gneur. J'ai lu cela dans un ouvrage de M. Allix. Petrus Auréolus, romance ecclesice cardinalis, hoc profitetur: propter solas auctoritates sanctorum teneo, qu6d transsubstantiatio est ve- rus transitus et conversio totius panis in totum corpus Domini. in 4- dist. 11.
(D) Les dominicains le firent réjiiromaine. 11 a seulement soutenu que pour telles et telles raisons, il trouve- rait impossible qu'un être fût fait de rien, si la foi ne lui apprenait que l'on doit prendre dans un sens de création proprement dite les paroles dont rÉcriture se sert touchant la pre- mière formation du monde. S'étant une fois couvert de ce bouclier, il a pu impunément se servir de toutes les (*) Aiit., lit. XXIV, cap. VIII, parag. 3.
(C) Spondanus, ad aiin. j337, nitm. X, pag.
* Caprcoliis, son adversaire, lui impute uni- quement, dit Lccleie, d'avoir dit au sujet de la création; Conclusiones quie innituntur lalioni naiurali non valent.
(n) Tliropli. Raynaud., in Tlicolog. Naiurali, iisl. Vin, num, H^,pag. io3g.
plumes.^ Ce fut par le même Capréo- lus dont je viens de faire mention. Consultez son commentaire sur le Maî- tre des Sentences, Il y poursuit vive- ment, il y secoue de toute sa force le commentaire d'Auréolus sur le même Maître. Quœ (commentaria Aureoli) in suis in easdem sentenlias comnien- tariis sœpiiis excussit exagitauitque Joannes Capréolus (g). Il insinue que les fausses interprétations qu'Auréo- C8) Petrus Allix, Prœf. liistorica de Dogma- tc Transsubstanlialionis, pag. 6'6.
* Cette commission est purement imaginaire comme celle d'Almain, dit Leclerc. Voyez lom.
(9) Labbe, de Scri][)t. ecclesiast., iom. II, AURÉOLUS.
lus avait employées, et qui lui avaient servi de principe pour tirer des con- séquences odieuses, n'avaient pas tou- jours leur unique fondement sur les te'nèbres de l'esprit, mais que la pas- sion du cœur y avait eu part. Je ne sais cela que par le père Baron, qui s'est exprimé ainsi: Memini nie C'a- preoluni nescio quo ex quœstionibus in primum sentent, loco légère, solulo quodani argumenta jiureoli quo ad grande aliquod impiuni et absurdum exfalsd interpretatione nostrce senten- tice rem deduxerat, hœc modeste ad- junxisse Capreolum, ex nostrd res- ponsione patet liane objectionem Au- reoll profectam esse ex pert^erso intel- lectu, quidquid sit de affeclu (lo)- Notez que Constantius Sarnanus, re- ligieux franciscain et cardinal, com- posa un livre où il prétendit conci- lier les opinions d'Auréolus avec celles réolus, et le thomiste Caprcolus. (E) Je dirai quelque chose touchant ses écrits.] L'exactitude de ceux qui en ont parlé est si petite, qu'ils n'ont observé nulle distinction, ni entre les écrits qui nous restent et les écrits qui se sont perdus, ni entre les ouvrages qui ont été imprimés et les ouvrages qui ne l'ont jamais été. Le père Labiée (i3), qui se plaint de cette négli- gence, trop ordinaire aux bibliogra- phes, promettait de la réparer am- plement; mais il est mort sans donner le gros volume dont la dissertation que je cite n'était que l'avant-coureur (i4).I| marque que Breuiarium Biblio- ram d'Auréolus, siue epitome uniuersœ Sacrœ Scripturœ juxta Utteralem sen- sum, fut imprimé à Venise l'an 1571, et à Paris l'an i585 (i5), par les soins d'Etienne Nouellet, docteur en théologie de la faculté de Paris de Capréolus (11). 11 tâcha de faire et que les Commentaires sur les quatre voir le même accord entre les dogmes lii^res des Sentences furent imprimés à de Thomas d'Aquin et ceux de Scot Rome, in-folio, l'an iSgS, et dédiés (12). C'est ainsi que l'on a tâché de faire voir une bonne intelligence en- tre Platon et Aristote. C'est se jouer des lecteurs, ou tourner réellement en ridicule, sans avoir dessein de le faire, ceux qu'on tâche de reconci- lier. Une telle paix est honteuse aux partis, et l'on aurait à craindre de cruels reproches, quand on fait l'oflice de médiateur, si les chefs de la querelle revenaient au monde. Quoi, diraient- ils, fOMS prétendez qu'il n'y a ici qu'une dispute de mots, et que nous contenons des mêmes dogmes sans nous en apercevoir, tant la passion au pape Clément Vlil, par le cardi- nal Constantius Saruaiuis (i6j. H re- jette ce que le père Maracci débite dans sa Biblioiheca mariana, que le traité d'Auréolus de Conceptione im- maculatâ B. f^irginis fut imprimé à Toulouse l'an i3i4: il dit que peut- être cet écrit fut composé cette année- là, ou imprimé l'an i5i4.
Faisons de petites notes sur tout ce- la. 1°. Le catalogue de la bibliothè- que d'Oxford fait mention de V Epito- me totius S. Scripturœ, imprimé à Strasbourg l'an i5i4. Gesner l'igno- rait aussi: TEpitome de Gesner, pu- nous préoccupe, et nous empêche de blié 1 an i583, ne marque aucun livre savoir ce que nous disons? C'est une d'Auréolus qui eût été imprimé; et satire dans toutes les formes: nous ne uoulons point de paix a des conditions si flétrissantes. Retirez-vous avec vos projets de réunion: /lous aimons mieux que la guerre continue, que de la voir terminée h la honte de notre esprit et de notre science. Notez qu'il y a des occasions où les controverses les plus échaullëes ne sont qu'un malen- tendu j mais je ne crois pas qu'il faille juger ainsi du thomisme et du sco- tisme, ni par conséquent de la diffé- rence qu'il y a entre le scotiste Au- (10) Vincent. Baron. Apologet., lib. I, sccl.
(11) Oldoini, Athen. roman., pag. i^t!.
(12) Idem, ibidem.
notez que l'on y distingue très-faus sèment de Petrus de f^erberid diclus Aureoli, notre Pierre Auréo- lus. 1°. Il n'est pas vrai que les Com- mentaires sur les quatre livres des Sentences aient été imprimés à Rome l'an iSgS. Bellarmin assure qu'il n'a vu que le Commentaire sur le premier de ces quatre livres, et que.
(i3) T^abbe, Je Script, ecclesiast., tom. II, (i4) La préface de sa. Dissertation Je Scrip- torib. ecclesiast.
(i5)01doioi, dans son Alhenxurn romanum, (16) Oldoïai dit la même chose, vag. 533 de smi AtUcnxum romaDum.
58o AURI ce Commentaire fut imprime à Rome l'an iSgô (17). Le catalogue de la bi- bliothèque d'Oïford, et celui de la bibliothèque de M. l'archevêque de Rheims, rnarcjuent à cette annëe- là l'édition du Commentaire d'Auréo- lus sur le premier livre des Sentences, et ils marquent à l'anne'e i6o5 Tédi- tion du Commentaire sur les trois li- vres suivansavec les Quodlibeta. Tout cela fait deux volumes in-folio, im- primés à Rome; le premier en iSgG, au Vatican^ le dernier chez Zannetti, l'an i6o5 *'. Je m'étonne que Bellarmin n'ait eu nulle connaissance de l'im- pression de ce dernier tome. Cela est un peu plus étrange que de voir dans M. Moréri que nous auons diverses éditions des Commentaires d'Auréolus sur le Maître des Sentences, mais que celle de Rome iSgS est la plus correcte. Comment eût-il pu montrer ces di- verses éditions? Aurait -il daté celle de Rome comme il l'a datée, s'il avait su ce que j'ai dit ci-dessus? 3°. Je di- rai que le père Labbe a trop épargné le père Maracci, qui a cru que 1 on imprimait des livres l'an i3i4- N'est- il pas connu de tout le monde que l'imprimerie n'a été en usage dans l'Europe que vers le milieu du XV*. siècle? A quoi songe donc le jésuite Oldoïni, quand il se vante d'avoir vu le traité d'Auréolus de Conceptione f^irginis Mariœ, imprimé à Toulouse l'an i3i4? *" De Conceptione J^irginis Mariœ librwn qui habetur M. S. To- losœ in cnllegio Fuxensi, et excusum t^idimus Tolosce, anno i3i4 (18).
f ir) Bellarm., Je Scriptor. ecclesiast., pag. 3GS.
*' Le I^'. tome est sur le I". livre des Sen- tences: il est, dit Leclerc, divisé en deux par- ties; le second volume contient le Commentaire sur les II et Hl*. livres des Sentences, en 54» pages; sur le IV*., en 326 pages, ni enCn, Quodlibeta sex decem, en i55 pages.
** Leclerc pense avec raison que i3i4 n'est qu'une faute d'impression au lieu de i5i4.
(18) Oldoini, Alben. romanum, f>ag. 533.
AURIÈGE, ou plutôt ARIÈ- GE (A), rivière de France, a sa source dans les montagnes qui servent de bornes au conité de Foix vers le Roussillon. Elle passe à Tarascon, à Foix, à Pa- niiers, à Barilles, à Bonac (a), à {a) Cest une seigneurie qui a éLé érigea en ÈGE.
Saverdun, à Sainte-Gabelle, à Haute-Rive, et se jette dans la Garonne à Portet, à une grande lieue au dessus de Toulouse, après avoir reçu à la droite les eaux du Lers, et à la gauche cel- les de l'Arget et celles de la Lè- ze (B). L'Ariège est rapide et poissonneuse, et très-bonne à boire; mais elle n'est navigable que depuis Haute-Rive. Du Bar- tas la loue beaucoup (C). Voyez aussi le passage de Bertrand Hélie, que Papyre Masson rap- porte {b).
marquisat pour feu M. Dusson, frère aîné de M. de Bonrepaux, ambassadeur de Fran- ce à la cour de Danemarck, et puis en Hol- lande.
{b) Papyrii Massoni Descriptio Flum. Galliae, pag-. /|l2.
(A) Ariège. ] C'est ainsi qu'on la nomme dans le pays où elle passe. Elle est nommée Aregia dans les vieilles cartes, et Areia dans un martyrologe manuscrit du monastère de Moissac. On trouve dans ce manu- scrit la passion de saint Antonin, mar- tyrisé à Pamiers, et l'on y assure que la barque où son corps fut déposé en- tra par cette rivière dans la Garonne. Per Jlut^ium qui Areia dicitur, ad Garotinam usque perueniens fluu.iuvi nai>icula ( in quâ corpus Antouini martyris à gentilibus necati ), indè alium qui Tamis dicitur inueniens flu- fium, indè retrogrado cursu per Tar- nirn intrat^it in Ai^arionis al^eum (i). Hadrien de Valois, dont je prends ceci, a critiqué ceux qui la nomment Auriége, et fort mal traité Papyre Masson, qui l'a nommée Aurigera. Fluvius est t^ulgô dictus Ariège, qui- busdam corruptè V Auviège à -.^Masso- no (2) prisci ejusflut^iinominis ignarn, Aurigera nofo ac ridiculo noniine nun- cupalus (3). M. Baudrand croit que le véritable nom latin de cette rivière est Alburacis (4). Je voudrais qu'il (i) Hadriao. Valesius, in Notiliâ Gallix, (2) Papyr. Masso, m Descript. Flumiuuu». Galliss, pag. 470, edil. i685.
(3) Valesii Notitia Galliai, pag 26.
AURltGE.
eût cite quelque bon auteur. M, San- Lèze a son embouchure à trois ou qua- son la nomme Lauriègue, dans une tre lieues au-dessous de celle du Lers. carte qu'il publia l'an lôyS (5). La Coulon aurait pu apprendre à M. Mo- plupart des noms propres y sont si dé- réri le rang de ces embouchures. No- figurés, qu'on doit croire que ce sont tez qu'il observe que l'Auriège est des fautes du graveur. M. Moréri s'est nommée des Latins Aurigera (7) et imaginé fort plaisamment que l'Au- Larget Argentigera (8), et que l'une porte l'or, et l'autre l'argent (9). Il avait pris peut-être cette remarque dans Olhagarai, car c'est un auteur qui a écrit ce que je vais dire: JÙ que ne dirons-nous du Lers arec sonflus et rcftus (10)? rfe l'Auriège et de t Ar- get, rivières aux bords dorés et argen- tés? Cela ne fait-il pas foy des thré- sors cachés dans l'amary de ces nions (C) Du Barlas la loue beaucoup. J Voici le III*. Sonnet de ses Neuf Mu- ses Pyrénées, présentées au roi de Navarre (12).
riège ou Lauriège sont les deux noms qu'on emploie. Il oublie le véritable, et ne songe pas que les deux noms qu'il rapporte sont la même chose: le premier sans article, et le dernier avec l'article. Son abus est tout sem- blable à la faute que l'on ferait en di- sant de la rivière qui passe à Paris, Îu'on la nomme Seine, ou Laseine. e sais que bien des auteurs se moquent d'un écrivain quileur relève des erreurs de cette nature, et qu'ils se vantent de se mettre fort au-dessus de ces mi- nuties; mais ce sont des fanfarons, qui veulent couvrir d'un beau masque, ou leur ignorance, ou leur paresse, ou leur mauvais goût, ou leur inexacti- tude. Si l'on ne parlait, ou d'une ville, ou d'une l'ivière, que par oc- casion dans un ouvrage de raisonne- ment, les fautes que ces messieurs ap- pellent des minuties seraient excusa- bles. Il n'en va pas de même, quand elles tombent sur le sujet principal d'un livre. Ce qui n'est qu'une vétille dans l'écrit d'un théologien, sera quel- quefois une faute capitale dans un géo- graphe, ou dans un auteur de dic- tionnaire. Je me suis ressouvenu que Papyre Masson a dit la Riése. Voyez ci-dessous la remarque (A) de l'article G.4R0NNE.
G.4R0NNE.
(B) Après ai^'oir reçu a la droite les eaux du Lers, elle reçoit a la gauche celles de l'Arget et de la Lèze. ] M. Moréri mérite ici une petite censure: il dit que l'Auriège, ayant reçu le Lers, l'Arget et la Lèze, se joint à la Fleuue d'or, et àejlol et de nom et de sable. Riche en grains, en pastel, en Jruits, en vins, en bois, Auriège au visle cours, clair ornement de Foix, Qui rends par ton tribut Garonne nauigable, Fille de si grand Mont, qui cache, espouuantable. Son front dedans le ciel, qui chenu tous les mois, Depuis le bord de Su iusqu'au bord escossois, JV« \>oid autre plus grand à sa grandeur semblable; Clair Jlot, ie te feroy par un discours facond Plus riche que Paclol, plus que le Nil Jecond: Plus loin que l'Océan on orroit les eaux bruire: Fier, on Ce'galeroit aux Jleuues les plus grands; On te verrait au ciel comme le Pô reluire, Si je voroy tes bords repurge'i de bri- gands (i3).
ers, l ylrget et la Lezc, se ]oin Garonne. Cela signifie manifestement pag. Ifi'i que l'embouchure du Lers est au-des- (8) Il venait de din sus de l'embouchure de l'Arget, et que l'embouchure de la Lèze est entre les deux autres. Rien de plus faux. L'Ar- get entre dansl'Ariège proche de Foix, et il y a huit ou neuf lieues de Cas» cogne entre Foix et Sainte-Gabelle, où est l'embouchure du Lers à peu près. Lertius uerb in Aurigeram lahi- tur propè templumS. Gauvillae (6). La Voyez aussi le sonnet VII vous y (7) CodIoo, Rivières d« France, tom. I, leux fois l'Arget, qui est (5) Celle des monts Pyrénées.
(6) Papyrii Massoni DescripUo riumiuum Calliae, pag. 4iOla vraie orthographe.
(9) Notet que Bertrand Hélie, Historire Co» mitiim Fuxensium, lib. J, rapporte des circon- slances curieuses touchant cetor. Papyre Masson, Descript. Fluminum Galliae, pag. 4'», rapporte ses paroles.
(10) Koyez sur ce phénomène admirable l» troisième jour de la première Semaine de du Bartas, pag. 288.
(il) Pierre Olhagarai, préface de THistoire de Foix, Béarn etNavaire.
(12) Du Barlas, dans Z'Appendix de la pre- mière Semaine, pag.Çji^.
(i3) Depuis le temps de du Bartas let choses ont été changées en mieux à cet égard-la.
trouverez ceci au commencement Marie de la Roccade (2), l'an i45i» Aurispa eut im procès pour ce der- nier bénéfice avec un homme qui en avait e'te pourvu par Alfonse, roi de Naples. Voyez Rocchus Pirrus, à la page 225 de sa notice de l'église de Syracuse (3).
(B) Il se retira a Ferrare, et y vé- cut...honoré de l'estime des sei- gneurs de ce pays-la.^ Je prouve tout ceci par un passage de Gyraldi. Joannes aurispa, Siculus, dit-il (4), orator in aliquo poëtarum ordine re- poni polest, quippè qui grœcè et la- tine probe doctus esset, carmina ta- aue et la laneue latine, irétait "ff" 9"* 9"^ ipse legi, nescio quid ^1 ^ t -1 ^ •,«•+ f«>.o Sicularum serrarum nabere videntur: bon orateur, et il écrivait très- -.. o François, arresle-loy, ne -passe la campagne. Que nature mura de rochers d'un cosle,^ Que l'Auriige entrefend d'un cours pre'cipite: Campagne qui n'a point en beauté de com- pagne (i4).
(i4) Du Bartas, Âppendix de la première se- maine, pag. g36.
AURISPA (Jean), natif de No- te en Sicile (a), a été l'un des doctes personnages du XV*. siè- cle. Il entendait la langue grec- Lien pour ce temps-là en prose et en vers. On dit qu'il fut ho- noré de la couronne poétique en Italie. Il fut secrétaire du pape Nicolas V, qui lui donna de for- tes preuves de sa considération, en le gratifiant de deux bonnes abbayes (A). Il entretint un long commerce de lettres avec Philel- phe, et l'on trouve son nom avec éloge dans Laurent Valle, dans Antoine Panormita, et dans plusieurs autres auteurs illustres. Il se retira à Ferrare, et y vécut jusqu'à une grande vieillesse, honoré de l'estime des seigneurs de ce pays-là (B): je dis d'une estime avantageuse en toutes ma- nières, car il reçut de leur libé- ralité, non-seulement de quoi vivre, mais aussi de quoi être riche {0). Ce qu'il composa est présentement très - malaisé à trouver (C).
(a) Cette fille se nomme Nelum, en latin.
[h) Tire' des ¥Aos,\» Siculorum qui Literis floruerunt, composés par le jésuite Hie'rôme Raguzi, pag. 1^7 etsiw.
(A) ISicolas P^...le gratifia de deux bonnes abbayes. ] Il lui donna celle de Saint-Philippe de Grandi (1), le 3i de mai i4^9 j et celle de Sainle- (1) Elle est il Messine, Juit enim eo tcmpore quo nondum exquisitœ litterœ in lucem redierant. P^ixit auteiiL Ferrariœ ad summam senectutem, in pretio habitus a nostris principibus, qui et eum lociipletem reddiderunt. Ab hoc ferunt Cistarel- lam familiam originem duxisse, (C) Ce qu'il composa est...malaisé a trouver.^ Voici les livres qu'on lui attribue: une Traduction d''Archi- mède, la J^crsion du Commentaire d'Hiéroclès sur les i'ers dorés de Py- thagoras, et celle d'un traité de Con- solation de Philiscus a Cicéron. L'Epi- tomé de Gesner fait mention de ces trois ouvrages, sans marquer s'ils avaient été imprime's. Ou sait que VHiéroclcs d'Aurispa fut imprimé à Bâle, chez Henri- Pierre, m-8°., l'an 1543 (5). Gesner rapporte un morceau de la Préface, par où il paraît qu'elle fut faite lorsque l'auteur avait déjà quatre-vingts ans (6j. Il y avait dans la bibliothèque de Gabriel Naudé un manuscrit qui avait ce titre, Compa- ratio de Prœsidentid Hannibalis Car- thaginensis, Alexandri magni, et Scipionis majoris romani, apud in~ Jeros, ex grœco in latinum com'ersa ab Aurispa oralore ad Baptistam se- natorii et equestris ordinis civem ro- nianum{']).
(7.) Elle est à Lenlini, en Sicile.
(3) Tire' de Jérôme Ragiiza, pag. ï43, i49» Elogiorum Siculorum.
(4) Lilius Gregor., Gyrald., dePoët. suor. tem- porum, Dial. I. pag. 53i. Vojes, aussi Ges- ner in Bibliolh., folio 386, verso.
(5) Voyez Gesner, Bibliotli. j/o/io aSi verso.
(6) Cesuer., Biblioth., folio 23i verso.
(•j) Labbe, Nova Bibliotli. mss. Librorum, AUROGALLUS AUROGALLUS (Matthieu), savant homme du XV P. siècle, et jîrofesseur en trois langues dans l'académie de Wittemberg (a), était né dans la Bohème. Il avait été curieux de ramasser beaucoup de livres de la bonne antiquité, et il ne se contentait pas de les aimer comme font tant d'autres, qui cherchent à se faire un nom par leurs nom- breuses bibliothèques; il en ai- mait aussi beaucoup la lecture. J'ai vu une épître dédicatoire (b), oii on l'exhorte à publier le Médecin Aëtius, XlX livres de l'Histoire naturelle composés par un auteur inconnu, les Hymnes de Callimaque, les Harangues des dix orateurs d'Athènes, et plusieursautres manuscrits grecs, apportés du Levant en Bohème par le baron Bohuslas de Has- sensteyn, et parvenus entre ses mains cognationis et studiorum hœreditario jure. Il semble qvi'on pourrait inférer de ces paroles latines, qu'il était parent de ce baron *, On a quelques livres de lui (A). Il mourut l'an i543 (c), et avait été d'un grand secours à Luther dans la traduction de la Bible.
AUSONE.
AUSONE.
(A) On a quelques lii'res de /ui.] Je ne sache point qu'on en ait d'antres que CoTiipendium Hebrœœ ClialJœœ que Grammatices, imprimé à Wit- temberg, in-8'., l'an i5a5, et à Bâle, l'an iSSg, et de Hebrœis Urbiuni, Re.gionum, Populorum, Fluniinum, Montiuni, et aliorum locorum Nominlbus Liber, è ueterL instrumenta congestus, imprime à Wittemberg l'an iSaG, et à B;11e on i53g, in-S°. (i). Cette seconde édi- tion avait été augmentée par l'au- teur.
(a) Voyez l'Epître dédicatoire de Partlie- nius de Amatoriis Aflfectibus, par Janus Coniarius, medicus Zuiccaviensis, datée du 1^'. d'avril l53o.
{b) Celle dont il est parlé dans la citation précédente.
* Le duchat pease que cognationis jure ne veut dire autre chose, sinon que Hassens- teyn étant homme de lettres aussi-bien qu'Au- rogallus, et Bohémien comme lui, on ex- horte celui-ci à publier des manuscrits que ce baron avait apportés en Bohême, et les- quels Aurogallus s'était appropriés par avance en vertu du droit que semblaient lui donner leurs communes études et leur patrie commune.
(c) Micraelius, Synfag. Histor. Konig se trompe de mettre l533, et de citer Micrin-- lius.
(i) Epit. Bibliotb. Gesneri.
AUSONE, en latin Decius, ou plutôt Decimus Magnus Au- sonius, l'un des plus excellens poètes du IV*. siècle, était de Bordeaux (a), et fils d'un célè- bre médecin (A). Il fut élevé avec des soins tout particuliers: toute la famille s'y intéressa ijj), soit à cause que son esprit pro- mettait beaucoup, soit à cause que son horoscope faisait croire qu'il parviendrait à de grands honneurs (B). Il fit des progrès admirables dans les belles-lettres; et à l'âge de trente ans, il fut choisi pour enseigner la gram- maire dans Bordeaux (c). Il y fut promu quelque temps après à la charge de professeur en rhé- torique {d). Il s'acquit une si belle réputation dans cet emploi, qu'on l'attira à la cour impéria- le, pour le faire précepteur de Gratien, fils deTempereur Valen- tinieu. Il se rendit très-agréa- ble, et à son disciple, et au père de son disciple, et il en reçut des récompenses et des dignités qui le rendirentun exemple con- (tf) Auson., in Prccfat. ad Syagriura.
{h) Voyez les poèmes rf'Ausono intitulés Parentalia.
(() Ausonius, m Pricfat. ad Syagrium.
[d) Auson., in Professorib., num. z'\, 584 AUSONE.
firmatif d'une maxime que Juvé- ne sauraient nier que cet empe- nal a proposée, que quand il reur n'ait fort estimé les poésies plàlt à la fortune, on passe de d'Ausone, et qu'il ne l'ait exhor- la fonction de rhétoricien à la té à les publier; car cela paraît charge de consul (e). Il fut effeo tivement élevé au consulat par l'empereur Gratien, l'an 879 {f), après avoir exercé d'autres charges très-considérables; car outre la dignité de questeur, dont il avait été honoré pendant la vie de l'empereur Valenti- nien, il avait été créé préfet du prétoire en Italie, et dans les Gaules, depuis la mort de ce prince (g-). Le remercîment qu'il par une préface qui est incontes- tablement de ce poète. Il y a une extrême inégalité entre ses ou- vrages, soit que ses muses fus- sent un peu trop journalières, soit que Ton ait inséré dans ses poésies quelques pièces qu'il n'a- vait fait qu'ébaucher, soit que des raisons particulières l'aient obligé à laisser courir des vers qu'il n'avait pas eu le temps de polir. Généralement parlant, il fit à l'empereur Gratien, pour la y a des duretés dans ses maniè- promotion au consulat, est une res, et dans son style; mais c'é- ■• ^ tait plutôt le défaut du siècle, que celui de son esprit. Les fins connaisseurs devinent sans peine, que s'il avait vécu au temps d'Au- guste, ses vers eussent égalé les plus achevés de ce temps-là, tant il paraît de délicatesse et de gé- nie dans plusieurs de ses écrits. Quoique l'opinion générale le fasse chrétien, il y a d'habiles gens qui croient qu'il ne l'était pas (D): s'ils se fondent, ou sur quelques vers lascifs qu'il a com- posés (E), ou sur la manière dont il condamna la solitude de Pau- lin, ou sur l'amitié intime qui était entre le païen Symmaque et lui, ils s'abusent grossière- ment. Ce sont néanmoins les raisons les plus spécieuses qu'on ait alléguées. Rittershusius a re- gardé comme un grand prodige cette amitié (A). Les erreurs de Scaliger (F) et les principales éditions d'Ausone (G) seront ci- dessous le sujet de deux remar- ques, et je n'oublierai pas de reescellente pièce. On ne sait pas bien le temps de sa mort; mais on ne saurait douter qu'il ne fût encore en vie l'an 388, et même l'an 892, et qu'il n'ait vécu long-temps (C). Il avait épousé une femme qui mourut jeune, et qui était de bonne maison (h). Il en eut quelques enfans, et ne se remaria point. Il fut fort considéré de l'empe- reur Théodose, et quelques-uns croient que ce monarque lui conféra la dignité de patrice {i). Ils se fondent sur une lettre qu'on trouve au commencement des oeuvres d'Ausone, dans la plupart des éditions. On ne peut rieu voir de plus obligeant que cette lettre. Il y a des critiques qui la jugent supposée, mais ils (i;) Siforlwia volet,Jics de rlielore con- sul.
Juvénal., Sat. VII, vs. 197.
( /■) El non pas Van 382, comme l'assure Viocl, dans ses INotes sur le Kemercîmeat d'Ausone.
{g) Voyez la remarque (F).
{Il) Ausoii., in Parental., cap. IX.
(1) AlborUis Pelrus Itukenius, Diôserl, de Vilâ FL Mallii Tlieodori, pag. bl.
{/<) Rittershusius, in Epist. adSolom. Paa- tlierum.
jamais dans nulle conjuration, dans nul complot, dans nulle cabale; il observa religieusement les lois sacrées de l'amitié; il faisait consister le bon- heur, non à posséder ce qu'on vou- lait, mais à ne souhaiter pas ce que la fortune ne donnait point: AUSONE. 585 marque!' la bévue de Trithème: tion; il mettait au même rang, de il a prétendu qu'Ausone fut évê- Pj;^'' «" ^^ mentir; il ne trempa que de Bordeaux (H).
(A) // était fils d'un célèbre méde- cin.'] Qui s'appelait Julius Ausonius. Il était natif de Bazas, et fut s'établir à Bordeaux (i). Sa femme avait nom ^milia iEonia, et était fille de Caeci- lius Argicius Arborius, qui s'était réfugié en Aquitaine, après une pro- scription qui l'avait dépouillé de tous les biens qu'il avait dans son pays (2). Cet Arborius, s'étant fixé dans la ville Aquœ Tarbellorum (3), y épou- sa une honnête femme, qui n'avait guère de bien, et qui s'appelait iEmi- lia Corinthia Maura. De ce mariage sortirent un fils et trois filles. Le fils est le même jEmilius Magnus Arbo- rius qui enseigna la rhétorique à Toulouse, et qui eut un soia tout particulier de l'éducation de notre poète (4). L'une des filles fut mariée à Julius Ausonius, et lui donna qua- tre enfans, dont le poète Ausone était le second. Vous trouverez dans ses Parentalia, ou dans son Epicedion in Patrerti les preuves de tout ceci, et de ce qui suit. Ce Julius Ausonius avait un très-grand mérite; et, s'il était semblable au portrait que son fils en a laissé, c'était un reste du siè- cle d'or. Il y eut dans sa conduite la plus grande uniformité du monde. Il offrait gratuitement les soins de son art à tous ceux qui les demandaient: il travailla à remplir la bonne opinion qu'on avait de lui; mais il ne jugea jamais favorablement de ce qu'il faisait: Judicium. de me sludui prceilaie bonorum; Jpse mihi nunijuàm, judice me, pla- Felicem scivi, non qui, quod vellel, ha- beret: Sed qui per Jalum non data non cupe- ret il).
Il ne cherchait point à pénétrer lys secrets d'autrui: il n'inventait point de faux bruits contre la réputation de son prochain 5 et il gardait le silence, quand il savait des vérités désavanta- geuses.
Non occursator, non garrulus, obvia cer- nens, Valvis el vélo condita non adii. Fainam, quce possel vilam lacerare bonorum, Nonjinxi: et veram si scier im, tacui (8).
11 ne crut jamais que n'avoir pas fait de fautes fût une chose qui méri- tât d'être louée; c'est-à-dire, si je ne me trompe, qu'il faisait une bonne action parce qu'elle était bonne, et non pas afin de se conformer aux lois.
Deliquisse nihil nunquam laudem esse pulavi, Alque bonos mores legibus anletuli (q).
Il garda exactement la foi conjugale, pendant les quarante-cinq ans qu'il fut marié (10); et s'il eut la joie de voir arriver ce cju'il souhaitait, ce ne fut point par une trop grande indul- gence du destin, mais parce qu'il avait donné des bornes étroites à ses vœux: Non quia fatorum nimia indulgenlia, sed qubd Tarn moderata illi votajuére viro (11).