SigPhi · Pierre Bayle

Dictionnaire historique et critique (Tome 2)

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cois Picus, qui dictexpresscment, par- ajoute-t-il («7), pour descouvrir en- lant d'iceluy (**): Ab omnibus fermé tièrement la fausseté' des objections, creditus est magus j verùm constat l'on peut respondre à ce que Ludwi- qnàm oppositum dognia ei aliquandô gius (*') a dit des sept esprits qui luy tributum sit, quem etiam hsereseum enseignèrent les sept arts libéraux, inquisitores vexa verunt, quasi nullos que cette narration fabuleuse a pris esse daeoaones crediderit ^ It quoy H son origine sur ce que le mesme Pierre faut adjuuster que Baptiste de Man- d'Apone ( *' ) assure, après Albu- loue {*^) l'appelle pour cette occasion mazar, que les prières qui sont faic- Virum magnse, sed nimiùui audacis tes a Dieu lorsque la lune est con- teraerariéeque doctrinœ^ que Casman- joincte avec Jupiter, en latestedu dra- nus {*^) le met au nombre de ceux qui gon, sont infailliblement exaucées; rapportaient tous les miracles a la et que pour luy, comme il eut deman- nature; et que le Loyer, en ses Spec- dé suivant ses propres termes sa- bres (**), asieure çu't7 se moc^Moi^ </ei pienliam, à primo visns est sibi in sorciers et de leur sabbat: d'oii l'on se iH^ amplius proficere. Sur quoi néan- pourroit estonner que les mesmes au- moins beaucoup d'aulheurs se moctheurs le nomment en beaucoup d'au- quent,à bon droict, de ce qu'il a désa- tres endroits parmy les enchanteurs voué si indiscrètement toutes ses veil- et magiciens, si ce n'estoil l'ordinaire les et labeurs, pour n' estre redevable; de ceux qui escrivent sur cette ma- de sa doctrine qu'à la superstition de lière de grossir tellement leurs livres, cette prière. qui ne peut estre que en copiant tout ce qu'ils trouvent dans vaineetsans efficace, en tel sens qu'on les autres, que difficilement peuvent- laveuilleprcndre.Carsil'ondictqu'elle ils observer le précepte du poète: s'addresse aux astres, c'est une puni bestise de croire qu'ils la puissent en- Primo ne médium, medio ne discrepet tendre; si à Dieu, je demanderais volontiers s U estait sourd auparavant Après cela, son apologiste expose qu'il cette conjonction, s'il ne veut recevoir a. de quoi le défendre, et du crime nos prièies sans icelle, ou si elle le de magie et de celui d'atbéisme,;ta/i« peut contraindre et nécessiter à conpcu- le tesmoignage que l'illustrissime descendre aux voeux que l'on luy faut.

et religieux Frédéric duc d'Urbin a Et delà vient que Jean Pic {*^)avoit raison de dire, en parlant de ce nou- (i4) Cela paraît par toutes ses OEuvres et veau Salomon: Considérera Peiro isti principalement en la différence clvi de son ut tolum quod profccit SU3e potiilS mes, ptg. 384- (^■') Lib. VU de Prsnot., cap. VIT.

(«3) Lib. I, de Patientiî, cap. III.

{''>) Angelogr., pari. II, cap. XXI, quœst. II.

(*5) Z.V. IF, chap. III (i5) Nau^ pas- -iHdé, Apologie des grands Hommes, fi6) Nandé, Apologie des grands Hommes, pag. 386. Celle inscription est dans Tomasia, in Flog. illustr, Virorom, pag. /i.

(") Dasmonomaglae, quccst. XVI, (*^l Differenlia CLVI.

(*3) Ub. IV, aiîversiis Asirolog, cap. VIIIaoo APONE.

ret, quàra joviae illi suae supplica- tioni. L'on peut dire aussi, pour sa- tisfaire à la preufe des trois libres di- t'ulgues sous son nom, qu'ils luy sont non moins faussement attribuez, que beaucoup d'autres a presque tous les grands esprits, tesnioin que Trithè- me (*') ne les t'eut adi'ouër pour lé- gitimes, à cause du grand nombre de J'ables que Von ai'oit pris plaisir de forger sur cet auiheur; et ce qu'il ai'oit dtct auparavant en son Catalo- gue des Escrii'ains ecclésiastiques, qu'il ne tenait pour uérituble ce que l'on disoit de la magie de Pierre d'Apono, parce qu'il ne s'estoit ja- mais apperceu qu'il eust falot aucun lii^re sur le sujet d'icelle. A quoi si l'on t'eut encores adjouster le silence de tous It^s bibliothécaires, et la con- firmation que Symphorien Champier (*') donne a celte autorité de Trithc- nie, quand il asseure qu'il n'a jamais ueu aucun de ses lifres en magie, si- non quelque différence où il en traicte comme en passant, je croy qu'il n'y aura plus rien qui nous puisse empes- cher de recognoistre son innocence, et de juger auec les mieux sensez que tout le soupçon que l'on a eu de sa magie fient comme de sa fiaye sour- ce et origine de la puissance qu'il luy attribue en la différence clvi de son Conciliator, et des prédictions qu'il poui^oit faire au moyen de l'astrolo- gie, sur lesquelles, par laps de temps, toutes ces fables et chimères se sont glissées, suivant le dire très-véritable de Properce: Omnia post obitum Cngit majora vetustas (*').

Notez quelques fautes de M. de Cla- vigni de Sainte-Honorine, Il prétend que l'effigie de Pierre d'Aponn, qui fut faite par les soins du duc d'Urbin, est dans la place publique de Padoue avec Tite-Live, Albert et Julius Pau- lus, et que l'inscription contient As- trologiœ adeo peritus, ut in magiœ suspicionemvenerit (i8). i". La statue où se lisent ces paroles n'est pas dans la place pnbli(jue de Padoue, mais sur l'une des portes de la maison de (*') Anlipali., lib. I, cap. III.

(*') Tr.ictat. IV, lib. de claris mediciii» Scriploribus.

(j8) Clavigni (le Sainte-Honorine, lecture des livres suspects, prtj. loi, loa.

ville: In unn portarum Prcetorii Pa- tavini (19)- 2°. La statue que le duc d'Urbin lit faire, ne fut point mise dans Padoue, mais dans le château de ce duc. 3°. Elle ne contient point les paroles que M. de Clavigni rap- porte. Voyez Tomasini (20).

(D) Hon cadavre échappa a la dili- gence des inquisiteurs, qui voulaient le faire brûler. ] Pierre d'Apone, ac- cuse' de nécromancie et d'hërësie, mourut pendant le procès, et fut en- terre dans l'ëglise de Saint-Antoine. Tous les zële's s'en scandalisèrent: les inquisiteurs continuèrentleurs pro- cédures, et l'ayant convaincu d'im- piété, par ses écrits, ils condamnè- rent son cadavre à être brûlé; et comme ils ne le trouvèrent point, ils firent brûler publiquement une fi- gure qui le représentait. Voilà ce qu'on lit dans M. de Sponde (21): mais comment l'accorderons-nous avec l'in- scription que les magistrats de Padoue firent mettre sous la statue de ce mé- decin, et où ils déclarèrent qu'il fut absous (22)? Pierre de Saint-Romualdt rapporte que les inquisiteurs, ayant lu publiquement la condamnation de Pierre d'Apone, firent mettre au feu son effigie. Il remarque aussi qu'ils ne purent trouver son corps, parce que 5a concubine Mariette l'avait dé- terré de nuict secrètement, et caché dans un sépulchre rompu (23).

( E ) Ses accusateurs lui attribuent des Opinions incompatibles: ils veu- lent qu'il ait été magicien, et qu'il n'ai point cru qu'il y eût des dia- bles. ] Nous avons vu (24) comment son apologiste se prévaut de cette con- tradiction; mais il aurait dû prendre garde que Bodin met Pierre d'Apone entre les sorciers qui, pour éluder les poursuites de la justice, soutien- nent que tout ce qu'on dit des dia- bles et de la magie est une chimère. Bodin déclare (ju'il a fait le livre de la Démonomanie des sorciers, entre (ig) Tomasini, Elog. Vitor. Illust.,pag. 2Î.

(20) Ibidem.

(21 ) Spoodanuii, Annal. Ecoles, ad ann. 1 itd, num. 8. Il cite Scardeou. Hist. Patav., lib. II, ctass. IX.

(23) Saint-Romuald, Journal clironol. et liis- toriq. au 3i de déceinhre. //ci'ieBcrnard Scande ", il voulait dire sans doute Rernardin Scardcon.

(24) Dans la remarque (C).

APROSIO.

oni autres raisons « pour respoudre à ceux » qui, par livres imprimez, s'efibr- w cent <îe sauver les sorciers par tous >> moyens, en sorte qu'il semble que )i Satan les ait inspirez et attirez à » sa cordelle, pour publier ces beaux » livres, comme estoit un Pierre d'A- » pone, médecin, qui s'eft'orçoit faire j» entendre qu'il n'y a point d'esprits, » et néanmoins il fut depuis avéré » qu'il estoit des plus grands sor- V ciers d'Italie (aS). » (F) // mourut l'an i3i6, h loge de soixante-six ans. ] C'est ce qu'on lit dans une inscription rapportée par Tomasini (26); cela étant, il faiit dire que Naudé se trompe lorsqu'il dit que Pierre d'Apone, accusé à l'âge de quatre-vingts ans, mourut l'an i3o5 *. Freher dit la même chose, comme tirée de Bernardin Scardeon (27). Disons aussi que Gesner se trom- Fe, en faisant fleurir Pieri'e d'Apone an iSîo (28). M. Konig a copié cette faute (29). Mais le père Kapin s'abuse plus étrangement, puisqu'il le place au XVI'. siècle. Pierre d'Apone, dit- il (3o), médecin de Padoue, quiflo- rissait sous Clément Vil, 5e gâta si fort l'imagination par la lecture des philosophes arabes, et par les spécu- lations trop fréquentes sur l'astrologie d' Alfraganus, qu'il fut mis a l'in- quisition pour auoir été soupçonné de magie. Vossius a suivi Gesner, et a fait une observation qui mérite d'être pesée: Pierre d'Apone, dit-il (3i), enuoya son lit^re de Medicinâ omni- modâ au pape Jean XXH, qui fut élu l'an i3i6, et siéga dix-sept ans. Nous connaissons donc par-là le temps de ce médecin. Mais si l'an i3i6fut celui de sa mort, la conclusion n'est pas exacte, et ne sauve pas d'erreur Vossius.

(aS) Bodin, préface de la Démonomanie des sorciers, pag. 5. Voyez, aussi chap. V, pag. 71.

(16) Tomasious, in Elog. Viror. iliustrium, * Nicéron, loin. XXVI de ses Mémoires, pag. 3i6, reproche à Bajle d'adopter i3o5 psur date de la mort d'Apoae. Ce reproctie est injuste. Bayle est pour i3i6.

(27) Paaius Freher., inThealro Viror. illust., (28) Gesnerus, in Biblioiliecâ, folio 544.

(29) Konig, Bibl. vet. et nova, pag. 49.

(30) Rapin, RéUex. sur la pbilos., num. 28, (30 Vo>îsins, de Scient. Matliem., pag. i8i.

AP1\0SIO(Ant.F.lico), ne à Yiii- timiglia, dans la Rivière de Gè- nes, le 29 d'octobre i6o^, a eu beaucoup de réputation parmi les savans, et a composé un très- grand nombre de livres. Il est sorti beaucoup de personnes de lettres de sa famille [a). Il n'a- vait que quinze ans lorsqu'il st; jeta dans l'ordre des augustins, et il s'y fit tellement considérer, qu'il parvint enfin à la charge de vicaire général de la congré- gation de Notre-Dame de Conso- lation à Gènes {b). Dès qu'il eut achevé ses études, on le jugea propre à enseigner: ainsi il en- seigna la philosophie pendant cinq ans; après quoi il voyagea en divers endroits de l'Italie, et se fixa, l'an i63g, à Venise, au couvent de Saint-Etienne, oii il enseigna les humanités (c). Une des choses qui lui ont été autant glorieuses, a été la bibliothèque des augustins de Vintiiniglia, qui fut son ouvrage, et une preuve éclatante de son amour pour les livres, et de l'habitude qu'il s'était faite de les bien con- naître {d). Il a publié un livre touchant cette bibliothèque, qui est fort recherché des curieux, (A). Au reste, il se jilaisait ex- trêmement à se déguiser sous des noms forgés à plaisir à la tète de ses ouvrages; peut-être n'o- sait-il écrire sous son véritable nom sur des matières aussi peu conformes à la vie religieuse, que l'étaient les différens des (b) Michel JustiniaDi, Scrittori Liguri, (c) Philippus Elssius, in Encomiastiro Augiisliniano, apud 3 uiûniaanm, pag-.t)'.i.

(d) RaS'jel Soprani, ji Sciiltori delhi 1-i- guria. pag. ai.

302 APROSÎO.

beaux esprits touchant l'Adonis parler tle ce livre; du cavalier Marin (B), ou choses LII*'!"J''LJ'''^L!"!' semblables (C). Peut-êlre se plai- sait-il naturellement à la recher- che de différentes allusions, oii à mettre en peine ceux qui ai- ment à ôter le masque à un auteur déguisé. Il aimait assez lui-même cette occupation (D). Quoi qu'il en soit, si vous con- sultez les auteurs qui nous ont donné le catalogue des écrivains de Ligurie (e), vous trouverez par le titre de ses ouvrages qu'il se donnait mille faux noms, tantôt celui de Masoto Galistoni, tantôt celui de Carlo Galisloni, tantôt celui de Scipio Glareano, tantôt celui de Sapricio Saprici, tantôt celui à'Oldauro Sciop- pio, etc. On dit qu'on trouve sa Vie dans l'ouvrage intitulé La Bi- hlioteca Aprosiana. Plusieurs mais il ne savait prime'. 11 en fait mention en divers endroits de son Polyhislor. (i), publie Tan 1688, et toujours comme un homme qui croyait que cet ouvrage n'était point encore sorti de dessous la presse. Il est néan- moins certain que la Biblioleca Apro- siana fut imprimée à Bologne, l'an 1673, et que Martin Fogelius(a), pro- fesseur à Hambourg, en avait un exemplaire, comme M. Morhof avait pu le voir dans le Catalogue des livres de ce professeur; car il cite ce Cata- logue (3), qui fut imi)rimé Tan 1678. Voilà ce que M. Placcius observe dans son Iiu'itatio arnica, publiée à Ham- bourg, Tan 1689. Il ajoute qu'il a fait mention de cet ouvrage d'Aprosio dans ses Pseudonymes (4), et il nous renvoie aux notes sur le catalogue de Pihodius (5). En efl'et, il nous apprend à la page i5o de ses Pseudonymes, qu'il savait par une lettre de M. Ma- gliabecchi à Martin Vogelius, qu'A- prosio, déguisé sous le nom de Cornelio Aspasio Antii^igilmi tra i uagabondi di Tabbia detto i'Aggi- ralo, avait publié un livrein-12, l'an 1673, intitulé Biblioteca yiprosiana, ~ les notes us on ré- voque en doute ce que Scavenius auteurs lui ont donné de grands éloges, et quelques-uns ont pas- P*^"? tempo autonnale. Jians raison (/). 11 fut agrège, entre avait dit, qu'Aprosio avait composé autres académies, à celle de gli un livre intitulé Bihliotheca Apocryfncoem'ti de Venise, comme il;"''o/w«, où il restituait beaucoupd'ouparait par le livre intitule le Glo- ^y^ ^^oute de cela, parce que l'on n^a rie de gli Incogniti, overo gli Huomini illustri delV Accade— mia déi Signori Incogniti di Venetia (E), oii l'on voit son éloge assez amplement. Il était encore en vie, l'an 1680, lors- qu'Oldoïni publia son Athenœum Ligusticum.

{e) Eaffael Soprani et Michel Justiniani, en 1667; AugusliD Oldoïni, en lt)8o.

(y) Magnifica ejus cl plane invidcnda elogia adfrrimtiir à Gregorio Leti, Iliilid régnante, part. IV, lib. III, pag. 877. Volyliist. Morliofii, pag. 38. Voyez aussi (A) // 0 publié lin lii/re touchant la bibliothèque des aiigiislin.<! de f'^inlinùglia qui dl fort recherché des curieux."] M. ML-riiuf avait fort ouï point vu dans les listes des ouvrages d'Aprosio cette Bihliotheca Apocry- phorum, mais seulement Bihliotheca Aprosia. Or, on croit qu'il aura été facile à Scavenius de métamorphoser Aprosia en Apocripha. 11 est un peu étrange que le père Oldoïni n'ait point fait mention de la Bihliotheca Apro- siana, passa tempo autonnaie, puis- qu'il n'a publié son Athenœum Ligus- ticum qu'en l'année 1680. Il est bien vrai qu'il met entre les écrits d'Apro- sio, Biblioleca Aprosiana et Anti- quitates Abintimillienses; mais c'est d'une manière très-propre à nous per- (2) Oi.Vogeliu..

(3) Polylilsi., prtj 37.

(4) Num. LXXir.

APROSÎO.

suader que cet ouvrage n'était point encore imprime. M. Teissier, en 1686, a laissé plus de sujet d'être en doute que de décider quelque chose (7). M. Morhof remarque que M. Leti cite un auteur qui a cité le II*. tome de la Bibliothèque Aprosienne: Producil iJem Leti ex abbate Llbanoro, pag nom h ies écrits sur les di^Jr-it-iis touillant (' Adonis du cavalier Ma- rtfj.] Le cavalier Sligliani ayant pu- blié le livre de l Occliiale, ou de la lunette, qui est une censure piquante de l'Adonis, se vit attaqué de toutes parts (11). On s'aperçut alors com- bien l'Italie était infatuée de l'Ado- 3nQ,locum quo tomus secundus Bi- nis: on courut à cette querelle comme bliothecœ Apiosianœ citatur, quo multi continentur ab Hieron. Safano- rolâ manuscripti libri (8).

Cette citation de M. Leti est fort juste: et par-là, et par d'autres con- sidérations, je suis fort persuadé que M. Morhof n'allègue point sur la foi d'autrui l'Italia régnante, mais qu'il l'avait lue lui-même. D'où vient donc qu'il ne sait pas que la BibUoteca Aprosi'tna fut imprimée à Bologne, chez lesManolessi, l'an 1673, in-12? M. Leti ne l'affirme-t-il pas positi- vement dans la page 877 de la IV*. par- tie de son Italia régnante, et ne cite- t-il pas d'assez longs passages de ce livre d'Aprosio? Il ajoute que l'auteur, ayant raconté sa vie jusqu'à la page ao2, nomme après cela, jusqu'à la page 666, divers auteurs qui lui avaient donné leurs ouvrages (9); et que ce pre- mier volume contient seulement les écrivains dont les noms commencent, ou par la lettre A, ou par la lettre B, ou par la lettre C *. Il croit que les volumes suivans seront imprimés bientôt; mais on l'avaitassuréquele second ne l'était pas, d'où il conclut que le père Libano- ri, qui le cite, n'eu avait vu que le ma- nuscrit (10). Cet ouvrage de M. Leti fut imprimé l'an 1676.

(7) Teissier, Catatog. Auclor. Bibliothec, etc., (8) Mnrliof. Polyhisl., pag. 38.

(t)) JSarrando la sua Viia con l'inseiirvi varie curlosita înlorno ad ainici suoi, Leti, liai. regn., parle IV, pag. 378.

* La BibUoteca jéprusiana est, dit la Bio- graphie universelle ^ comme divisée en deux poriies: la première contient différentes particu- larités de la vie de Tauteur, «t la seconde, une table alphabétique des personnes qui lui avaient fait présent de quelque livre avec le litre eutier du livre, accompagné le plus souvent de circon- stances curieuses e( quelque (ois intéressantes; mais cette table ne contient que les trois pre- mières lettres de l'alphabet. La traduction latine publiée par J. C. VVolf, Hambourg, 1734, in-8°., ne contient que la seconde partie, et non tout l'ouvrage, comme Joly le donne à entenrire.

au feu; mais parmi tant de gens qui prirent la plume pour le cavalier Jla- rin, personne ne témoigna plus de zèle pour l'Adonis, ni plus de feu contre les ennemis de ce poème, que le père Aprosio de f^intimiglia, er- mite de saint Augustin (la). Il publia l'Occhiafe Stritolato di Scipio Gla- reano per rispoita al siqnor cavalière Fra Tomaso Stigliani ( 1 3); La SJerza Poetica di Sapricio Saprici, lo scan- tonatn Accademico Heleroclito per risposta allaprima censuradelV Adone del cavalier Mnrino, fatla dal ca- valier Tomaso Stigliani (i4)j -^^' f^eratro, Apologia di Sapricio Sa- prici, per risposta alla seconda cen- sura deW Adone del cavalier Ma- rino, Jatta dal cavalière Fra To- maso Stigliani. Cet ouvrage est divisé en deu.'t traités (i5): ce fut un ellébore donné en deux prises. Il avait écrit contre le même Stigliani, // f^aglio Critico di Alasnlo Ga- listoni da Terama sopra il S'Jondo nuovo del cavalier Fra Tomaso Sti- gliani da Matera (i6); Il Buratto, RepUca di Carlo Galistoni al Molino del sig, Carlo Stigliani (17).

Notez que Masoto Galistoni da Te- rama est l'anagramme de Tomaso Stigliani da Matera, et qu'au lieu de mettre au titre, in Trevigi, per Gi- rolamo lîighettini, on mit i«/Jo*/ocA, per fVillermo Jf^allop, parce que ce Righettini était un libraire de peu de nom. L' Aprosio raconte cela dans les pages lia et Ii3, du BibUoteca Aprosiana (18).

(ii)^<y-iftBainet, Jug. surles Poèt., «ont. IF, (i3J Imprime' à Venise, en ^^'^i^l.

(iG) Imprimé a Trévise., en 1637.

(i-) Imprimé h Veitisf, en 1642.

(iS; Leti, Italia te^aunte, parte IV, pa;;.

?.o4 APROSIO.

(C) Ses écrits Iraitai^nt tJe ma- tières éloignées de la vie religieuse...ou choses semblables. ] Je ue pense pas que les disputes sur l'Adonis du cavalier Marin fussent plus éloignées de la profession monastique, que les ouvrages suivans: Annotazioni di Oldauro Scioppio aW Arte degli Amanti deW illiistrissimo signor Pietro Michèle nobile f^eneto (19); Lo Scudn di Rinaldo, overo lo spec- chio del disinganno, Opéra di Scipio Glareano (20) j Le Bellezze délia Belisa tragedia dell' illustrissinio signor D. Antonio Muscettola, ab- bozzate da Oldauro Scioppio Acca- demico Incognito, Géniale, etc. (21). 11 y a plusieurs semblables compo- sitions parmi les écrits non Imprime's d'Angeîico Aprosio; mais il ne faut pas dissimuler, 1°. qu'on y voit aussi les leçons qu'il fît sur le prophète Jonas, dans l'cglise de Notre-Dame de la Consolation, à Gênes, l'an i64g, et l'an suivant (22); 2°. Qu'il publia en 1643, sous le nom d'Oldoro Sciop- pio, la traduction italienne qu'il avait faite des Sermons espagnols à' Au- gustin Osorius.

(D) L'occupation de démasquer les auteurs déguisés lui plaisait assez."^ Ce n'était pas tout-à-fait sans fon- dement queSca venins débit a qu'A pro- sio avait fait un livre intitule' Biblio- theca Apocryphorum, où il restituait plusieurs ouvrages à leurs véritables auteurs^ car c'est à lui qu'on attribue deux écrits, dont l'un a pour titre, La Visiera alzata IVecataste di alcuni icrittori che andarono in maschera J'uori del tempo di carnevale; et l'autre, qui n'est que la suite du précédent, s'appelle Pentecoste di alcuni autori ansmmi e pseudonimi scoperti per Mantissa délia Necatasle délia P^isiera alzata. Le père Oldoini ne nous apprend point si ces deux ouvrages étaient imprimés ou non; il dit seulement qu'Aprosio les a écrits sous un autre nom: et l'on ne poui^- rait pas conclure qu'ils étaient impri- més, de ce qu'il rite dans la page suivante, La f^isiera alzata euulgala sub nomme Priant Forbottœ; car il w-kVf (19) Imprin (li) Ihid.

(n) Imprimé à Lovano, Ou Loano, rn i664- (ij) Sofirani, Scritlori delU LiRUria, pag. s^.

fait assez connaître que ce Forbotfa est distinct d'Angelico Aprosio (23). On ne peut raisonnablement douter que les deux ouvrages qu'il attribue à notre Aprosio ne soient ceux dont il est parlé dans le journal de Leip- sic (24)- Ils furent imprimés à Parme, en 1689. Le nom qui parait à la tête est Jean Pierre yUlani de Sienne, académicien humoriste, infécond, et geninlis. Il paraît qu'ils avaient été dédiés dès l'an 1678 à messieurs Ma- gliabecchi.

(E) Il parait par le livre délie Glo- rie de gli Incogniti, qu'il fut agrégé a cette académie'^ Il fut imprimé à Venise, l'an 1647, i/z-4°.Le père Labbe a cru que Jean François Lauredan en était l'auteur (aS) j mais d'autres ne le croient pas, et ils se fondent, entre autres raisons, sur ce que l'éloge de Lauredan, qui est dans ce livre, est trop pompeux, pour devoir être at- tribué à Lauredan même (26). On sup- pose <jue les vers qui sont à la tête de l'ouvrage, et qui félicitent Lauredan, non pas comme l'auteur du livre, mais comme le fondateur de l'Aca- démie de gli Incogniti, ont été cause de l'erreur du père Labbe.

(23) Oldoïnus, in Append., Atben. Ligust.

(?5) Labbe, Bibliot. Bibliothecar., pag. 118, eàil. anni 1678.

(26) Placius, <3e Anonymis, p<»^. ii5. Voyez dans!<• même volume le Catal. de Khodius, pag.

APROSIO ( Paul-Augxistin ), jurisconsulte, et académicien apatiste de Florence, naquit à Vintimiglia, d'une des princi- pales familles du lieu, et qui peut se glorifier d'avoir produit, depuis le commencement du XVir. siècle, jusqu'à l'année 1667, neuf docteurs eu droit, et un médecin. Celui dont je parle, ayant étudié à Gênes sous les jésuites, alla à Rome, pour y étudier la jurisprudence. Il se fit recevoir docteur, l'an 16^9; après quoi, il s'en retourna chez lui, acheta beaucoup de livres curieux, et se retira dans une APU APU maison cle campagne, afin d'y jouir tranquillement du plaisir de la lecture et de la composi- tion. Il a fait des Notes sur la B élise diD. Antonio Muscetola^ qui ont été imprimées avec les Èellezze délia medczima abboz- zate da Oldauro Scioppio, l'an 1664. Lorsque le Soprani, de qm j'emprunte cet article, pu- blia son Catalogue des écrivains de Ligurie, en i6f)7, notre Aprosio travaillait à un grand ouvrage de raiorale sur la défaite des vices capitaux par les vertus opposées [a). Oldoïni m'apprend que cet ouvrage fut imprimé à Gênes, l'an 1674» et dédié au prince de Monaco.

(a) Strags de Vilii capilali trionfati dalle VirtU opposte.

APULÉE (Luaus), en latin Apuleius, philosophe platoni- cien, connu de tout le monde par le fameux ouvrage de ÏAne d'or, a vécu au IP. siècle, sous les Antonins (A). Il était de Madaure, colonie romaine dans l'Afrique (B). Sa famille était considérable (CI): il fut bien éle- vé; il était bien fait de sa per- sonne, il avait de l'esprit, il de- vint savant; mais il se rendit suspect de magie, et celte mau- vaise réputation fait beaucoup de tort encore aujourd'hui à sa mémoire. Il étudia première- nieut à Carthage, puis à Athè- nes, ensuite à Rome (D), où il apprit la langue latine, sans le secours de qui que ce fut. Une insatiable curiosité de tout savoir l'engagea à faire divers voyages, et à s'enrôler dans diverses con- fréries de religion (E). Il vou- lait voir!e fond de leurs prcten- LEE. 2o5 LEE. 2o5 dus mystères, et c'est pour cela qu'il demandait à y être initié. 11 dépensa presque tout son bien dans ces voyages (F); de sorte qu'étant retourné à Rome, et se voulant consacrer au service d'Osiris, il n'avait pas assez d'ar- gent pour soutenir la dépense à quoi l'exposaient les cérémonies de la réception. Il engagea jus- qu'à son habit pour faire la somme nécessaire (a): après quoi, il gagna sa vie à plaider des cau- ses: et comme il était assez élo- quent, et assez subtil, les pro- cès, et même les grands procès, ne lui manquaient pas (b). Mais il se mit encore plus à son aise, par le moyen d'un bon mariage, que par le moyen de la plaidoi- rie. Une veuve, nommée Puden- tilla, qui n'était ni jeune ni belle, mais qui avait besoin d'un mari, et beaucoup de bien, le trouva fort à son goût (G). Il ne fit point le renchéri: il ne se soucia point de réserver sa bonne mine, sa propreté (H), son es- prit et son éloquence, pour quelque jeune tendron; il épousa de bon cœur la riche veuve, dans vme maison de campagne auprès d'OEea, ville maritime d'Afrique. Ce mariage lui attira un fâcheux pi'ocès: les parens des deux fils de cette dame prétendirent qu'il s'était servi de sortilèges pour s'emparer de son cœur et de son argent (I): ils le déférèrent