SigPhi · Pierre Bayle

Dictionnaire historique et critique (Tome 2)

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(29) Plularrh., de Placit. Philos., lib. I, cap.

(30) Just. Martyr. Adraonit, ad GriBCOs, (3i) Augiist., de Ciïitate Dei, lib. VIII, cap. II. Voyez aussi Clément ÂlexanJr., l'n Proir., pag. l^i (3a) Simpl., in /nm. librum Physic. Aristot.

(33) Diog. Laërt., lib. Il, p- f'S, num.,).

258 AKCIIÉLAUS.

y a quelque créature dont la forma- cujusque lei naturâ (36). Le sens qu'il tion ait besoin d'être dirigée par un donne à ces paroles me paraît fort esprit, c'est assurément la machine juste: il entend par-là qu'Archelaiis des animaux. S'ils ont fait ce que je avait recherche les choses dont la na- suppose, ils n'ont rien dit là-dessiis ture était singulière: quœ proprice que l'on ne puisse concilier avec TE- ac sinijulans naturœ simt, comme criture Sainte; mais s'ils ont cru, que les chèvres ne sont jamais sans comme tant d'autres, qu'au commen- fièvre, et qu'elles respirent par les cément les hommes sont nés de oreilles, et non par les narines: -.</u- la terre par la seule force de Thu- rihus capras spirare, non naribus, nec midité et de la chaleur, etc., ils ont unquàin febri carere, yJi chelaus auc- dit une sottise la plus ridicule du «or e^t (S^)- Athénée a cité un Arche- monde et ils n'auraient su se tirer laiis h to»ç (Jio<fi/£o-!7iv, et lui a donné de la question pourquoi, dans la le surnom de Chersonésien (38). Da- suite des temps, on n'a jamais vu lechamp a traduit très-mal ce grec naître des hommes de cette manière, par sud propriâqueslirpe Renais (39)j Cette question ne les aurait pas em- et je m étonne que Vossius n'ait pas barrasses dans l'autre cas, puisqu'ils employé pour cet endi'oit-là les mê- auraient pu répondre, comme fe- mes pax'oles qu'à l'éf;ard de Diogène raient les chi'étiens, que Tintelligen- Laërce; il s'est servi de celles-ci de ce ayant une fois formé des animaux proprietate naturœ (4o): et néanmoins doués des moules ou des parties né- il estime qu'Athénée et Diogène Laër- cessaires à la propagation, n'en pro- ce ont pai'lé du même auteur. Cela duisail plus elle-même, la conserva- est fort apparent, quoique Anligonus tion des espèces étant assez en sûreté Carystius donne l'Egypte pour patrie par l'inclination à s'accoupler qui à Archélaiis, qui composa des épi- est dans les mâles et dans les fe- grammes sur les singularités merveil- melles. leuses de certaines choses, et qui les (C) f^oici quelque chose touchant adressa à Ptolomée. Il est fort possi- un poëte qui se nommait Archélaus.] ble qu'un Archélaiis, natif de la Cher- II fit un ouvrage sur la nature parti- sonèse, ait passé pour Égyptien: il culière des choses, c'est àdire, sur suffit pour cela qu'il ait fait un long leurs singularités, ou sur les pro- séjour en Egypte (4i )• M. Ménage, priétés qui les distinguent. Ce que l'on qui prétend qu'au lieu d'iiTtocft/î), il en cite ne nous permet pas de douter faut lire dans Diogène Laërce J'ki^vÛ que ce ne fût là le vrai caractère de (^i), ne me semble point avoir rai- cet écrit. Diogène Laërce l'a désigné son. Il se fonde sur ce que le scoliasle par ces paroles: o tùL lS'io<^uîi TToivts-ctç de Nicauder cite Archélaiis sv tok Ai- (34) qui quœ cuique rei naturâ sunt <^u'i(n, c'est-à-dire, in libro de iis qui propria uersu prndidit. Casaubon ne sunt ancipilis naturœ. Ce fondement devait pas censurer cette traduction n'est point solide j car comme l'ou- latine, sous prétexte que, selon le vrage d'Archélaiis n'était point bor- témoignage d'Antigonus Carystius, né à cette sorte de singularités qui ce livre d'Archélaiis était un recueil distinguent les animaux amphibies, d'épigrammes où l'on rapportait les ou les animaux qui naissent de l'ac- qualités extraordinaires et merveil- couplement d'un mâle et d'une fe- ',,^r\ 1 L „ (36) Vossius, de Hisloricis gracis, Ub. III, nir au titre rapporté par Diogène (i-j) PHn., lib. rill, cap. L.

Laërce: et, en tout cas, le traduc- qs) Aihea., Uh. IX, cap. uU., pag. 409.

teur n'a point dû donner à ce titre (39) Dalcchamp, Annotai., in Athen., pag.

une signification moins générale que -^. Le pi, e \Urào«\p dans.^o» Index Auior.

celle du terme grec. Vossius n était p„r de rébus" quœ singulis in locis propria gigpoint du goût de Casaubon, puisqu il nuntur.

a traduit les paroles de Diogène Laër- (40) Vossius, de Historicis grsecïs, lib. lit, ce par oui carmen fecit de proprid Vf- ^'9- i,.

(34) Dlog. Latirt., lib. II, iium. 17, p. 90. forez Strabon, liy. Xiy, pag. ^^i.

(35) Cas«ub., in Diogen. Lacrt., lib. II, (4») Menag., in Diogen. LacrJ., lii. 11^^ ARCHÉLAUS.

nielle de diverse espèce, il serait dé- raisonnable de supposer que fauteur employa un titre détermine à cela. Il vaut beaucoup mieux, ou corrifjer le scoliaste par Diogène Laérce, ou dire qu'Archélaiis, ayant divisé son ouvrage en plusieurs traités, donna un litre jjarticulier à chaque traité; celui de h<^!/>i, par exemple, aux épi- grammes où il parlait des amphibies. Sur ce pied-là, on pourrait croire que ceux qui citent Ai'chélaiis, lib, i. TTipi TTOTO-fAMy, de flutnis (43), lib. i, •TTift hlSoov, de lapidihus (44) > citent des parties de l'ouvrage dont le titre général était <<rio4i£/î); mais j'aimerais mieux dire qu'il s'agit là d'un tout autre Archélaiis. Je ne fais pas un semblable jugement sur les citations d'Artémidore (45): Je crois qu'elles concernent l'auteur des <<f»o^f>).

Admirons ici les inconstances de la mémoire. Vossius, dans son ou- vrage des historiens grecs, parla doc- tement de cet auteur: il rapporta ce qui s'en trouve dans Varron, dans Pline, dans Athénée, dans Artémi- dore, dans Antigonus Carystius, etc. 5 mais il ne se souvint plus de cela lors- qu'il fit ensuite son traité des Poètes grecs. On y lit ceci: Idem ( Arche- laus physicus ), ut ait Suidas, a-vv- ÎTci^î ^ufioMyioLV (*'). Id sic Lilius Gyraldus uertit in iu°. Dialogo de poëtis (*'): quae naturœ propria sunt, multis versibus collegit. Itaque et jirchelaum inter poëtas recenset. Sed addit poëtani physicurn esse alium ab Socratismagistro.At undè id adstrual non video. JVam Suidas clarè ait ^uiTioKaylctv conscriptam ab Archelao physico, Socratis magistro. Imà nec video, undè colligat, quempiam Ar- chelaum carminé scripsisse de rerum naturâ. Sallem. ex i>erbo o-:/vt«ttsiv, quo Suidas utitur, id colligi nequit. Jit Laërtius, cùm dicat très prœlerea Archelaos fuisse, non tamen poëtam in lis memorat (46). Voilà un très- (43) Stobée lefail Serm. I, de Morbis et Ittolestiarum in eis solutione. Pliitarque, de Flu- min., pag. 1148, cUe le XIII'. Uv. d'Xrché- laii'i 'Trtfi TTOTeLfAuiy.

(44) Plutarqueie_/at/, de Flumin., pag'. Ii53; (45) Artemidor., de Somn., lib. IV, cap.

XXI r.

{") Composuit Philosophiam.

(46) Voss., de Poët. grxcis, pag. 34.

aSg savant homme, qui s'imagine, 1°. que le Giraldi avait en vue les paroles grecques de Suidas, et non celles-ci de Diogène Laérce: ô -rà li5io<^u>i toi»!- <^*^ (4?) i 2°. qu'on n'a point eu de raison de reconnaître un poète Ar- chélaiis différent du physicien; 3°. ni de supposer qu'un Archéiaiis ait fait des vers sur la natui'e des choses • 4°. que Diogène Laérce ne fait aucune mention d'un Archélaiis qui ait com- posé des vers. Tout cela nous devrait surprendre, si nous le considérions absolument 5 mais c'est bien pis, quand on le compare avec la page 329 du livre de Historicis grœcis. M. Co- lomiés a relevé la première de ces quatre fautes de Vossius, et a débité outre cela de bonnes choses ( 48 ) j mais il s'est trompé en supposant que les paroles de Plutarque, dans la Vie de Cimon, concernent Archélaiis le poète: elles concernent le physicien, dont Socrate fut disciple. 11 aurait pu critiquer Gyraldus, qui a cru cju' Ar- chélaiis, auteur des jJio^it/jï, était phi- losophe. M. Moréri le dit aussi. C'est sans aucun fondement: car un fai- seurs de recueils des propriétés sin- gulières et merveilleuses des animaux ou des métaux, etc., peut bien être appelé naturaliste, historien de la nature ■ mais non pas physicien ou philosophe, à moins qu'il ne joignît aux faits la raison des faits, et la discussion des causes. C'est ce qu'on ne trouve pas que le poète Arché- laiis ait pratiqué. M. Moréri assure que Diogène Laérce le cite souvent. Dites plutôt qu'il ne le cite jamais.

(47) Le Giraldi les a traduite f, quse Dataras propria sunt, multis versibus collegit. Cette ver- sion n'est point meilleure que celles qu'on a vues ci-dessus, citation (Sg).

(48) Colomeslus, Not. in Girald., de Pocti», pag. i47, edit. Operum Gyraldi, an. 1696.

ARCHÉLAUS I". du nom (a), roi de Macédoine, fils natu- rel du roi Perdiccas, monta sur le trône, et s'y maintint, par de grands crimes. Sa mère était servante d'Alcétas, frère de Per- diccas (A): ainsi, selon les lois (^), (a) Notez qu'il y a des gens gui nerecon' naissent qu'un Archélatis entre les rois de Macédoine {b) Fojti la remarque (A).

il ne devait être que le valet d'Alcétas; mais, au lieu de la soumission qu'il lui devait, il le fit mourir traîtreusement. Il l'attira dans sa maison, et lui promit de lui rendre la couronne que Perdiccas lui avait ôtée: il lui donna un grand repas; et, l'ayant fait enivrer, il le fit con- duire de nuit sur un chariot hors de la ville, et donna ordre qu'on le tuât. Alexandre, fils d'Alcé- tas, fut traité de la même sorte: il fut mis soûl autant que son père dans le même chariot, et massacré avec lui. Archélaiis, peu de temps après, fit mourir son frère, qui n'était âgé que de sept ans, et qui était fils légi- time de Perdiccas et de Cléopâtre. Il le jeta dans un puits; et fit accroire à Cléopâtre que l'en- fant y était tombé, en courant après vm oie (c). Il s'appliqua avec soin aux choses qui pou- vaient rendre formidable la Ma- cédoine; car il fortifia plusieurs places, il fit faire de grands che- mins, il fit un grand amas et d'armes et de chevaux, et de tout ce qui est nécessaire pour la guerre; et il surpassa dans tous les préparatifs de cette na- ture les rois ses prédécesseurs (J). Il s'avisa d'une chose, qu'ils n'a- vaient point pratiquée; c'est qu'il équipa des flottes, et qu'il donna des combats de mer (e).

Il aima les lettres, et les beaux- arts (B); et l'on vit chez lui les plus grands poètes, les plus fa- meux peintres, et les meilleurs musiciens {f). Il fit beaucoup (c) Tiré du Rorgias de Platon, pag. 321.

(rf) Tliucydides, lit). II, pag. l/J2.

(e) SoliDus, cap. IX.

(/■) Foyei la remarque (C).

ARCHÉLAUS.

de dépenses, pour faire peindre sa maison par Zeuxis (C); et sans doute il se fâcha de ce que So- crate, qu'il tâchait de faire venir à sa cour, ne voulut pas y aller (D). II eût pu apprendre de lui, à n'avoir point peur des éclipses; et il avait grand besoin d'être redressé sur ce sujet-là {g). On a vu ailleurs {h) l'estime qu'il eut pour Euripide. Au reste, sa libéralité envers les habiles gens était médiocre; mais cela pou- vait venir de ce qu'il trouvait qu'ils étaient trop prompts à de- mander (E). Il institua des sacri- fices, et des jeux scéniques, en l'honneur de Jupiter et des Mu- ses: on les célébrait pendant neuf jours; chaque Muse avait son jour (/). Il envoya des cha- riots à quatre chevaux, qui rem- portèrent le prix aux jeux olym- piques, et aux jeux pythiques (A). On convient qu'il fut tué; mais on ne s'accorde pas sur les circonstances de sa mort, ni sur la durée de son règne (F). Scaliger même a trouvé là des obscurités qui l'ont fait errer lourdement (/). Il est vraisem- blable qu'Archélaiis avait mené une vie impure qui le fit périr (G). J'aurai des observations à faire contre le Moréri fH).

{g) Voyez la remarque (D). {h) Dans Varticle t/'EuRiPiDE, remarques (i) Diodor. Siculus, lib. XVII, cap. XVI.

(h) Solin., cap. IX.

(/) Voyez la remarque (F).

(A) Sa mère était servante d'/tlcé- tas, frère de Perdiccas (ï).'] Elien la nomme Simirha (2): mais au reste, puisque Archélaiis était fils du roi de (1) Plalo, in Gorgià, pag. 3îi.

(t) a;iiin., Var. Hin., IU>. XII, tap.

Kim.

ARCHÉLAUS.

Macédoine, on n'a pas dû dire que de la condition de clitvrier il s'éleva sur le trône. C'est pourtant ce que Diogène le Cynique assure dans une haranguedeDion Chrysosf orne, AiVôxoç îv 'Ap;(^éxa,oç (3). CaprariusfuitArche- laiis. Notez ces paroles de Platon, qui nous apprennent ce qu'Arche'Iaiis de- vait être selon les lois: Kai-à y.h to TciSiKa.ia,T0ii7v èS'oôxiuc-iv à!v 'Axxstji (4)- Ipso jure -4lcetœ sen'ua erat, enque si justa agere woluisset ipsi Alcelœ 3eivisset.

(B) Il aima les lettres, et les beaux arts.'] C'est Solin qui le dit (5). J'ai rapporté ses paroles dans la remar- que (N) de l'article d'EuRiPiDE, au cornmencement. Joignez ce passage d Elien. 'Hv Si àioct ô 'ApP(;ÉXot.oç £fa"rtxôç uùx, «TTov « KO.) ^i-Mfji.<jvcr(ii (6). ytrclic- laiis i^erd non titiniis amoris quant lit- terarum erat studiosus.

(C) // fit peindre sa maison par Zeuxis.'] Socrate fit le censeur là-dessus: il dit que ce prince, qui avait tant dépensé pour embellir son palais, n'avait fait aucune dépense pour orner son âme. Aussi savons- nous, ajoutait-il, que quantité d' étran- gers s'empressent de faire un yojage en Macédoine, afin de voir la maison du prince; mais que personne ny va, afin de le voir lui-même, hormis ceux quil attire par des présens. Or c''est une chose qui ne touche pas les hom- mes de bien (7). Je crois qu'il ne s'é- tait pas mis en peine de se guérir de son impudicité par la culture des Muses; mais je suis sûr qu'en matière d'ornemens d'esprit ses progrès ne furent pas médiocres. 11 semble même que, de l'un de ses bons mots, on puisse conclure qu'il avait fait des frogrès dans la morale pratique. On animait un jour contre une personne qui avait jeté de l'eau sur lui. Ce n'est pas moi qu'il a mouillé, répondit Archélaiis, j7 a mouillé celui pour qui il m'apris (8). Aucun philosophe, raisonnant sur les privilèges de la conscience errante, n'a jamais rien (3) Dio Chrysost., Orat. IV de Regno.

(5) Solinus, cap. IX.

(6) yEliani Var. Hist., lib. II, cap. XXI.

(7) Ex.T.liani Vai-. Hist., lib. XIF, cap.

(8) Plntarc., in Apopht>iegmat., pag. 177.

dit de plus sensé. Tous les princes traiteraient ainsi les fautes involon- taires, s'ils étaient bien raisonnables, ou si l'intérêt du public pouvait souf- frir que, dans la prati([ue, l'on se réglât sur les idées de la raison (9). Laissons cela, et revenons à Socrate. Par les paroles que j'ai rapportées, il déclarait malhonnêtes gens plusieurs personnes d'esprit, qui n'allaient en Macédoine qu'à cause d'Archélaiis. Euripide y alla-t-il pour d'autres su- jets (10)? Le bel Agathon, cet illustre poète, et son amant Pausanias, et tant d'autres, n'y allèrent-ils pas unique- ment pour cette raison? oStoç 9 TiXiUTiiç fAlTo. àÎMeev TrcKXÎèv a-tjvm è» MaxEtTovi'* (11). Hic Agathon fuit apud Archelaiim Macedoniœ regem, una cum aliis multis ad niortem usque. (D) Socrate, qu'il tachait de fiaire venir à sa cour, ne voulut pas y aller.'\ 11 y eut deux autres personnes que ce philosophe traita de la même sorte: il ne voulut, ni les aller voir, ni accepter leurs présens. 'TTrtpt^pi- vJicTê (Ts x.x) 'Ap;i(;6X!*ou Tou MaxêcTôvof, xotf 2xœ7ra. toi/ KpcLvceviou, Ktti 'E.ùfUKriX^tiu Tot/ Aa.pij-^a.101/ y/z.nTiXf'yif^'^'^'t-'^foa-iju.ivoc Archelaiim prœlereà Macedoneni, et Scopam Cranonnium, Eurylochumque Larissœuni, aspernatus est magno anima, ciim neque ab eis missas pe- cunias accepit, neque ad eos ipse pro- ficisci voluit. Sénèquenous a conservé l'excuse dont Socrate se servit envers notre Archélaiis: « Je ne veux pas, » dit-il, aller voir un homme de qui )) je recevrais des bienfaits, sans lui )) pouvoir rendre la pareille. » Ar- chelnus rex Socratem rogavit ut ad se veniret: dixisse Socrates traditur, nolle se ad eum venire à quo acciperet bénéficia, cùm reddere illi paria non posset (i3). Cette réponse de Socrate a été rapportée par Marc Aurèle, selon le même sens (i4); mais Aristotc (q) Voyez dans /«Nonvelles Lettres contre le calvinisme de Maimbourg, celles qui traitent de la conscience erronée.

(10) jEliaoi Var. Hist., lib. II, cap. XXI.

(11) Schol. Aristopli., in Ranas, v. 84 et 85.

(12) Diogen. Laerl., /i6. II, p. f)5, num. 2$. (i3) Sencc, de Bencf., lib. V, cap. VI, pag. (j6.

(i4) Marcus Anfoninus, Tû)V ê(Ç toLUroV, lib. XI, secl. XXy. Nolei<fuil suppose qu'elle fut faite à Perdiccas.

îGa ARCHÉLAUS.

la rapporte en des termes qui ue sont pas philosophiques. Il suppose que Socrate re'pondit, que ceux qui ne se re vanchent pas d'un bienfait reçoivent autant d'affront que ceux qui ne se revanchent pas d'une injure. "TÉ'fiv l'^M ihcitTOjunS'uva.a-ôaii à.f/.vvi(r6iit ofAoiceç turneliaiit eue dixil, non posse referre etini qui accepit benejicium, perindè ac eum qui injuriant. Cette maxime suppose qu'il faut se -venger de ceux qui nous font du mal: elle n'est donc pas digue de la morale d'un philoso- phe, et surtout d'un philosophe tel que Socrate. Au reste, Sënèque s'est fort étendu à faire voir qu'il était fa- cile à ce philosophe de bien rendre la pareille à Archélaiis. Il a dit entre autres choses, que les bienfaits de ce monarque n'eussent pu valoir l'in- struction qu'il eût reçue sur la cause des éclipses, et qui l'eût empêché de retomber dans la terreur que l'on re- marqua en lui, un jour que le soleil s'était éclipsé. Il avait fermé son pa- lais, il avait fait tondre son fils: Quid iantiim erat acceplurus ( Socrates ) quantum dabat, si regem in luce jnediâ errantem, ad rerum naturani admisisset, usque eb ejus ignarum, ut quo die solis defectiofuit regiam clau- deret, et Jilium ( quod in luctu ac rébus aduersis moris est ) tonderet? Çuantumjuisset beneficium, si timen- tem è latebris suis extraxissel, et bonum animum habere jussisset, di- cens: (< D/on est isla solis dejeclio, i> sed duorum sideruni coïius, cîini V luna humiliore currens fia, infra j) ipsuni soleni, orbem suum posuil, >) et illum objectu sui abscondit (16).» Sénèque prétend pue Socrate ne se servit de cette excuse, que par iro- nie (17), et qu'au fond il ne refusa d'aller à la cour de Macédoine, qu'afin de garder pleinement sa liberté, fis scire quid ferè noluerit? Noluit ire ad uolunlariam seruitutem is, cujus libertatem ciuitas libéra ferre non po- tuil (18). Quelques-uns disent qu'A- ristophane composa la comédie des Nuées, pour satisfaire l'aniraosité (i5) Aristotel., Rlietor.,'W. //, cap. XXIIl, (ifî! Sfnec., de BeneCc, lib. F, cap. FI, {17) Idem, ibid.

(18) Idem, ibid,, pag. gS.

qu'il avait contre Socrate, parce qu ^rchélaûs roi de Macédoine avait fait plus d'état de ce philosophe que de /ut (19). Notez que l'on adonné un autre tour à la réponse de Socrate. On a dit qu'il s'excusa d'aller à la cour d'Archélaiis, sur ce que le pain était à un si vil prix dans Athènes, et que l'eau y abondait (20).

(E) Sa libéralité envers les habiles gens était médiocre, peut-être parce qu'ils étaient trop prompts a de- mander.] « Le roi de Macédoine Ar- w chélaiissembloitestreunpeu tenant » en matière de donner et faire pré- « sens, de quoi Timofhéus musicien, ^> en chantant sur la lyre, lui donna w une atteinte, en lui tirant souvent » ce petit brocard, Ce fils de terre, )) l'argent trop tu le recommandes: mais « Archélaiis lui répliqua sur l'heure » bien gentiement et de bonne grâce, )) Mais toi, par trop tu le demandes. » C'est Plutarque qui raconte cela (21). Il raconte aussi dans un autre livre ce que je m'en vais copier: // y eut quelqu'un jadis, qui estimant qu'il n'y eust rien si honneste que de de- mander et recet'oir, demanda un jour, en soupant, au roy de Macédoine yîrchélaiis, une coupe d'or Va où il beuvoit. Le roy commanda a son page de la porter et donner à Euripides, qui estait à la table; et tournant son visage devers celui qui la lui avoit de- mandée, lui dit; « Quant a toi, tu 1» es digne de demander et d'estre re- ■» fusé, parce que tu demandes: mais i> Euripides est digne qu'on lui donne, » encore qu'il ne demande pas ('i2). » Peut-être donnait-il des bornes à sa libéralité par un principe semblable à celui de Charles IX (23). Mais il y a plus d'apparence qu'il était du goût qu'on a remarqué dans le cardinal de Richelieu, qui ne fît jamais de bien au poète Mainard, et ce fut en partie parcequ'il aimait qu'on ne lui demandât n'en, et qu'on lui (19) Cliarpentier, Vie de Socrate, pag. S-]. Il cite les interprètes d'Aristophane in Argu- mento illius comœdix.

(20) Fide Stobaum, Serm. CCXXXVII.

(21) Pliilarch., de Fortiinà Alexandri, lib. II, pag. 334. Je me sers de la version rf'A- miot.

(32) Plut., de vitioso Piidote, pag. 53i. Je tnc sers de la même traduction, ARCHÉLAUS.

laissât la gloire de donner de son propre rnoui'ement {"x^).

(F) On ne s'accorde pas sur les circonstances de sa mort, ni sur la durée de son règne."} Les uns disent qu'étant à la chasse il fut blesse par Cratérus son favori, et c^u'il mourut de cette blessure j et ils ajoutent que Cratérus fit cela innocemment, et par me'garde (aS). Les autres disent qu'il fut tué par des conjurés que Decam- nichus poussa à ce parricide (26). Quinte-Curce favorise cette dernière opinion. Quisproauum hujus Alexan- drum, dit-il (27), quis deindè Ar- chelaiiin, quis Perdiccam, occisos idtus est? J'en dirai davantage dans la remarque suivante. Quant à la durée de son règne, quelques-uns la font de vingt-quatre ans (28^, d'autres de seize (ag) d'autres de quatorse (3o), et d'autres de sept (3r). Ce dernier senti- ment me paraît être le bon: c'est celui de Dlodore de Sicile; et je m'étonne que Calvisius cite cet historien, après avoir dit qu'Archélaiis régna seize ans (Sa). Un passage d'Athéuée mal entendu a causé cent brouilleries. Nous lisons dans les éditions de cet auteur, que Périclès et Perdiccas moururent la 3*. année de la guerre du Péloponnèse, et qu'aussitôt Arché- laiis monta sur le trône (33). Il est impossible qu'Athénée ait dit cela; car son but est de convaincre Platon d'avoir commis une bévue; Platon, dis-je,qui, dans le même dialogue où il suppose qu'Archélaiis règne, assure qu'il n'y avait que fort peu de temps que Périclès était mort. Il est clair que son censeur se rend ridicule, et f[u'il ne sait ce qu'il dit, s'il avance ee que nous lisons dans ses livres imprimés. Casaubon n'a nul- (24) Pellisson, Hist. de l'Académie Franc., (25) Diod..sicuius, ub. xir, c. xxxvin.

Je cUerai ses paroles dans la dernière remarque.

(26) Arist., de Repub., lib. V, cap. X. Tai cité ses paroles dans la remarque (N) de l'article rf'EoRIPlDE.

(27) Quint. Curtlus, Ub. VI, cap. XI.

(28) Euseb., in Chron., num. i585. Helvicnt embrasse cette, opinion.

(29) Calvisius, ad ann, mundi 3534.

(30) Pelav. Rationar. Tempor., part. II, lib. II, subfin. ex Dexippo.

(30 biod. siciii., lib. xir, c. xxxviii.

(32) Calvis., ad annum mundi 355o, pag.

lement tort de trouver étrange que ceux qui ont traduit Athénée, ne se soient pas aperçus d'une absurdité si visible, et qu'ils aient eu un esto- mac à digérer un si dur morceau; Cuni hœc clarissimè disputentur ab Athenœo, quis inlerpretum stoinacho non infideat qui vulgatam loci hu- jus scripluram adeà iùç-ayâ.X'^ç tulcr rint (34)? Pour lui il s'en reconnaît incapable; et, malgré tous les manu- scrits, il soutient que les copistes d'Athénée ont oublié là une période. Il me semble qu'il devine très-heureu- sement ce que l'auteur avait dit. C'est qu'Alexandre, roi de Macédoine, qui mourut au même temps que Périclès, eftt pour successeur Perdiccas, qui régna jusqu'à l'archonlat de Callias, et que Perdiccas étant mort sous cet archonte, son trône fut occupé par Arrhélaiis. En ce cas-là, Athénée ne critique point sans quelque apparence le discours de Platon j car il y a un intervalle considérable entre la mort de Périclès et le règne d'Archélaiis. Notez, en passant, que Casaubon a répondu à cette censure (35); mais surtout prenez bien garde que Dio- dore de Sicile, donnant sept années de règne à Archélaiis, met sa mort sous l'archontat d'Aristocrate, la a**, année de la gS*. olympiade. Son règne commença donc la 3'. an-