]\ ne se confentait pas de servir la cause par roreille du prince, il la vou- lait soutenir;iussi par sa plume, jus- qu'à la derniôre goutte de son encre.
N'oublions pas les éloges qu'on lui a donnés dans une Re'ponse aux Let- tres Provinciales de M. Pascal, réim- primée en Hollande l'an 1696 (la): « Mais, touchant les jésuilesqui seha- >' sardèrentà écrire contre Pascal, que » vous semble du père Annat, qui est 3J l'auteur du livre intitulé, la Boii- 3) ne Foi des Jansénistes, et à qui la o) dix-septième et la dis-huitième Pro- » vinciale sont adressées? Le père 3) Annat, répondit Cléandre, était, 3) à mon avis, un très-bon esprit: les î) jésuites ne firent rien de meilleur 3> que ce qui parut de lui sur les ma- » tières dont ou disputait en ce teraps- 3) là. Ce bon homme ( car je l'ai tou- » jours connu tel, et c'était la mo- 3> destie même ) avait du talent pour 3) écrire, même en français, s'il s'é- 3) tait un peu plus appliqué à Pétude 3) de notre langue. 11 lui échappe de y> temps en temps des traits aussi fins, 3) aussi vifs et aussi agréables que j'en » aie vu nulle part..Te suis de votre 3) sentiment, reprit Eudoxe ^ et sans 3) parler de sa vertu, que j'ai enten- » du louer, même à des gens du parti, 3) je lui ai trouvé, comme vous, beau- » coup de justesse d'esprit, et quel- 3) quefois une finesse d'expression et ANNE.
ANNE.
donna Samuel, et ensuite trois- fils et deux filles {b). Le livre de Tobie, livre apocryphe chez les protestons, fait mention d' Anne, femme de Tobit, et mère de To- bie. Dans l'Évangile de saint Luc, il est fait mention d'ANNE la pro- phétesse, fille de Phanuel (c). C'é- tait une femme fort dévote, âgée d'environ quatre - vingt - quatre ans, et qui n'en avait vécu que sept avec son mari. Baronius en a fait une religieuse cloîtrée, et s'est trompé en cela (A). L'Évan- gile fait aussi mention d'un hom» me qui s'appelait Anne, et qui était souverain sacrificateur par- mi les Juifs, au temps de Notre Seigneur. Son gendre Caïphe avait la même dignité, quand Jé- sus-Christ fut mis à mort. Quant à SAINTE Anne, mère de la Sainte Vierge, et la plus célèbre de tou- tes les femmes de ce nom parnti les catholiques romains, elle ne paraît ni en blanc ni eu noir dans l'Écriture. Les écrits des trois pre- miers siècles de l'Eglise n'en font 3) de raillerie extraordinaire dans un aucune mention. Saint Épiphane « théologien scolastique. « ^^j j^ premier qui ait dit quelque (12) Entretiens de ciéanare et d'Eudoxe, chose d'elle; ctnéaumoins les siè- '^ " '^ des suivans ont débite une tort ANNE, nom de quelques per- longue légende de sainte Anne, sonnes, dont il est parlé dans comme on le verra dans l'article l'Écriture. La mère du prophète de saint Joachim son mari. Je Samuel s'appelait Anne: c'était m'étonne qu'Érasme n'ait trou- une femme fort pieuse, et fort vé dans les anciens livres que aimée d'Elkana son mari. Elle était stérile, et ce malheur l'af- fligeait d'autant plus sensible- ment, qu'elle se voyait exposée par-là aux railleries et aux in- sultes de l'autre femme d'Elkana. Elle fit tant de prières à Dieu, pour avoir un fils, qu'elle fut enfin exaucée {a); car Dieu lui (a)!"■. livre de Samuel, chap. I.
trois femmes nommées Anne (B), {b) Là même, chap. If, fS. 31. (c) Saint Luc, chap. Il, vs. 36.
(A) Baronius a fait, une religieuse cloîtrée d' Anne, fille de Phanuel, et s'est trompé en cela. ] Rapportons ses paroles: Quonindo aulem Anna nun- qtihm il templo discessisse diciitur, ut nterilo eamdem S, Cyrillus Ilicro- solyniitanus {*) reli^iosissimani ma~ (*) Calcclics. X.
ANNIUS. ANSELME.
nlnlem appellet, consule quœ siipe- riùs dicta sunt de prœsentalione Dei genitricis in Templo (i). On voit là deux choses: i°. il prend au pied de lu lettre cetteexpression de saint Luc, elle ne bougeait du temple (2); 1°. il trouve que saint Cyrille a eu beaucoup de raison de donner à Anne la pro- phélesse le titre de très-religieuse non- nain. Mais il est visible qu'il ne faut point presser les paroles de saint Luc au delà du sens qu'on a tous les jours en vue, lorsque, pour signifier qu'un homme va très-souvent dans une mai- son, on dit qu'il n'en bouge, qu'il y est toujours, qu'on l'y rencontre éternellement, de nuit et de jour. C'est ce qu'on dit en particulier des fem- mes dévotes, qui vont plusieurs fois le jour à l'e'glise: elles ne bougent, dit-on, d'auprès des autels, elles sont toujours en prières et en oraisons dans les églises. Pour ce qui est de saint Cyrille, il n'est pas vrai qu'il appelle nonne la prophe'tesse Anne. L'inter- prète latin de ce père n'y a point pris garde d'assez près. Le mot grec ùtkh- T>iç, sta-jtMT^i*, n'e'tait point tellement affecte' aux moines et aux nonnains, qu'il ne se donnât aussi à tous ceux qui pratiquaient exactement les exercices delà religion. C'est ce que le docte ad- versaire de Baronius a fait voir trèsclairement (3).
(B) // est étonnant qu'Erasme n'ait trouvé dans les anciens livres que trois femmes nommées Anne. ] La première est la sœur de Didon: elle fut sur- nomme'e Perenna, et on la mit, dit- il, au nombre des dieux, à cause de l'amitié singulière qu'elle eut pour sa sœur. Les autres dictionnaires ont rap- porte' si amplement les aventures de cette Anne, que je n'ai pas juge né- cessaire d'y toucher. La seconde est la femme d'Elkana: C'est assez, dit- il, pour la louer que de dire que, dans sa vieillesse, et par une faveur particulière de Dieu, elle accoucha de Samuel, qui fut un prêtre très- pieux, et un juge très-incorruptible: (i) Baron., in Annal. Ecclesiast., toin. I, ad (2) OuK i<S/ira.'T'i X7rt> Toô hfou vJirs/atic xcti (TêitiTêo-i Ka.rpiuouTH \vx.'rct ko.) ttfAicutv. Cen-à-dire, selon la version de Genève, Kile ne bougeait du temple, servant Dieu, en jeûnes et orai&ous, nuit et jour.
Ci) Casaubon., ExercitaJ. //, num. i3.
Cujus ad laudem àbundè satis est qubd et anus, et auspice Deo, Samuelem pepererit, non utiquè sibi, sed Deo quidem sacerdotem religiosissimum, populo verb judicem incorruptissi- mum (4). La troisième est la mère de la sainte Vierge. Il dit que cette der- nière Anne a été fort célébrée par Rodolphe Agricola, et par Baptiste Mantouan. Il y a là, et des péchés d'omission, et des péchés de commis- sion. Que lui avaient fait la fille de Phanuel et la mère de Tobie, pour être ainsi oubliées? Maison a-t-il trouvé que la mère de Samuel fût vieille? L'historien sacré ne dit point cela, et nous fait plutôt entendre qu'el- le était encore assez jeune. N'eut-elle pas cinq enfans depuis qu'elle eut se- vré Samuel? Le même historien la fait répondre au grand sacrificateur Héli, qui l'accusait d'être ivre, qu'elle n'a- vait bu ni vin ni bière. Josephe, ne trouvant point cela assez singulier, lui a suggéré une autre réponse j sa- voir: qu'elle ne buvait jamais que de l'eau. M. Moréri a mieux aimé suivre l'historien juif que l'Ecriture. Au res- te, la dame à qui Erasme a écrit la lettre où il parle de ces trois Annes, mériterait bien un article: il la qua- lifie Annam Bersalam principem f^e- rianam. Si je puis déterrer sa famille et ses aventures, je m'engage à parler d'elle.
Depuis la première édition de cet ouviage, j'ai déterré quelque chose touchant ce sujet. Voyez l'article Ber- SALA.
(4) Erasm. Epistola XXXVIII, lib. IX, pag. 5oo.
ANNIUS de Viterbe, fameux imposteur. Cherchez Nanmus.
ANSELME, archevêque de Cantorbéri, l'un des plus illus- tres prélats de son siècle, mou- rut le 21 d'avril 1109, à l'âge de soixante-seize ans {a). Il eût souhaité de vivre un peu plus, afin d'achever un traité sur l'Ori- gine de V Ame (A). Son article est fort long dans le Dictionnaire (a) Cave, Historia Lit (eraria.icriptorum ecclesiast., pag. 627.
122 ANSELME de Morérirj'y renvoie le lecteur. Les moines cle Lerins, qui ont donné place dans In chronologie deleurs saints et illustres moÏTies à ce grand prélat, sont réfutés par l'auteur {b) d'un livre qui s'intitule les Moines traves- tis (c) *. Nous verrons ci-dessous qu'il employa pour l'existence de Dieu un argument que M. Des- cartes a bien fait valoir (B).
{Il) Il se donne le nom de M. Pifrre Jo- scpli. Son ouvrage a été imprimé l'an 1698, (c) Moines travestis, tom. I, pog. ^Q.
(A) // aurait souhaité achever un traité sur l'Origine de l'Orne. ] Cette «îi.sposition d'esprit fait dire à un docteur de Louvain que le dogme de la propagation des âmes durait encore à la lin du XI*. siècle. Imo, dit-il (i), usqiie ad tenipora sandi ^nselmi, hoc eit anniini Chrisli MC, in Occidente durasse videturhœc de animarum trait de l'existence deDieu, qu'il tire, de )) ce qu'un être très-parfait, ou du » moins le plus parfait que nous puis- » sions concevoir, renferme une exis- » tence. L'argument se trouve dans le J) livre que ce saint (*) a écrit contre » l'Insensé, pour répondre à un au- » feur inconnu, qui avait écrit enj'a~ )> l'eur de V Insensé, contre un raison- » nement qu'avait fait saint Anselme '> dans son Livre intitulé Prosotogion » (3). )) Notez que M. Huet observe que Thomas d'Aquin a réfuté cet ar- gument: (hlehrls illa argumentatio...tota est j4nseliiii, et in Proslogio, et in Apologetico contra Gaunilnntm: eanulenique et exposuil Thomas ^qui- nas, et rejéllit (4).
(*) WWh. Leibnitz, Fpist. ms., tom. III, oper. Anselm., edit. Colontemis, (3) Baillet, Vie de Descartes, tom. II, pag- (4) Huetii Cens. Philos. Caries., pag'. 204.
ANSELME *, augustin dé- chaussé, natif de Paris, sera trop souvent cité dans ceDiction- naire, et il a fourni trop de ma- tériaux à M. Moréri, pour ne ductione dubitatio. Nom ciim paulb mériter pas ici une place. Il est ans. Il en avait passé cinquante dans un détachement de toutes iorejus Edinerus ('*''): « SiDeiisma> » me adhuc inter l'os saltem tant diii i) jnanere, donec quœslioneni, quant 5) de anirnœ origine mente ret^oivo, nb- •» solvere posseni, gratiosus acciperem: )) eàqurtd nescio, utruni aliquis cam, » me defuncto, sit absolutnrus, d Je cite ailleurs (2) Thomas Bartholin, qui a fait une réflexion sur celte pen- sée de saint Anselme.
(B) Il employa pour Vexislence de -Dieu un argument que M. Descaries a bienfait faloir."} LalistequeM. Bail- let a donnée des auteurs dont on pré- tend que M. Descartes a été le pla- t^iaire, contient ces paroles: « L'on » met aussi saint Anselme au nombre )) des anciens de qui M. Descartes » (*') a pu profiter pour l'argument les charges monastiques, s'appli- quant uniquement aux devoirs de la vie religieuse, et à compo- ser des livres. Il était près de donner une seconde édition de son Histoire généalogique de la maison de France, et des grands officiers de la couronne (A), avec des corrections et avec des aug- mentations auxquelles il travail- lait depuis long-temps. Il avait aussi entrepris un ouvrage qui traite des Maisons souveraines, (,) Libert. Fronion<i. Pi.iiosoph. Christ., de et dcs plus Uluslres familles de Vnimâ,iib. IV, rup. II [, pa^-. 812. l'Eurovc, ct il v avait déjà mis (♦')Kdiner., in Vii.î sancli Ansehai, apuft '■ Surium, di<^ 11 apnlis.
(•>.) Dans la remarque (E) de l'article Aver- iiui s, citation (h?)- ("} Tom. II des Lettres, pag. •i'jG, etc.
• Son nom de famille e'Iait Guihourg (Pit-rre deV II prit avec llialiil riiouasliqui; le uoin à'Jnsclinc de Siii'.de-Murie.
ANTÉSÏ la dernière main {n). Je ne sais ce qu'on fera de ces manuscrits: je voudrais qu'on les publiât.
(a) Mercure Galant du mois dejanvier\6()^. Voyez aussi le Journal des Savans, du 9 fé- vrier \iigl^,pag. 167 (A) Il était près de donner une se- conde édition de son Histoire généa- logique de la mnisonde France, etc. ] Il avait publie cette histoire avec celle des grands ojfficitrs de la couronne, l'an 1674, en deuxvolumes in-4". On avait déjà vu de lui un gros livre in- titulé: Le Palais de l'honneur, ou les Généalogies historiques des illustres maisons de France, et de plusieurs nobles familles de l'Europe. Cet ou- vrage ^t imprimé à Paris, Tan 1668. On y trouve des abrégés d'une inQnité de choses concernant le blason, le sacre des rois, les entrées solennelles, les baptêmes des enfans de France, les obsèques des rois, les ordres mi- litaires, etc. Il n'y avait pas autant de dégagement dans ce gros volume, que dans les deux qui le suivirent. Ils ont tous besoin d'une nouvelle édition re- vue, corrigée, et augmentée: mais il est certain qu'ils ont été d'un grand usage, et qu'on ne saurait compren- dre foute la peine qu'il a fallu que ce bon religieux se soit donnée pour ra- masser tant de noms, tant de ma- riages, tant d'enfantemens, et tant de dates. On a beau faire, si la nature nous incline à certaines choses, on n'en guérit pas sous le froc. Le père Anselme était né pour les recherches généalogiques: le peu de rapport qu'elles ont avec le genre de vie auquel il s'était voué n'empêcha pas qu'il ne suivît son penchant. Un de ses confrères, mais (jui n'était pas dé- chaussé, courait nuit et jour après les découvertes géographiques (i): c'é- tait son naturel; l'habit d'augustin ne le changeait pas.
(i) Le père Lnbin. Il mourut h Paris, le 7 Ae mars iGgS. Vujet son élojie dans le Journal •les Savans du 28 de mars 1695.
ANTÉSIGNAN (Pierre), natif, si je ne me trompe, de Rabas- teins (A), petite ville de Lan- guedoc, au diocèse d'Albi, a été ï'im des meilleurs grammairiens GNAN. 123 du XVF. siècle. Il prit tellement à cœur son métier, qu'il aima mieux se rendre utile à la jeu- nesse en s'attachant à l'explica- tion des choses qui embarrassent la première entrée des études, que de chercher de la gloire par l'explication des grandes difficul- tés (B). Il ne laissa pas d'acquérir assez de réputation, pour s'atti- rer les morsures de l'envie (C). Ce qu'il publia sur Térence nous doit convaincre que c'était l'homme du monde le plus pa- tient au travail (D). Je crois qu'il enseigna long-temps dans Lyon *. L'épître de son Téren- ce est datée de cette ville, en août i556 {a). Il l'adresse aux trois frères qu'il enseignait. Sa Grammaire de la la?tgue Grec- que a été imprimée plusieurs fois. Il entendait assez bien l'hé- breu (b) pour mériter une place dans la Gallia On'entalis de Co- lomiés, et cependant il y a été oublié.
* Leclerc dit qu'il y enseignait encore en l5bo.
{a) Idibus Augusti.
(i) // écrivit en cette langue une lettre à Pierre Coslus, qui a été imprimée. Voyez Z'Épitoine de Gesner.
(A)]Vatif, si je ne me trompe, de Ra- hasleins. ] Ce qui me le fait croire est l'é]>ithèfe Rapistagnensis qu'il se don- ne à la tête de ses ouvrages. Je no trouve point de ville qui puisse mieux donner ce surnom que celle de Rabas- teins; car on la nomme en latin Ra- pistanum, ou Rapistagnum (i). Je m'i- magine que les imprimeurs ont fait une faute dans l'endroit où Papyre Masson a parlé de cette ville: ils ont mis Rupistagni incolis, au lieu de Ra- pistagni incolis (2). Les trois raves, (i) Catel l'assure dans la page 356 de ses Mémoires de l'histoire de Languedoc. M. Bau- draud a parle' de celle ville sous Rapistanura.
(3) A la page l{()o du Desrriptio Elumiaum Galijae, édition de Pans, en i(J8î.
ANTÉSIGNAN.
dans le Projet de ce Dictionnaire (5), et joignez-y ces belles paroles d'Eras- me; elles se rapportent à la peine qu'il avait prise d'amplifier un Lcxi- con: Scimus hoc laboris genus esse minime glorinsum, prœsertïm quiim pauci reputant quot autores sint excu- tiendi, ut x'oces aliquot ab aliis prce- teritas seligas. p^erùni hoc plus dehe • tiir illis gratlœ, qui publicœ utilitatis gratid non detreclanl ingloriam ac mo- lestiœ plenam industriani (6).
(C) Il a acquis assez de réputation pour s'attirer les morsures de l'enfie.'] C'est ce qu'il marque par un lieu com- mun que l'on insère trop souvent dans les épîtresdédicatoires. 11 ditqueceux à qui ildëdie son Te'rence lui ont paru extrêmement propres à le garantir de la morsure de ses ennemis: Dignimaxi- mè atque idonei t^idebaminiqui nos- Ira a malewolorum morsu Jortiler et inpercfpèrrp^omeruntr'p^iZZ'w de coraplimens qui soient plus faux l'iri ilharafes incubuisse in eam "î"^,'^^"'^-1^; ^?? critiques n ont au- cun ej^ard a la dignité m a la capacité de celui à qui l'on dédie un livre qui leur semble mauvais. Le sieur Des Accords s'est bien moqué de ces bel- les espérances que l'on fonde sur la prétendue protection de ceux à qui l'on dédie des livres (8). D'Aubigné trouva si bonnes les réflexions de cet auteur-là, qu'il s'en fit un ornement, après les avoir un peu ajustées d'une autre manière Tq).
(D) Ce qu'il publia sur Térence nous doit com^aincre que c'était l'hom- me du monde le plus patient au tra- uail. ] Il fit imprimer en trois façons les comédies de ce poète. Première- ment, il les publia avec de petites notes, et avec les sommaires de cha- que scène, et il marqua les accens à tous les mots qui ont plus de deux syl- labes: il marqua aussi à côté de cha- que vers la manière de le scander. En second lieu, il les publia avec les no- (5) Voyez la fin au paragraphe VII de ce Projet, dans le tome XV de ce Diclion- naii'e.
(fi) Ei'asm., prrpfat'ione in Lcxicon: c''est la XXI'. lettre </» XXVIII'. livre, pas. i;oa. Voyez aucvi la fin du I". chap. du XVIII'. livre de THist. Nat. de Pline.
(ij) Antesign., cpisLol. dedic. Terentii.
(8) Voyez la prrface des Bigarrures cle Des Accords.
(9) Voyez VEptCre dédicaloire de la Confes- aion de Sanci.
qui sont les armes de Rabasteins (3), me persuadent que Papyre Masson, ou les imprimeurs, ont mis la lettre u pour la lettre a.
(B) H aima mieux se rendre utile a la jeunesse...que de chercher de la gloire par l'explication des grandes difficultés.'] Qu'il nous apprenne cela lui-même: rapportons un peu au long ses paroles; elles marquent un bon cœur, et peuvent être une leçon de morale aux esprits superbes, qui ne songent qu'à mériter l'applaudis- sement de leurs semblables, et qui ne dirigent point leurs veilles au jirofit de ceux qui ont le plus besoin d'être enseignés. Il venait de dire que plu- sieurs doctes commentateurs avaient écrit sur Térence; et puis il ajoute: f^erùm pueri novit'd, ad quos maxi- me huj'S laboris fructus pertinebat, l'ix ullum ex accuralis et meditatis is- torum commentationibus emolumen- tum enim i^iri itli grafes curam et cogitationem, quœ sibi sum- mum dignilatem et gloriam esset alla- tura. Itaque ardua tantiim et obscu- r'iora int.erpretando explanâsse con- tenti, minutinra cœlera, quorum doc- tr'ina et tractatio prœcedere, uel certè conjungi debuerat, lei'iter attigerunt; ut adolescentuli qui bis studiis initian- tur, se ad cognitionem hujus rei, quant ex commuai quddam hominum opinione reconditissimam afbitrantur, desperent posse peri^enire. Ut igilur eos ab hujusmndi desperatione adspem rei'ocarem, ad minima ista me demit- tere non recusat^i: neque enim hic dif- Jîc'dia tanliim enmiat'imus, sed ne unamquidem totius Terentii sjllabani reliquimus intactam, quam ad un- guem non excusserimus, idque abs- que ulld l'erborum pompa aut magni- Jicentid, sed nudis l'itterarum notis, et melhodo quam potuimus brei'issimd et facillimâ. Doctrinœ opinionem af- fectent alii: ego pro med i^irili parte me puerorum et formandis et promo- vendis studiis omnem meam operam addixisse aperlè et ingénue fateor (4). Conférez avec ceci, je vous prie, le passage de Quintilien que j'ai cité (î) Catel, Mimoires de l'Iiistoire de Langue- (■4) Pctrus Antesigiiauus, Episl. dedicator. Tercnt., init.
ANTHERMUS. ANTINOÉ ou ANTINOPOLIS. 12^ tes entières de presque tous les au- teurs qui avaient écrit sur Térence. tnûn, il les publia avec de nouvelles notes marginales, et avec la traduc- tion et la jiaraphrase française des trois premières, il mit entre des cro- chets tout ce qui est dans la traduc- tion, sans être dans l'original en pro- pres termes: il marqua avec des let- tres tous les renvois de la version à la paraphrase. Les i^ariœ lectiones ont aussi chacune leurs parenthèses, et leurs marques de correspondance. Il est aisé par-là de connaître que notre auteur était bien patient. Notez qu'il mit dans les deux dernières impres- sions de son Térence, ce que la pre- mière contenait. Matthieu Bonhomme, libraire de Lyon, fut celui qu'il em- ploya à celte triple édition. La date du privilège du roi est de l'an i556. La patience de cet auteur ne paraît pas moins dans le traité qui a pour titre: Themalis uerborum inuesti- gandi ratio, et dans sa Praxis prœ- ceptoiiim linguœ grœcœ. Ils se trou- vent dans plusieurs grammaires de la langue grecque.
ANTHERMUS, sculpteur, natif de l'île de Chio, fils de Micciade, et petit-fils de Malas, qui avaient été l'un et l'autre sculpteurs, laissa deux fils qui furent de la même profession: l'un s'appelait Bupalus, et l'autre Athenis (A). C'est contre eux qu'Hipponax écrivit des vers extrêmement satiriques, pour se venger de la représentation ridicule qu'ils avaient faite de sa laideur (a). J'en parle plus am- plement dans l'article de ce poëte. Voyez aussi l'article de Bupalus.
(a) Plinius, Historice Natur., lib. XXXKI, cap. V.
(A) Un de ses fils se nommait Athe- nis. ] C'est ainsi que Suidas le nomme (1). Il était nommé Anthermus dans les éditions de Pline; mais le père Hardouin a fait sauter cela, et a mis Aihenis à la place. Voyez les remar- ques (C) et (E) de l'article dHiFPONAX. Les dictionnaires historiques de Char- les-Etienne, de Lloyd, de Moréri et d'Hofman l'appellent Anthermus, en dépit de Suidas.
ANTINOÉ, ou ANTINOPO- LIS (A), ville d'Egypte, sur Je Nil (B), bâtie ou réparée par l'empereurHadrien en l'honneur d'Antinoiis. Elle était la capi- tale de la Thébaïde, si nous en croyons un auteur du IV*. siècle {a). Cet auteur ajoute qu'elle était si peuplée, que l'on y voyait de son temps jusqu'à douze mo- nastères de femmes [b). Ammien Marcellin la donne pour l'une des trois plus célèbres villes de la Thébaïde (c). Il n'est pas vrai que Léon d'Afrique ait dit qu'elle s'appelle Anthios (C). Voyez la remarque (D) de l'article Anti- nous: vous y trouverez d'autres choses touchant cette ville.
(a) Palladius, Histor. Lausiac. cap. XLyiI, apucl Tristaa, Comment. Hisl., tome I, pag. 54i- (b) Palladius, Histor. Lausiac., cap. CXXXVII, apiid eundetn, ibid.
(c) Amra. Marcellin., lib. XXII, cap. XVT.
(A) ANTINOPOLIS. ] M. Bau- drand dit deux fois dans la même pa- ge qu'Etienne de Byzance la nomme ainsi. Je n'ai point trouvé cela, ni dans l'édition de Pinedo, ni dans celle de Berkelius: j'ai trouvé seulement dans l'une et dans l'autre que la ville 'AvTivrjêia., Antinoia ^ s'appelait aussi Adriannpolis. M. Moréri n'a pas pris garde que ce dernier nom, et Adria- no[)lc, ne sont pas deux noms diffé- rens: il les donne comme tels.
(B) faille d'Egypte, sur le NU. ] Dion Cassius marque positivement qu'Hadrien la fit bâtir au même lieu où Antinous était mort: '0.ç x*i^o\iv sy Tm X,'^fîa> ïv » toi/t' sVatôs, crwoixio-*!, KO.) '(ivopt.â.<ra.i àtt «.î/toÎ/. Ut urbeni in eo loco in quo ille obiisset, restitutam ex eo noniinari uoiueiit (i). Il venait ANTINOUS.
M. Baudrand ajoute qu'elle esf à qua- rante-neuf lieues du Nil, vers l'orient. Elle n'est donc point VAnthios de Le'on d'Afrique. M. Moréri ôte trente- neuf lieues à cette distance: On voit ses ruines, dit-il, à dix lieues du IVil. Nous avons prouve dans la remarque pre'ce'dente, qu'Anlinopolis était sur ce fleuve.
ANTINOUS, mignon de l'emde dire que, selon la relation d'Ha- drien, ce malheureux était tombé dans le Nil: puis donc qu'Hadrien voulait que le monde crût qu'Antinoiis s'était noyé dans cette rivière, il faut que la ville qu'il consacra à ce favori ait été sur le bord du Nil, et proche du lieu où il disait que ce jeune hom- me avait péri. Pausanias marque ex- pressément que cette ville était sur le Nil: 'Em tço Ns/aû) ttoM; AlyuTrTÎtev iç'iv ivrmtJfAoç: 'AvTfvôou (2). In yEgypio pereur Hadrien, était natif de apud Nilum urbs de Antmoi nomme gjthvne (a), dans la Bithynie. est rt»pe«««a. Concluez de la que les j \ / 1 _ j „.,;„„„..„; =0 „^;or,f i ri,v iîphpq «lu On ne trouve rien touchant sa ramille. Sa beauté embrasa de telle ruines qui se voient à dix lieues du Nil, selon Moréri, ne sont point celles d'Antinopolis. Concluez la même chose encore plus hardiment contre ces rui- nes de ville que M. Baudrand a pla- cées à quarante-neuf lieues du Nil.
sorte le cœur d'Hadrien, qu'on n'a jamais vu de passion plus ef- frénée, ni plus extravagante, (C) Léon d'Afrique n'a point dit que celle de cet empereur pour qu'elle s'appelle Anthios. ] C'est en- ^e jeune homme. Cette passion core une méprise de M. Baudrand. Je ^^ ^^ montra jamais plus fune crois pas me tromper, si j'en at tribue la cause à la liberté qu'on se donne de paraphraser les auteurs dont on se sert. Considérez bien ces paro- les d'Ortelius, Anthios hodiè dici ex Joannis Leonis Africœ Descriptione deprehenditur: comparez - les avec rieuse qu après la mort d'Anti— noiis, car il n'y eut point d'hon- neurs divins (A) qu'Hadrien trou- vât trop sublimes pour cet objet de son amour. Quelques-uns dicelles-ci de M. Baudrand: IVunc in sent qu'Antinoiis lui avait donné ruinisiacet Anthios dicta, teste Leone j^ pj^g grande marque d'affec Af'ricano; vous verrez que si ce der- nier écrivain s'était scrupuleusement renfermé dans les bornes du précé- dent, il aurait donné beaucoup moins de prise. Ortelius pourrait chicaner le terrain, en appli<iuant le mieux qu'il pourrait ce qu'a dit Léon d'Afrique; mais M. Baudrand ne peut pas recou- rir aux applications, ni aux conjec tion qu'on puisse donner; c'est- à-dire, qu'il était mort pour lui (B). D'autres assurent qu'il se noya dans le Nil, pendant le sé- jour qu'Hadrien fit en Egypte, environ l'an 182 de l'ère chré- tienne. Quoi qu'il en soit, cet tures: il faut qu'il montre que ce Léon empereur le pleura à chaudes a dit positivement, que l'ancenne j (6), et voulut qu'on luj ville Antinoe se nomme auiourd hui, '., *" '^ ',, ^, - - - bâtit des temples et des autels; Anthios. Or c'est ce qu'on ne montrera jamais; car Léon d'Afrique ne dit autre chose, sinon qu'Anthius a été biîtie p;ir les Romains, sur le Nil, du côté d'Asie, et qu'on y voit encore plusieurs inscriptions latines sur des marbres (3). Il en parle comme d'une très-belle ville, que l'industrie et la bonne humeur des habitans rendent très-considérable^ tant s'en faut qu'on puisse le citer comme un témoin (jui dépose qu'elle est tout-à-fait ruinée.
fî) Paiisan., lib. VI U, png. 944- (:<) Léon. Al'i-ifon. Dcscripl. Alrio;*, lib.
nu, folio. 660 ce qui fut exécuté avec tout l'empressement qu'on pouvait attendre d'une nation accoutvi- mée depuis long-temps aux plus honteuses flatteries (C). Il vou- lut même que l'on fût persuadé qu'Antinoiis rendait des oracles. Il en courut quelques-uns sur (a) On nommait atissi cette ville Claudio- polis. Xipliiliii., m Adriano.
ANTINOUS. lor.