SigPhi · Pierre Bayle

Dictionnaire historique et critique (Tome 2)

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(S) On a raison de prendre ce li- we pour une satire continuelle des désordres dont les magiciens, les prê- tres, etc., remplissaient alors le mon- de. ] Voici ce que je trouve dans les notes de M. Fleuri: Tota porrô hœc Metamorphosis Apuleiana, et stylo, et sententid, satyricon est perpetuum ( ut rectè obserx^auit Barlhius, Ad- vers. l. 5i, cap. 1 1, ) i« quo magica deliria, sacrijiculoruni scelera, adul- terorum criniina, jurum et latronum impunitœ faclinnes, palàni differun- tur {72). Il ajoute que les chercheurs de la pierre philosophale y préten- dent tiouver les mystères du grand œuvre. Un homme qui s'en voudrait donner la peine, et qui aurait la ca- pacité requise ( il faudrait qu'il en eût beaucoup ), pourrait faire sur ce roman un commentaire fort cu- rieux et fort instructif, et oîi l'on apprendrait bien des choses que les commentaires précédens, quelque bons qu'ils puissent être d'ailleurs, n'ont point dites. Il y a quelques en- droits fort sales dans ce livre d'Apu- lée. On croit que l'auteur y a mis quel- ques épisodes de son invention, et entre autres celui de Psyché: Horuni certè noster ita imitator fuit, ut è suo penu innumerahilia protulerit, atque inter cœtera t'enustissimum it- lud Psychés 'ETrênT-cxTiov (73). Cet épisode a fourni, de nos jours, la ma- tière d'une excellente pièce de théâ- tre à Molière, et d'un fort joli ro man à M. de la Fontaine.

(r.'7) Joli. Albcrlus Fabricius, in Bibliolbecâ (7») L'a, ni me, fiag. 716.

Xtiiiaà, pag. li'i et seq. (73) Julius Floridiis, Comment, ad utum (63) La Croix du Maioe, Bibllolhéque fran- Pelp/nni in Apuleiuin.

(fi<)) La Croix du Maine, pag. 118; du Verdicr, pag. 448. AQUjEUS (Etienne) en Fran- AQUiEUS. 219 Beauvais en Berri (a), son pays parle ci-dessus dans la remarque (A).

natal, se fit estimer par ses Nous allons parler de sou Commentaire '...*^ sur rline.

actions militaires, et par ses (C) Son Commentaire sur Pline...écrits (B), sous le règne de Fran- n'est pas au fond fort bon.'] 11 est plus cois I". Ce n'est pas que son considérable par sa grosseur que par Co?}imeniaire sur Pline, qui est ^^ ^•^.^^°'=« qu'il contient. L'auteur ne ,.,,, ^. cornée qu eu plagiaire, et saute presle meilleur de ses ouvrages, soit g^^ tous les endroits difficiles. C'est le au fond fort bon (C); mais c'é- jugement qu'en porte le père Hardonin.

tait beaucoup, en ce temps-là, Commentarios, dit-il (5), scripsu in autant. Le Commentaire tut emendaliones allas habet, quàm quas imprimé l'an l53o. Le père à Rhenano mutualus est: ei ea ferè in Hardouin (D) n'a pas bien su quibus salehrarum est aliquid aut amcette date * ^"S^^^ solet is ceu fot^eam, securus prœtergredi. Il tomba dans le défaut (a) Du Verdier, Bibliothèque française, de plusieurs autres écrivains: il s'acpag. 278. commoda du bien d'antrui, sans ' La Monaoie, dans ses remarques sur la nommer son bienfaiteur; et il ne le 1533: Leclerc du i5Sj. 3^^.^,. Rhe'nanus ne se tut pas en cette (A) Ils' appelait en français de l'Ai- guë. ] C'est ainsi que les Gascons appellent l'eau. Cet auteur se nomme Etienne de l'Aiguë dict Beaulnois *, à la tête de sa traduction de César, à l'édition dont je me sers, qui est celle de Paris, chez Pierre Gaultier, (B) // s'est fait estimer par ses ac- tions militaires, et par ses écrits. ] Voici l'éloge que le Père Hardouin P«"Pe'Ç«/.'* < lui donne: Tir nobilis in primis, ac ^V"^. i>Miothecam instructam, puta rencontre '^: voici ce qu'il écrivit à un médecin du cardinal de Mayence: Moc niirum, quod qiiiim ex nieis cas- tigationibus nonnihil sit adjutus, nus- quhnt tamen met nienlionem facit, nisi quoties l'ult raprehendere (6). Le ju- gement général qu'il fait de ce livre- là mérite d'être rapporté: In primis ipsurn folumen non est exiguum, ex variis congestum auloribus, quod usui pauperculis esse possit, qui non ham.ilitiâ quoque exactâ egregiè sordi dus (i). Les ouvrages qu'il publia sont: Singulier traité, contenant la pro- priété des tortues, escargots, grenouil- les, et artichauts, à Lyon, in-8°. (2); Les Commentaires de Jules César de la guerre des Romains, et autres ex- péditions militaires parlai faictes ez Gaules et en Afrique, à Paris, i53 1, Arislotelem et Albertum de Anima- libus, Raphaelem f^olaterranum, ex qiio intégra fermé capita aulor trans- cripsil bond fide, hoc est, una cum ipsis mendis ne syllnbâ quidem mu- tatd, Ccelium Rhodiginuni, Colw mellarn etiani, Palladiumque, et si- miles scriptores. JVam hnc prcecipuc. habet studio, cilare testimonia auto- (3). La Croix du Maine parle de celle *". '/'".*. "»«""."'" solhcitus, quod de Paris, cUez les Aneeliers, en J53q '7 peintus puérile i'ulelur. In summd (4), mais non pas de celle dont j'ai ^'^^'^ ««^" ^^^ 'Z"' f non magnopere ' jufet, excitet tamen tiCteras, et Pliniiwi Leclerc présume que Beaulnois a élé mU ipsum fulgo fort/lssis COmmendet, quœmihi res in primis grata est (7). (D) Le père Hardouin n'a pas bien (>.ir faute il'impression, au lieu de BeaulfoU ou Ih-nufoix, l'auteur écrivant ainsi indifl'éremment le nom de sa seigneurie.

(1) Harduiiius, prtefat., in Piinium.

(2) Du Verdier, Bibliothèque française, pag. 2';8. La Croix du Maine marque l'e'Uition de Paris, en i53o.

(3) Du Verdier, Bibliothèque française, ptig. a-jS.

W La Croix du Maine, BiUlolhcqn; fran- •;aise, ptig. ^G.

(5) Harduinus, P rie fat., in Piinium.

* Sa lettre, dit Leclerc, est du mois Je mars i.'iiii ( i532 à notre calcul).

;6) Voyez la lettre de la Centuria Epistola- rura Pbilologicarum, publie'e j <zr Golda.^t, pii£. igC, cdllion de ^G-|!^.

(7) Ibidem.

AQUAVIVA su la date de V édition du Commentaire heureux pour obtenir sa liberté d'u4quceus sur Pline.] Il remarque,3^ Ferdinand roi d'Aragon, lorsque Sigismond Gelenius publia un vo lume de corrections sur Pline, l'an î535, et que, l'année suivante, Béatus Rhe'nanus fit paraître son travail sur re même auteur; et qu'au bout de quatre ans notre Aquseus fît impri- mer son Commentaire (8). Il faudrait donc qu'il l'eût publié l'an 1 54o. Or il est certain qu'il le publia en i53o. Je m'imagine que le père Hardouin s'est abusé, pour n'avoir pas su que Gele- nius travailla deux fois sur Pline, avant l'édition de i535 (9). Il se peut faire que le livre d'Aquœus soit pos- térieur de cinq ans aux premières corrections de Gelenius.

(8) Hardninus, Prœfat., in Pliniiim. (g) Voyez la lettre LXIX du XXX'. livre AQU A VI VA (André-Mat- thieu), duc d'Atri, dans le royaume de Naples, et fils de Jules Aquaviva, comte de Con- versano (A), ajouta à l'éclat de sa naissance une érudition qui le rendit très-illustre, vers la fin du XV*. siècle, et au com- mencement du XVP. Il ne se que Gonsalve, surnommé le grand capitaine, le voulait en- voyer en Espagne, avec les au- tres prisonniers. Depuis ce temps- là, il jouit tranquillement des douceurs de la vie privée, au mi- lieu des livres, et de la conver- sation des hommes de lettres, dont il se vit fort loué et fort honoré (C). Il inspira la même ardeur pour l'étude à son frère Bellisaire, qui devint lui aussi auteur (D). Notre Aquaviva au- rait été plus heureux, s'il eût été un peu meilleur économe; mais pour avoir fait trop de dé- penses, pendant plusieurs an- nées, il se trouva enfin incapable d'en faire assez. Il mourut à Conversano, âgé de soixante- douze ans, lorsque les troupes de France, sous la conduite de Lautrec, ravageaient la Fouille 1,,. ■,.. 1 la) Ex Jovii Elos. doctor. Vir., cap.

contenta pas d étudier, et de se lxiii.

familiariser avec les savans: il.>,,,./,,, r,.

Al • j r • j 1- (A) Il était fils de Jules Aqvavwa, se mêla aussi de faire des livres, ^^'J^ ^j^ Coùersano.2 Ce comte se et il s en tira honorablement, distingua en plusieurs rencontres par comme il paraît par l'ouvrage sa valeur, et il commandait l'armée qu'il intitula L'Encyclopédie, ^"^ tapies lorsqu'il fut tué dans une et par un autre, ou il traite de assiégeaient Ôtrante, l^an 1480 (.).

la Vertu morale (B). Il fit aussi Son fils, dont nous parlons dans cet un livre de Re Equestri. Mais article, fut inconsolable de cette perte avant que lettres avec avait donné au métier des armes le ne ILquestri. iViais arricie,iuiinconsoiaDiei tout ce que sa naissance pouvait exiger de lui; et il s'y était si- gnalé, encore que la fortune lui eût été fort contraire. 11 s'était trouvé deux fois à des batailles perdues, et y avait été blessé et faitprisonnier. L'étude le consola dans sa prison, et il fut assez ouvrage où, il traite semble que Paul Jove veuille dire que c'était un commentaire sur le traité de Plutarque de la vertu morale; et c'est ainsi que l'auteur moderne des notes sur les poésies latines de Sannazar l'a en- tendu: Librnm nempè nobilem cui Encyclopœdia nomen, itemque Com- (i) Vorei /'Histoire de Mahomet II, par Gtiillet, lom. II, pag. Z^/i.

(2) J'^oyen les cfl/.r «^ue MnruUe lui adressa, Epigiaram., lib. I, pag. i(i.

AQUIN. 221 mentarium in Plularchuni de vir- sur ia lîu, et la M". Épigramme du 11*.

tute morali (3) 5 mais je n'ai point livre. Pour ce qui est Je l'Épigramme trouve' assez de clarté dans les ex- XLIV du même livre, je doute qu'elle pressions de Paul Jove, cour oser soit à la louange de notre Aquaviva me déterminer à ce sens-là:j'ai mieux comme l'a cru l'auteur des Notes sur aimé me tenir dans une idée plus va- Sannazar (6): elle s'adresse ad Nengue. Voici le latin de cet auteur: tinorum JJucem qui, selon le témoi- Werno ex his qui illustribus orti/a- gnage de Paul Jove, était Bellisaire miliis œlate nostrd claruerunt An- Aquaviva, frère d'André-Matthieu.

dred Matthœo Aquwiuio...se lucu- La T*. Élégie du IIP. livre ne se raplentiîis optimis disciplinas exornavit; porte point non plus, ce me semble utï prœctaiè constat eo libre nobili à ce dernier j mais à Jules Aquaviva pariter ac erudito qui Encyclopœdia son père. Voyez dans l'auteur que je inscribitur, et de morali virtule Plu- cite le nom de plusieurs écrivains larchi plenior liber subtili et copioso qui ont célébré notre André-Matcommentario persimilis ostendit (4). tbieu (7).

Cela semble signifier une paraphrase (D). Son frère Bellisaire déteint fort travaillée de ce traité de Plu- aussi auteur. ] Il fît un traité de Ve- Depuis la première édition de ce son frère; un autre, (/e Aucupio; un Dictionnaire j'ai eu occasion de dé- aaire,de Principuni liberiseducandis ■ couvrir que Paul Jove s'est mal ex- primé j car voici le titre de l'ouvrage de notre Aquaviva, dans l'édition de Naples en i526, in-Jolio: Commen- tarii in iranslationem libelli Plutar- chi Chœronei de uirtute morali...liber primus. Le titre de l'édition d'Alle- magne, en 1609, Jn4° » est plus long: Illustrium et exquisitissimaruni dis- putationum libri quatuor: quibus om- nes divinœ et humanœ sapientice, prce- sertlni anitni rnoderatricis, musicœ un autre, Je.fie inililari; et un autre, de singulari Ceriamine. Ces ouvrages, imprimés premièrement à Naples, in-folio, l'an iSig, furent réimprimés àBâle, t/i-8°, l'an 1578, par les soins de Leonclaw, avec le Manuel palaeologue de l'éducation royale.

(6) Nolœ in Sannaz., pag. 188. (7j Nicodemo, Addiz. alla Bibliot. Napolet., atque astrologiœ arcana in Plutarchi AQUIN J PHILIPPE d') en latin Chœronei de uirtute morali prœcep- Aquinas OU Aquinius, s'est actionibiis recondita summo ingenii acu- quis beaucoup de réputation par 7nine retecta patejiunt, et /iguris suo j^ connaissance de l'iiébreu, qu'il dontj'empruntececi(5),ni Léonard enseignait a Pans sous le règne Nicodemo, ne font aucune mention de l'ouvrage intitulé Encyclopœdia. (C). Il fut fort loué et fort honoré des hommes de lettres. lAlexander ab Alexandre lui dédia ses Jours géniaux. Pontanus lui dédia son l""^, livre de de Louis XIII, et par les ou- vrages qu'il publia (A). Il était originaire d'Aquino, dans le royaume de Naples (a), et de là venait son nom; mais il était né /iebus ccelestibus, et son traité de dans le pays d'Avignon * Il se Ma^nanimitate. Sannazar l'a loué dé- convertit du judaïsme, et il eut une pension du clergé de Franlicatemeut sur ce qu'il était, comme on l'a dit depuis de M. de Montau- zier, Favori de Pallas, quelque nom qu'on lui donne. Ou celui de Minerve, ou celui de Bellone.

Voyez la dernière élégie du II*, livre (3) Not» ad Sann. Elegias, pag. 188, edit.

(4) Paul. Jovius, Elog., cap. LXIII, pag, (5) Toppi, Bibliot. Napolet., pag-. 14.

(a) Je ne sais cela que par ouï-dire.

* Leclerc du qu'il uaquit à Carpeniras. Son nom élait Rabbi Mardocai. Cliassé de la synagogue d'Avignon en l6lo, à cause de son penchant au christianisme, il se réfugia dans le royaume do Naples, et se fit baptiser à Aquino. En ayant pris le nom il en clwu- gea la terminaison lorsqu'il vint en France quelques années après II y est mort vers l65o.

22:i AQUIN.

ce (b). Il est fait mention de lui ancienne, ensemble de la forme des sa- dans le procès du maréchal d'An- orifices judaïques le tout curieuse- /T>N c- ' j HT ■ 1 • ment recueilli et fidèlement traduit des cre (B). Simeon de Muis lui a ^i^,,^^^,„ et\nciens auteurs /re- donne bien des louanges (C): hreux -. auec un discours du Camp Valérien de Flavigni, au con- des Israélites, et la description des traire, en a dit du mal (D). Il y A'^^'-'erie*, duRatwnaldugrandprestre T TT j» ajoutes a la nn pour la seconde édi- a eu un Louis Henri d Aquin,,,„« rei'ue par l'auteur, à Paris, aux contemporain de celui-là, et fort dépens de l'auteur en 1624, t/2-4°^ versé comme lui dans les lan— Seckinas Olam^ouVExamendumon- enes orientales. Je ne sais s'il 'jf, de Rahi Jacob; sentences morales ^. r\ M c ' /■ \ ri "*•* anciens Hébreux, et les treize était son fils * ou son frère (c). Il anodes desquels ils se servaient pour traduisit quelque chose d'hébreu interpréter la Bible, à Paris, chez Jean en latin (E). Il avait aussi été Lacquehay, en 1629, in-8'>; Phil. iuif, et il fut aussi pensionnaire ^<i^^natis, hebmicœ Unguœ profess. ■',, r.? A Liaclirymœ in obitum illuslriss. cardi- du cierge. Antoine d Aqtjin, nalisdeBerulle, Parisiis, apud Joanqui a été premier médecin de nem Bessin, 1629, in-8°. Louis XIV, était petit-fils de (B)- ^J est fait mention ds lui dans Philippe ^^ procès du maréchal d'Ancre. ] La ^ ^ ' chose est trop singuHère, pour ne (6) Voyez l'épure dédicatoire de son la- devoir pas être rapportée: « Item, est terprétaiion de l'Arbre Ae la Cabale. x vérifié par informations, mesme * Leclerc dit qu'il e'tait son fils. Ne' eu » par la déposition de Philippes Dacl6oo, il fut père d'Antoine. „ quin, ci-devant juif, et aujour- (c) M. Colomie's croit qu'U était son fis. m d'hui chrétien, lequel Conchine et (A) Il s'est acquis beaucoup de ré- " sa femme ont mandé à Moulins, putationpar les oui'rages qu'il publia.^ » où estoit icelui Dacquin, chez le En voici la liste: Dictionarium He- " lieutenant criminel (2J, que Conbrœo-Chaldœo-Thalmudico-Rabbini- " chine et sa femme se sont aidez cuiu, imprimé à Paris, Tan 1629, » delà cabale et des livres des juifs.

in-folio. Les Racines de la Langue Sainte, ad formant Cubi Hutteriani, à Paris, en 1620, in-16; la traduc- tion en italien des Apophthegmes des anciens docteurs de l'église judaïque.

» Estant à noter ce qu'a déposé ce » Dacquin, que Conchine, en la pré- w seuce de sa femme, auroit osté un » pot de chambre pour l'impureté, et emporté hors l'imase du crucirecueillis parle rabbinSiméon, fils de " hx, de peur d'empeschement à Gamaliel; l'Exposition des treize manières dont les anciens rabbins se sont seruis pour expliquer le Penta- teuque (i); V Interprétation de l'Arbre de la Cabale, enrichi de sa figure ti- rée des anciens auteurs hébreux, à Paris, aux dépens de l'auteur, en iGaS, in-S^.j Discours du Tabernacle et du Camp des Israélites, à Paris, chez Th » l'eflet que Conchine et sa femme prétendoient tirer de la lecture de quelques versets du psalme 5i Mi- serere meî en hebrieu: laquelle lec- ture ils vouloient faire faire par Dacquin en la forme qu'elle leur avoit esté faite quelquefois par Mon- lalto. » (C) Siméon de Ifluis lui a donné Biaise, en i6a3, in-^"; Explications bien des louanges.] Voici ce qu'il dit littérales, allégoriques et morales du sur le verset 1 4 du psaume XXXV: tabernacle que Dieu ordonna à Moïse, Ciim hîc hœrercm dubius, Philippus des habits des prêtres, et de la façon yJquinas, è judœo christianus, i/ir qu'on consultait le Rational en la loi rarœ et cxquisitissimœ in hebraïcis * Leclerc remarque que ce livre, écrit en latin, ne fut pas, comme le dit lu père Lclong dans sa Sibliolheca sacra, publia sous le nom du père Arnoux, conTesseur de Louis XIII, mais dédié j ce jésuite.

(2) Peut-Ktre y était-il précepteur de Gilbert Gaulmin, quia reconnu qu'il avait été disciple de Philippe d'Jr/uin. Integrum MS. librum, dit-il, ad liliros de Fild et Morte Mosis, pag. 3o5, ex Pbilippi Daquin Prœceptoris olim mei Zit/A)tMotÇ de.scrjpsira««.

ARA litteris doclr'uue, et quem uunqu'am frustra consulas, forte venit ad me t^isendi gratid, et uenitquidemoptatus. nie stahm alque de re communiccfi, ut singulos Bibliorum i^ersus, imo et voces singulas in numerato habet, ac tanquamdig'Uos tenet, indicai^it locum (D) f^atérien de Flauigni...en a dit du mal.} Il était professeur en he'breii, dans le Collège royal, à Paris j il fronda cruellement la Bible de M. Le Jai: il soutient que le texte hébreu y avait été misérablement défiguré par Philippe d'Aquin: Tôt ac tantis conspurcatum maculis atque sordibus, obstetricantibus impurissimis manibus Philippi Aqidnatis, Ai'enio- nensis, ex judœo christiani, ut a plan- ta pedis usqus ad vcrticem non sit in eo sanitas (3).

(E) Louis Henri d'Aquin traduisit quelque chose d'hébreu en latin (4)-] Lisez ce qui suit: Commentarius Rabi Leuifiui Gersonis in libruni Jobi, seu in quinta prima capita, interprète Ludo- i'ico Henrico Aquino Lutetiœ, à Paris, chez Th. Biaise, en 1622, tn-4°. ^ Scholia Rabi Salonionis Jarchi in libruni Eslher: item Excerpta quœ- dam ex Talntudo et Jalcut in eumdeni libruni, interprète Lud. Henr. Aqui- (3) Flavigni, in Epistolà de Heptaplis Paii- siensibus, a^u^ Colomesium, Gai. Oriental-, (4) Voyes. Calomiés, Galliœ Orient, pag, ARAGON (Alfonse,V*. dunom, ROI d'). Cherchez sous le mot NAPLES, Alfomse, \". du nom, ROI DE NaPLES.

ARAGON ( Jeanne d' ), femme d'Ascagne Colon na, prince de Tagliacozzi, a été une dame très-illustre dans le XVP. siècle. Elle était de Naples, et descen- dait des rois d'Aragon. Les beaux esprits de son temps firent son- ner ses éloges d'une façon ex- traordinaire (A). Le philosophe Augustin Niphus ne fut pas des moins empressés à lui rendre des hommages. Il la représenta si belle, et il particularisa de telle sorte les perfections de son corps (B), qu'il s'est trouvé des auteurs qui ont dit qu'il l'avait flattée, et que l'amour l'avait jeté dans les hyperboles (C). On a même prétendu que sa qualité de médecin lui avait donné des privilèges qui l'avaient enflam- mé d'amour (D). Ces pensées me paraissent fades {a). Ce ne fut point seulement par sa beauté qu'elle se fit admirer: le cou- rage, la prudence et la capacité des grandes affaires la distin- guèrent extrêmement des autres femmes de qualité {b). Sous le pontificat de Paul IV, elle eut part aux résolutions qui furent prises par les Colonnes contre les intérêts de ce pape. On l'au- rait emprisonnée, si l'on n'avait eu quelques considérations pour son sexe; mais en cette considé- ration, on se contenta de lui défendre de sortir de Rome. Elle ne laissa pas d'en sortir bien adroitement (c) (E), afin d'être plus en état de seconder les entreprises de son fils, qui était ce Marc-Antoine Colonne, qui acquit dans la suite tant de gloire à la bataille de Lépante. il ne paraît pas qu'en ce temps- là elle fût bien avec son mari; car elle était entièrement dans les intérêts de son fils: or il y avait une mésintelligence si ou- trée entre le père et le fils (F), que celui-ci contribua à l'emprisonnement de l'autre pour crime d'état. Chose fâcheuse, qu'une dame d'un si grand mérite fût (a) Voyez la remarque (C).

(b) Voyez la remarque (E).

(c) En l556. Voyez la Vie du duc d'AIhe, el ci- dessous la remarque (\], 224 ARAGON.

d'ailleurs en mauvais ménage les jésuites, puisqu'elle fit rebâavec son mari! Cela n'est point tir l'église de Saint- André, que aussi rare qu'il devrait l'être l'évèque de Tivoli leur donna parmi les personnes de son sexe l'an i566 (i). Jusqu'ici, je n'ai qui ont de si grandes qualités, rien dit de sa généalogie: il est Elle témoigna beaucoup de con- bien temps que j'observe qu'elle stance, lorsqu'en 1 55 1 elle per- était fille de Ferdinand d'Aradit son fils aîné. Ce que l'Arétin gon, duc de Montait© (K), troilui écrivit là-dessus est assai- sième fils naturel de Ferdisonné de grands éloges. Voyez nand l"., roi de Naples, le Vr. livre de ses lettres, au feuillet 5 (d). Elle avait une '^^ ^ sœur, qui fut fort belle jusque (A) Les beaux esprits de son temps dans sa Vieillesse, et qui eut une i^traord.naire.^i Je n'ai point vu^ de bru illustre (G). dictionnaire où l'article de cette Il n'y a guère de remarques dame se trouve: c'est un péché d'odans son article qui ne puis- mission très-digne d'être censuré; quoi j'ajouterai ici, dans cette dont le mérite eût été loué, ni par nouvelle édition, comme un autant de beaux esprits, ni en autant supplément à ce que j'ai déjà dit ^e langues que le fut au XVP. siècle , ^1,,.^.• ^, s' ' celui de Jeanne d Aragon. Les poésies, après que son temple eut ete été recueillies par Jérôme Ruscelli, construit par les soins de Jérôme et publiées à Venise, en i555, sous Ruscelli, il y eut un galant au-!« ^itrede Temp.o alla Divina Signora images (H). La vie du duc d'Albe tutte le lingue principali del mondo. me fournira de nouvelles parti- L'apothéose poétique de cette dame leries qui obligèrent cette dame beaux esprits s'avisèrent, de leur à s'enfuir de Rome, l'an 1 55o propre mouvement, de témoigner ( f) (I). Elle était déjà fort âgée, leur dévotion à cette divinité, et de à ce que dit l'historien du duc jui préparer un temple; et ensuite , " Ti /• 1 '11 •* 1 affaire passa en décret, lan i55i, d'Albe. Il tant donc quelle ait ^ Venise, dans l'académie de Dub- joui d'une longue vie; car elle biosi. Après plusieurs délibérations mourut au mois d'octobre 1577 et consultations sur un incident qui , ^ T7I1 •* J À ^^,f:^k se présenta, savoir si ce temple ap- (g). Elle avait donne en lôyS ^^^ji^^drait conjointement"^ à ^la aux capucines du baint-bacre- Donna Giovanna d'Aragon, et à la ment le lieu où l'on fit bâtir le marquise du Guast sa sœur, le décret monastère qu'elles ont à Rome porta que, vu les oppositions qui xI^ r>\^ c tr x TU ' 1 «,- lurent laites anciennement de la part (^h). Elle fut fort libérale envers j^^ p^^,.^^^, Marcellus, lorsqu'il (d) De l'édition de Paris, en 1609, in-S". vo"l"t dédier un même temple à la (e) a-après dans la remarque. (A). Grlo're et a la Vertu, la marquise du (/) f-orez les remarques (E) et (F). G»ast ne pourrait avoir sa part au (e,Toma.soCosio,Compei.diodell'Istoria temple de sa sœur, qu'au moyen de di Sapull, parte III, folio 168. quelques interprétations particuheres.

pag. 541, édition de Borne, en i653. celli recueillit les vers, mais lui aussi, ARAGON.

aaS dans la prose de son e'pUre dédica- toire au cardinal de Trente, et dans celle de la préface, se servent des termes d'adoration, et de divin: il est vrai qu'il y ajoute ce correctif, que l'adoration de cette dame serait relative au Souverain Etre, qui lui avait confe're tant de perfections. Voici ses paroles: Quesla conoscenta...ha Jatto quesù anni a dietro che conos' cendosi in unwtrsate ed in jiarticolare da ogni piii laro giudicio, i gran rne- riti, ed il somnio i^alore e la beUezza infinila di coipo et d^animo délia illustrissirtia ed eccellentissima Si- gnora donna Giovanna d'Aragona, si sieno tutti i piii begli spiriti di com- mune consentimento posti a aacrarle un tempio, corne a donna intera- mente diuina, e la quale, corne no- bilisiima fatlura e seinbianza del sommolddio, meriti feramente d' esser con la lingua e col cuore adorala per immenso honore del fatlor suo; po- tendosi degnamente da ciascuno far giudicio, quanlo sia iii/inito il sapere, il poiere, e Vamor ueno di noi di chi cosl (alla capncita délia mente nostra ) infinitamente bella e per- f'etla, e degna d'esser adorala crea- tura habbia potuto, saputo, et degna- tosidi voler fare in questaeta nostra. Il dit dans la pre'face, que le précis de toutes les pièces de son recueil est, che questa gran donna ^ corne per fet- iissima di corpo e d'anlmo, e corne particolarissinia Jattura del somrno Iddio, meriti d'essere adorata ad ho- nore del J'attor suo. Oi'ero che cias- cuno partitamente l'qfferisce il suo voto, a la purita delV affetlo suo. Les langues les moins âcxibles à la poésie, et les moins connues, furent employées à la construction de ce temple, comme vous diriez la scla- vonne, la polonaise, la hongroise, l'hébraïque, et la chaldaïque; et ce n'est peut-être qu'en faveur de M. de Peiresc (i), qu'un pareil, ou même qu'un plus grand concours de langues, a été mis en usage.