d^erudition. ] Nous n'irons (i) Mares. Vindic. Vindiciarum Dissertât. sub yin.
ANDRADA. ^^ pas loin sans trouver nn exeniple de où le roi Sébastien l'avait envové ce que le ms. Les querelles de M. Des «„„,ri,û i'„.,,i,.1 » ■ -^ mement violentes, et durèrent ])rès (^/'- ^' P^'^'^ha devant l'assemblée de trente ans, tout autant que la le second dimanche après Pâ— guerre d'Allemagne, qui finit à la ques!i562. I! ne se contenta pas pa.x de Munster...des services qu'il rendit en exterrer son vrai nom. ] Il y employa P'jqu^'"»t 'es matières sur quoi inutilement SCS conjectures, et les re- on le consulta, il voulut encore cherches de ses amis; de sorte que, se employer sa plume à la défense lassant d'une chasse si infructueuse, Jes canons de ce concile C'est il prit le parti fie laisser son adver-,1 /.. i,, saire sous le masque. Qids sil ilie lar- ^^ 4"'.' "^ dans 1 ouvrage qui a fatus Petrus ab Andlo, Batavus...ut pour titre, Oithodoxarum Exnei: hartmùs conjectura assequi, nec plicntioiium Lihri X [b). Il réil parle au commencement de son 4"^ themnice avait publie con- C/rpcus orlhodnxiœ. Ses amis, rëpau- tre la doctrine des jésuites (A), dus partout, et faisant envers lui les avant la clôture du conci'e de bons valets avec plus de zcle que de Trente: etcomme Chemniceprit discerm ment, comme il arrive près-. 1 p ■ l^»>t que toujours à ceux qui passent pour ^'^"*^ occasion de iaire un trèsle H(=au'd<'s novateurs, lui firent ac- gros ouvrage qu'il intitula, Exacroire qu'il y avait en Zcëlande un mi- men Concilu Tri dent i ni, An- ,, ^,,, ^ '• Il ui-.1 urauius se ci ut oblige de niaina la uUe de Cocceius. Il publia cette. •. o,. ^"'"" nouvelle à telle fin que de raison 5 mais ^^^^"^ «^" premier écrit contre ayant siirjuelegendredeCocce'iuss'ap- ce docte adversaire (B). Il compelait Anselaer, il lui fit faire ses excu- posa donc un livre, que ses deux ses: Apud R. D. Anselaer cara.i me fj-j^j-g, publièrent après sa mort set ex relaiione hnnesti cujusdam R. ^ L,lSbonne, i an 1 Snb, et qui a firi, etiani in Girtesianismum...pro- pour titre, Defensio Tridenlinœ ninris, cui non erat cur nhro asserenti fidei CathoUcœ quinque libris ûdem detrectarem (3). Il dit fiuelque '/^,^,l,,,«^7,^,.„^ „j. • 7 part que le bruit courait que trois ',. -ni-'cti personnes avaient travaille à la de- '^''"'"^ Calwnnias,et prœserlïm fense de Wittichius, et qu'ils avaient Martini Kemnitii. Ces écrits publié leur travail sons le feint nom d'Andradius ont été réimprimés dony me, que je crois être Régnier de Iisson ne put les trouver dans Mansvelt, professeur en philosophie toute la rue Saint-Jacques (C).
(3) vindic. vindiciarum, pag^. 6. Hque qui ait été plus cité crue (4) In Judicio de Theologiâ Pacificâ Wlui- ^ «hii.
' Dans Placcius (f- idj, «) on rapporte [a) Palavic, Hist. Concil. Trideut. lih les propres paroles de Baye, sans indiquer XIX, cap. XVI, num. n. 1 auteur de louvrage dont il s agit ICI.,i\^, ' Ib) Imprime à Colof-ne, en 156^. Le prc- ANDRADA (Diego de payva d') rt.r^^r';::;^:::/^^:^:^^:^ en latm Andradius, savant por- ^1°"^ en 1565. Du Veiditr, BibhoiL. Fwutugais, natif de Coninabre, se?-;<;• ^«^^^266.
signala dans le concile de Trente,,„i, / ^i'^S^.'"'""' '*'''''''• '''^="- 8o ÂNDRADA.
lui par les protestans: c'est à rnier écrit contre ce docte adi^ersaire. ] cause qu'il a soutenu des senti- Cet éloge est dû à Cbemnice -et.dans ^ ^,,,. Je tond, 16 ne dis pas plus de bien de mens un peu outres sur le salut j^^^^ f,„e don Nicolas Antoine. Il semdes philosophes païens. Il était ble d'abord que ces paroles de i'écriprédicateur: on a publié ses 5'er- vain espagnol, cui cùm reposuisset liions en trois parties, dont la profllgaus^imus hœreticus Ubrum in seconde a ete traduite de portu- ecdesiam conlumdias intorquebal, gais en castillan par Benoît de descemlere denub in campum sibi Alarcon (d). La Bibliothèque opus esse Pau'a uidit, ut immanent des écrivains espagnols ne parle hoste"itotis.'iribusprofiigaret, soient point de tous ses ouvrages (D). ^^.^^^ Q^ies pèse bien, on les trouve On a donné bien des louanges à propres à inspirer de la vanité à Andradius (E): on les trouvera Chemnitius. N'est-il pas bien doux dans les remarques.?^ se voir traite comme le Goliath et T- le rolypheme de son parti, par ceux {d) Ex Nicolai Antonii Bitlioth. Hispan., du parti contraire, lorsqu'on croit toin. /, pag. 236. d'ailleurs soutenir la bonne cause?
(A) llrépondit a un écrit de Cheni- (C) IH. PelLissonne put pas trouver nice contre la doctrine des jésuites. ] ses ouvrages dans toute la rue Saint- Un ministre luthérien, qui a fait l'é- Jacques. ] Un récit sur ce sujet ne dé- loge de Chemnitius, s'exprime de plaira pas aux curieux. M. Leibnitz, cette manière: Brève quidem, sed dans ses remarques contre les ré- neri'osum scriptum, durante adhuc flexions sur les diOérens de la reli- concilio Tridentino, jesuitarum theo- gion (3), allégua entre autres choses, logiœ opposuit, ciijus Opusculi ciim qu'Andradius a t'ait un livre intitulé, andradius Lusitanus in se suscepis- JLxplicationes orthodoxœ de conlro- set refutationem, Chemnilio occasio- uersis religionis capitibus, où il en- fiem subministrai-'it conscribendi in- seigne en ces propres termes, que les signe illud...0/)«i, <7mo(/ Tridentini philosophes qui ont employé toutes concilii examen nuncupafit (i). J'a- leurs jbrces pour connaître un i/rai joute à cela un passage d'Eisengrei- Dieu, et pour l'honorer religieuse- nius, parce qu'il paraît fournir une ment, ont eu la foi qui fait i'ii're le petite matière de critique. Cet au- juste...-^ que ve serait la plus grande teur prétend qu'Andradius a fait des cruauté du monde ( neque immanitas merveilles contre les hérétiques dans deterior ulla esse potest ) de condam- nes explications orthodoxes, et sur- ner les hommes aux peines éternel- tout contre Chemnitius: Prœsertïm les, pour auoir manqué d'une foi a contra Martini Kemnitii petulantem laquelle il n'y avait pas moyen de audaciam, qui coloniensem censurant, pan'enir (4). M. Pellisson répondit quant a viris societatis Jesu coniposi- â'ahorà, qu Un avait jamaisvu cet au- tant esse ait, una cum ejusdeni sanc- teur, et qu'il le chercherait par ciirio- tissimœ societatis uitœ ratione tenierè site, quand il serait à Paris (5). Quel- calumniandam suscepit (2). Nicolas que temps après, il fit savoir qu'il avait Antonio, après avoir cité ce passage, cherché avec soin le livre du docteur censure Eisengreinius d'avoir cru portugais Payva Andradius; « Mais, qu'Andradius était jésuite: Hœc ille, « rjouta-t-il (G), ce n'est pas une pe- àil-il, Jàlsus saltem in eo quod Andra- )> tite affaire que de le trouver à Paris. dam nostrum ununi ex jesuitico soda- » La rue Saint-Jacques ne le connaît lilio credidit. Si cette censure n'a «pas: les bibliothèques les plus nom- pas tl'autre fondement que les paroles » breuses ne l'ont point, non pas {h) Andrada maintint son pre- ae la Tolérance.l,s Ildigions, pas- 19. Il f»».
(a) Iii CaUlogo Test. Vcrilatis, apuù Nicol. (>) ^« nicme, pag. 71.
Anton. Bibl. Uisp., tein. I, pag. a'iS. (0) Là même, pag. 83.
ANDRÉ.
8r » même celle des je'sultes, ce qui est de Conciliorum autorltaie, dont Pala 3> remarquable, parce qu'il a écrit en vicin a cite' le i'"'. livre (o).
leur laveur. A la fin on me Fa dé- '» terre dans la Bibliothe'que de Sor- )^ bonne. M. l'abbc Pirot, personne » de mérite s'il y en a aujourd'hui » en France ni ailleurs, et l'un des )' plus capables et des plus illustres 3) sujets de cette maison, qui ne oon- « naissait cet auteur non plus que 3) moi, s'est donné la peine de le lire à » ma prière...Cet écrivain a du me- 3) rite, et n'est pas un scolastique » sec et décharné, comme sont tant 3) d'autres: on lui trouve partout de » l'esprit, de l'élégance et de la viva- 3) cité, fort au-dessus du commun j et 3' il répond en un mot à la réputation 3> qu'il avait dans le Concile de i> Trente. » Il est étonnant qu'un livre, si peu connu aux plus grands libraires, et aux plus nombreuses bi- bliothèques, ait été cité par cent au- teurs qui n'avaient guère de livres: cela, dis-je, est étonnant pour ceux qui ne savent pas que l'examen du Concile de Trente par Chemnitius est im livre fort commun, et qu'on y trouve de quoi citer à perte de vue le docteur Andradius. Cent autres au- teurs ont parlé aussi fortement que lui pour le moins sur cette matière, comme la Mothe-le-Vayer le montre dans l'un de ses livres 1^7). D'où vien- drait donc qu'ils n'auraient pas été cités aussi souvent qu'Andradius, (E) On a donne bien des louanges h andradius. ] On a déjà vu le juge- ment que M. Pellisson a fait de lui. Osorius, dans la préface qu'il a mise au-devant des explications ortho- doxes d'Andradius, lui donne beau- coup d'esprit, une ardente applica- tion, l'intelligence des langues, le zèle et l'éloquence d'un bon prédica- teur. Voici ce que hosweide en a dit: ^d Conciliuni Tridenlinwn et profun- dissiini theotogi nientem, et linguaru eloquenlissinu oratoris atlulit (10).
(9) Idem, lib. XXI f^, cap. X, num. i".
(10) In Lege Taiionis Casaubono retatiatâ, aputl Nicol. Antoaium, Com. /, pag. 236.
ANDRÉ (Jean)*', fameux ca- noaiste du XIV*. siècle, était fils d'un prêtre (A), et naquit à Mu- gello, auprès de Florence. Il était encore fort jeune lorsqu'il alla à Bologne pour y étu- dier (a). Il aurait eu de la peine à vivre, s'il n'y eût rencontré une place de précepteur **; mais avec le secours que cet em- ploi lui procura, il fut en état de s'appliquer tout à son aise à l'étude du droit canonique, en quand il s'est agi d'excu.ser Zuingle quoi il fit de très-grands progrès par voie de récrimination, ou de re- s^ys ]e professeur Gui de Baïf (/^). procher aux papistes qu ds ont penche ti i ^ • t. t.- vers les hérésies de Pelage? d^où est- ^^ ^"^ toujours un respect parti- ce, dis-je, que cela viendrait, si j'avais culier pour la personne et pour ruai indiqué la cause des fréquentes les gloses de ce professeur; car citations d'Andradius? il n'avait pas moins de déférence (D) La Bibliothèque des écrii^ains espagnols ne parte point de tous ses out'rages.l On n'y trouve point le li- vre qu'il composa sur l'autorité du pape pendant la tenue du concile, l'an i562 (8). Les légats du pape, très-contens de cet écrit, l'envoyè- rent au cardinal Borromée. La cour de Home en fut extrêmement satis- faite: le pape lit remercier l'auteur très-obligeamment. Je crois que cet ouvrage n'est point diilerent de celui (7) j4 la fin de son Traité de la vertu des Païens. (8; Palavic., lib. XIX, cap. XFI, num. 7.
TOME n.
pas pour ces gloses, que pour le texte. 11 lui avait une obligation qui *' Joly prouve qu'il fallait appeler ce per- sonnage, Jean, Jils d'André, et noa Jean André.
[a) Bononiam admoditm adolescens venit, iibi oh paupertatein pcedagogum gessit, Scarpectam filintn Mainardi Ubaldini eru- diendo. Vohterr., lib. XXI.
•^Leclorc leniarqueque Pancirole a réfu- té Volateiran sur ce point.
•h t // est plus connu sous le nom d'Archi- diaconus, r/ui était celui de la dignité ecclé- siastique (ju'il possédait à Bologne. Dou- jaliiis, Pirt*nolioa. G'iaoucar. pag. 602.
82 AND est orcliuairement plus sensible que celle de l'instruction. Gui de Baïf, s'étant aperçu que, faute d'argent, il n'osait deman- der le doctorat, le poussa à le demander, et le lui fit obtenir gratis. C'est Aîidré lui-même qui fait cette confession (c). Le même Gui l'encouragea à de- mander le professorat, ce qui eut tout le succès que l'on s'en pouvait promettre. On trouve que notre André était professeur àPadoue, environ l'an i33o, et qu'il l'a été aussi à Pise; mais il fut rajjpelé à Bologne [d), et c'est là qu'il acquit le plus de ré- putation. On dit des merveilles de l'austérité de sa vie (B): il macérait son corps par oraisons et par jeunes, et il coucha sur la dure, toutes les nuits, pen- dant vingt ans, enveloppé d'une peau d'ours (e). Il disait qu'il avait oLtenu plusieurs choses par ses prières {/)• H avait épousé une ftmme nommée Milantia, dont i^ fait mention dans ses écrits: il avoue qu'il avait ap- pris d'elle beaucoup de choses, et entre autres, que si les noms se vendaient, les pères et les mères en devraient acheter de beaux pour les donner à leurs enfans [g). J'ai oublié de dire que sa mère s'appelait ISovella, et qu'il eut une fille qui porta le même nom, et qui fut si doc- te, qu'il l'envoyait faire leçon en sa place (C), quand il n'avait (c) In prim. Sexli Derrelal. apjid Doiijal. Prienol. Canon., pag. 6o3.
{d) Panzirol. fie claris Legum Inlerpret., lib. III, cap. XIX.
(Cj Volater, lib. XXI, pag. 781.
{X) Jptiil Panzirol. de clar. Leg. Inler- prel., iih. III, cap. XIX.
(g) In Cap. cùin sccimilum, Extrnvng. ilo Prisliend.
RÉ.
pas le temps de monter en chaire. C'est pour l'amour de sa mère, et de cette fille, qu'il intitula Novellœ son Commentaire sur les Décrélales de Grégoire JX (/?). Il eut un fils naturel, nom- mé Banicontius *, qui publia quelques lives (D); et l'on dit que l'ayant perdu, il adopta Jean Calderin, savant canonisle, et qu'il lui fit épouser sa fille No- vella (E). Il avait une autre fille, qu'il maria à Jean de Saint- George, célèbre professeur en droit canonique à Bologne. Elle s'appelait Betine, et mou- rut en 1 355 (i), à Padoue, oii son mari avait été appelé pour une semblable profession. Jean André mourut de peste, à Bo- logne, l'an 1348, après qua- rante-cinq ans de profession, et fut enterré dans l'église des Do- minicains. Il avait écrit plusieurs livres (F): on lui a donné de pompeux éloges (G); mais on l'accuse aussi d'avoir été un in- signe plagiaire (H). Quelques- uns disent que la petitesse exces- sive de sa taille fit bien rire les cardinaux ( I ) dans l'audience que Boniface VIII lui donna en plein consistoire. Il avait, dit- on, prédit sa mort un an avant qu'il mourût (À).
(h) Panzirol. de clar. Legiim Interpreti- bus, lih. III, cap. XIX.
* Queltfues-uns (entreautres Cave) l'ap- pellent Bonicontus, d'autres Bonicontius, ainsi que le remarque Joly.
(j) Pauzirole rapporte son épitaphc dans son III". livre, chap. XIX, de clar. Leg. Jnlcrpret.
(A) Panzirol., ibid.
(A) // était /ils d'un prêtre. ] Tous les auteurs conviennent que le père de Jean André a ëte prêtre; mais non pas qu'il le fut lorsqu'il procréa cet enfant: Patrem constat presbylcruv!
ANDRÉ.
8: fuisse; anfilium ante, an prut sacer- dotiuin i^enuerit, incerluni. Voilà com- ment M. Doujat eu a parlé (i), après avoir lu Panzirole, qui décide hardi- ment *' que Jean André vint au monde avant la prêtrise de son père: Is ex u4ndied preshytero, antequam sacer- dos fieret, et maire nomi ne ISoi/elld, gcnitus (2). C'est ime marque que M. Doujat ne comptait pas pour beau- coup, par rapport à un tel fait, la décision de Panzirole 5 et de quel droit, je vous prie, ce dernier en serait-il cru plutôt que Volaterran, qui avait assuré tout le contraire? Joannes Au- di eœ pâtre Andréa preshytero et ma- ire concubind nntus apitd Mugelluin ai^'ri Florentlni oppidum, juris scien- tid virtutibusque aliis nataliuin pudo- rem contexit (3). H avait dit formelle- ment que Jean André naquit du con- cubinage d'un prêtre, et personne n'a osé dire que Novella ait jamais été mariée au père de Jean André. Il est donc indubitable, que poiu" le moins notre célèbre canonisle est né comme Érasme, hors de légitime mariage*', d'un père qui a été prêtre. Il ne faut point s'imaginer que Forsterus dise que cet homme ne devint prêtre qu'après avoir fait cet enfant. Il ne veut dire, sinon que le père de Jean André fut prêtre dans le lieu de sa naissance: Pa- trie Joanne Andreœ. cive initio, deindè Preshytero mugetlano natiis est (4).
(B) On dit des merveilles de l'austé- rité de sa p'ie.] Voici un commentaire qui m'a été communiqué (5j: je n'y change rien: « Ce que vous remarquez )) de l'austérité de vie de Jean André » est attesté par de bons auteurs. Ce- » pendant, si le conte que fait de lui )) Poge dans ses Facéties, est vrai, il e qu) (i) Prîenot. Canonic., pag. 604.
*' Joly rapporte ime plirase de Panzirol loin de décider la naissance d'Amlré anlérieuri' a la prêtrise de son père, laisse de grands doutes à ce sujet. Sur celte question délicate, Bajie aura donc été plus retenu que son critique.
(2) Panzirol., de clar. Le^uni Interpretib., lib. III, cap. XIX, init.
(3) Volaler., lib. XXI, pag. 'îSi.
*- Leclerc transcrit un long passage d'André qui raconte qu^il avait huit ans quand son père reçut la prêtrise. Il était tout naturel dans le temps de nier sa bâtardise. Le récit d'André sur nue afFaire qui le concerne de si près peut donc fort bien ne pas avoir un grand poids.
(4) Forster., Histor. Joris Civil., l,i III, eap. XXVT.
(5j Par M. Je U Monnoit.
■o y a lieu de croire que dans la suite )) ce docteur se relâcha bien de sa pre- )) mière continence. Joannem An- » dranm, dit Poge, doclnrem. hono- » nienseni, cujus J'ama ndrnodlitn t'ii'- }> gala est, suhagitantem ancilltmi V dontesticam uxor deprehendit. lie in- )) suetd stupefacta mulier in l'iruut » l'ersa: Vbi nunc, ait, Joannes, est » sapientia uestra? Ille, nil ampUUs )) loeutus: In i^ul^m islius, respoiidil, » loco adinodiiui sapièntite accoinmn- n data. La traduction en vers français M n'en déplaira peut-être pas.
* Jean dit André, fameux docteur es » loix, » Put prit un jour au pèche' d*atnouretie; >. // accollait une jeune soubrette. '■ Sa femme vint,jit un signe de croix. » flo f ho, dU-elte, est-ce vous? non, je " pense: » Vous, dont partout on vante la prudence! » Qu'est devenu cet esprit si subtil? *• Le bon André, poursuivant son négoce^ » Honteux pourtant; ma foi, répondit-il, ' Prudence, esprit tout eist dans cette .fosse*..