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Émile, ou De l'éducation

Jean-Jacques Rousseau

Langue:
français
État:
Œuvre complète
Paternité:
Écrite par l'auteur
État du texte:
Texte propre
Étendue:
~280 000 mots · 1 332 passages
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  • APAJean-Jacques Rousseau. (n.d.). Émile, ou De l'éducation. SigPhi. https://sigphiai.com/fr/works/jean-jacques-rousseau/emile-ou-de-l-education-french
  • MLAJean-Jacques Rousseau. "Émile, ou De l'éducation." SigPhi, https://sigphiai.com/fr/works/jean-jacques-rousseau/emile-ou-de-l-education-french.
  • ChicagoJean-Jacques Rousseau. Émile, ou De l'éducation. SigPhi. https://sigphiai.com/fr/works/jean-jacques-rousseau/emile-ou-de-l-education-french.
ordre, & presque sans suite, fut commencé pour complaire à une bonne mere qui fait penser. Je n’avois d’abord projetté qu’un Mémoire de quelques pages : mon sujet m’entraînant malgré moi, ce Mémoire devint insensiblement une espece d’ouvrage, trop gros, sans doute, pour ce qu’il contient, mais trop petit pour la matiere qu’il traite. J’ai balancé long-tems à le publier ; & souvent il m’a fait sentir, en y travaillant, qu’il ne suffit pas d’avoir écrit quelques brochures pour savoir composer un livre. Après de vains efforts pour mieux faire, je crois devoir le donner tel qu’il est, jugeant qu’il importe de tourner l’attention publique de ce côté-là ; & que, quand mes idées seroient mauvaises, si j’en fais naître de bonnes à d’autres, je n’aurai pas tout-à-fait perdu mon tems. Un homme, qui de sa retraite, jette ses feuilles dans le Public, sans prôneurs, sans parti qui les défende, sans savoir même ce qu’on en pense ou ce qu’on en dit, ne doit pas craindre que, s’il se trompe, on admette ses erreurs sans examen. Je parlerai peu de l’importance d’une bonne éducation ; je ne m’arrêterai pas non plus à prouver que celle qui est en usage est mauvaise ; mille autres l’ont fait avant moi, & je n’aime point à remplir un livre de choses que tout le monde sait. Je remarquerai seulement, que depuis des tems infinis il n’y a qu’un cri contre la pratique établie, sans que personne s’avise d’en proposer une meilleure. La Littérature & le savoir de notre siecle tendent beaucoup plus à détruire qu’à édifier. On censure d’un ton de maître ; pour proposer, il en faut prendre un autre, auquel la hauteur philosophique se complaît moins. Malgré tant d’écrits, qui n’ont, dit-on, pour but que l’utilité publique, la premiere de toutes les utilités, qui est l’art de former des hommes, est encore oubliée. Mon sujet étoit tout neuf après le livre de Locke, & je crains fort qu’il ne le soit encore après le mien.

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